Alger - Revue de Presse

Le département d’Etat dresse un rapport sévère pour 2006



L’Algérie à nouveau mal vue par les USA Le département d’Etat américain a dressé un véritable réquisitoire contre le gouvernement algérien dans son dernier rapport 2006, rendu public dimanche. Le chapelet d’accusations sériées rappelle étrangement les fameux rapports établis durant les années rouges du terrorisme. Violations des droits de l’Homme, tortures, disparitions, atteintes à la liberté d’expression, d’association et de la presse sont autant de «maux» dont sont rendues coupables les autorités algériennes. Au chapitre des droits de l’Homme, le département d’Etat semble s’être largement inspiré des plaintes et autres rapports des ONG algériennes, notamment les associations de disparus et des familles victimes du terrorisme ainsi que la ligue de Ali Yahia Abdenour pour confectionner son rapport. Il y est globalement souligné que les droits de l’Homme sont «bafoués» bien que les lois algériennes soient progressistes sur ce plan. Le département d’Etat remonte jusqu’au massacre de Ramka dans la wilaya de Relizane en 1998, qui a fait près de 1.000 victimes «selon Ahmed Ouyahia», pour dresser son tableau de bord du respect des droits de l’Homme. Il accable au passage les services de sécurité de «s’être livrés à des atteintes aux droits de l’Homme», y compris quand il s’est agi de lutter contre les terroristes. S’agissant de l’état de la liberté de la presse et d’expression, le rapport rappelle l’épisode vécu par un confrère de la presse arabophone dans les locaux de la police durant l’année 2006, en guise d’exemple pour dépeindre un tableau noir de la pratique journalistique en Algérie. Le département note tout de même la mesure de grâce prononcée par le président de la République au profit de 200 journalistes. Ceci n’empêche pas les Américains d’injecter tous les harcèlements judiciaires subis par la corporation durant l’année 2006, notamment les cas des journalistes de la télévision et ceux de l’hebdomadaire Es-safir dans le sillage des caricatures blasphématoires. Le pouvoir est également «épinglé» au sujet du monopole par l’Etat de la manne publicitaire suggérant que la réclame est distribuée selon la proximité d’un titre de la presse aux thèses des autorités. Concernant Internet, le rapport souligne que l’accès en Algérie est «libre» avec cette précision que les sites liés au terrorisme sont «filtrés». Quid du droit d’association. Le rapport note, certes, que la Constitution algérienne reconnaît ce droit, néanmoins «la réalité du terrain est tout autre», lit-on. En effet, il y est souligné que le ministre de l’Intérieur refuse l’agrément de certaines ONG, des associations et des partis politiques sans pour autant justifier ces décisions. L’Algérie y est ainsi écorchée au chapitre de la liberté de conscience en mettant en avant la récente loi réglementant le culte, obligeant les associations et les représentants des religions étrangères «à activer dans un cadre organisé». S’agissant de la corruption, le rapport estime qu’il y a en Algérie de sérieux problèmes de corruption». Le département d’Etat se base sur le rapport de Transparency International. Cependant, le pays s’est doté, lit-on, «d’instruments législatifs de lutte, notamment les brigades d’investigation économique créées au niveau du ministère des Finances». Mais, c’est dans le chapitre politique que le rapport du département d’Etat est plus accablant. Il y est mis en relief les «pressions multiples que subissent les ONG locales, notamment les ligues des droits de l’Homme (LADDH, LADH), mais aussi les partis politiques. Le rapport souligne à chaque fois que, légalement, les lois algériennes consacrent la liberté d’activité politique, mais que dans les faits cette liberté est mise entre parenthèse. Ce constat vaut également pour la situation de la femme puisque, est-il écrit, la constitution algérienne la met sur le même pied d’égalité que l’homme pendant que le code la famille, même amendé, «continue de minorer son statut». Le rapport 2006 du département d’Etat américain sur l’Algérie tranche ainsi radicalement avec les satisfecits ininterrompus délivrés par les officiels des Etats-Unis durant leurs différents séjours dans le pays.
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