Guerre des tranchées ou surenchère politique ?
Selon des informations proches de certains quartiers généraux des partis, les résultats des prochaines élections législatives «sont déjà connus» puisque, insiste-t-on, «le partage des quotas aurait déjà été effectué au profit de certaines formations proches de l’Alliance présidentielle».
Cette distribution don-nerait, ajoutent ces mêmes sources, une nouvelle configuration au paysage politique qui sera dominé, encore et toujours, par «le FLN qui récoltera quelque 120 à 130 sièges, son rival le RND, 80 à 90 sièges et le MSP 50 à 60 sièges». Les partis qui se positionnent dans l’opposition auront, eux aussi, leur part du gâteau. Ainsi, en est-il du RCD qui glanerait quelques sièges supplémentaires à Alger en plus d’un bon score qu’il pourra enregistrer dans les trois wilayas traditionnellement acquises au FFS (Tizi-Ouzou, Bejaia et Bouira). On murmure qu’un score de 20 à 22 sièges serait attribué au RCD, tandis que le mouvement Islah, repris par les redresseurs, devrait se positionner derrière le parti de Saïd Sadi avec un quota de 15 sièges. Le parti FNA de Moussa Touati, qui a su surfer sur le sigle du FLN lors de la dernière élection en remportant allégrement des sièges destinés à l’ex-parti unique ferait les frais de cette nouvelle distribution. Même le parti de Louisa Hanoune, qui a cartonné lors des dernières élections législatives de 2002 en engrangeant plus de sièges, perdrait beaucoup lors de l’élection du mois de mai prochain. D’où cette surenchère politique revendiquée simultanément par le FLN et le RND. Cette guerre des tranchées a commencé très tôt avec les dernières déclarations de Ouyahia qui revendique d’ores et déjà une majorité à la prochaine assemblée nationale. Le Rassemblement national démocratique (RND) se prépare, en effet, activement à la conquête de sa position déchue de première formation politique du pays après avoir été délogé en 2002 par le FLN, alors dirigé par Ali Benflis. Le SG du RND, Ahmed Ouyahia, qui poursuit assidûment son périple national, vient d’annoncer la couleur à partir de l’ouest du pays en affirmant que sa formation vise ni plus ni moins que la majorité lors des prochaines élections législatives. Cette surenchère dans le discours de Ouyahia n’obéit pas uniquement à son traditionnel face-à-face avec le SG du FLN, Belkhadem, son adversaire direct, mais au fait qu’il se sent en mesure de briguer la première place au FLN, englué dans des luttes internes interminables. L’ancien Chef du gouvernement, qui est parti avant l’heure en campagne électorale, veut boucler son tour d’Algérie bien avant le lancement de la campagne qui doit s’ouvrir normalement aux environs du 20 avril. Empruntant un autre mode de désignation des candidats, différent de celui du FLN, le RND, qui a laissé cette opération de sélection aux seuls responsables locaux, a fini par boucler cette première phase de recueil des candidatures en plaçant déjà les futures têtes de liste à travers le pays. Ainsi, à Alger, la liste sera probablement emmenée par l’ex-sénateur Seddik Chiheb ou par l’ancien ministre des Finances, Abdelkrim Harchaoui. Ce choix n’a pas encore été définitivement tranché, affirme-t-on du côté du RND, car le SG, Ahmed Ouyahia, n’a pas encore dit son dernier mot concernant celui qui aura la responsabilité de «tracter» la liste d’Alger. Celle-ci comprendra le syndicaliste Djenouhat, le patron du COA, Berraf, Boudina, un cadre du MJS, Bensahnoun Fouzia, l’avocat Boudiaf, un néophyte de la politique, l’ex-P/APC de Kouba, Oulebsir Houria, une élue d’El-Biar, le Dr Fellouh et l’avocate Takarli. Par contre, la présidente de l’Association nationale des victimes du terrorisme, Mme Flici, ainsi que le Commandant général des scouts algériens (SMA), Benbraham, ont été sacrifiés, dit-on encore, pour avoir postulé à deux mandats consécutifs. Les autres têtes de liste seront principalement d’anciens ministres, comme Bekhti Belaib à Aïn Defla, ou ceux encore en poste comme Benbouzid à Oum El Bouaghi, Guidoum à Sétif, Ghlamallah à Relizane, Chérif Rahmani à Djelfa, sa région natale.
Environ 100 candidats ont postulé pour la liste d’Alger, la seule wilaya du pays qui est dotée d’un quota d’environ 32 sièges. Ces candidats à la candidature émanent des 13 circonscriptions où le RND est présent à travers ses structures locales. La moitié des candidats d’Alger possède un niveau universitaire au moment où les jeunes sont représentés à hauteur de 15% tandis que les femmes forment 20% de cette liste. C’est la frange la plus âgée (plus de 40 ans) qui constitue le plus gros lot des candidats.
Said Farhi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com