Les Jeux africains otages du «gré à gré»
Dans un communiqué transmis à notre rédaction, l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) s’élève contre la procédure du «gré à gré»Â instituée pour le financement des 9èmes Jeux Africains qui auront lieu l’été prochain à Alger.
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Dans son communiqué, l’AACC dénonce avec fermeté un arrêté interministériel signé le 18 décembre 2006 et rendu public à travers le journal officiel du 25 février 2007. Elle avertit d’emblée que ce texte pourrait avoir «des effets désastreux sur la gestion des deniers publics». Pour l’AACC, il s’agit donc d’une décision très grave que cet arrêté interministériel signé respectivement par les ministres des Finances et de la Jeunesse et des Sports, et «fixant la liste des prestations et fournitures devant faire l’objet de marchés de gré à gré après consultation au titre des neuvièmes Jeux Africains en Algérie». Pour l’AACC, le pot aux roses n’a été découvert que le 11 mars 2007, date de sa mise en ligne sur le site web du Journal Officiel, soit près de 3 mois après sa signature. Pour l’AACC, c’est un «feu vert» au «gré à gré» qui va représenter en terme de coût plusieurs centaines de milliards de centimes qui échapperont, ainsi, à la réglementation des marchés publics et à l’appel à la concurrence.
S’agissant notamment de la procédure du «gré à gré» que l’association affiliée à Transparency International n’a cessé de dénoncer, depuis plusieurs années, en Algérie, celle-ci est destinée, selon les termes de ce communiqué, à «contourner la réglementation des marchés publics en vigueur». D’après Djillali Hadjadj, signataire dudit communiqué et porte-parole de l’AACC, la formule du «gré à gré» évite surtout aux donneurs d’ordre de recourir à la procédure de l’avis d’appel d’offres. Pour lui, le «gré à gré» doit être «une mesure exceptionnelle» à utiliser avec des garde-fous et uniquement dans des situations de grande urgence comme par exemple lors des catastrophes naturelles. M. Hadjadj, qui reste persuadé que les pouvoirs publics au plus haut niveau de l’Etat auraient transmis des instructions fermes au gouvernement visant à interdire la procédure du «gré à gré» dans la gestion de la commande publique, s’interroge sur un tel revirement. «Quelles que soient les raisons qui auraient pu être invoquées pour justifier pareille décision –notamment le retard pris dans la préparation de ces Jeux, il n’y avait pas urgence» d’y recourir estimera M Hadjadj qui rappellera que l’Algérie s’était vu attribuer cette manifestation dès 2003. De même qu’il avancera la date du 20 juillet 2005 comme jour de la création du Comité d’organisation de ces neuvièmes Jeux Africains en Algérie pour enfoncer le clou et relever, à juste titre, que cela «donnait largement le temps au ministère concerné d’organiser ses dépenses dans le strict respect de la réglementation des marchés publics». En attendant la réaction des autorités concernées, le contribuable algérien ne peut que prendre acte, aujourd’hui, de cette énième «incartade» qui intervient à la suite du déballage écoeurant de l’affaire Khalifa et au moment où l’on évoque, tous azimuts, la bonne gouvernance en Afrique. Bref, il s’agit, bel et bien, d’une nouvelle affaire à suivre!
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com