Il y a quelque chose de méphistophélique dans cette lourdechape de grisaille qui s'abat sur le pays pourtant gorgé de soleil avec un étéque d'aucuns s'empressent déjà de qualifier de «pourri» ? La réponse des plusimprécises n'est-elle pas à chercher dans cette impéritie presque «atavique»chez nous autres Algériens qui voudrait que sous nos cieux assombris, celui quipaye ses dettes... s'appauvrit !? Sans prêter une oreille attentive aux voixd'orfraie qui s'élèvent ici et là pour crier au sauve-qui-peut dans un pays oùchacun se cache derrière son propre dos, ce qui arrive aux compatriotes dusémillant Sidi Saïd s'apparente à l'histoire de ce père de famille endettéjusqu'aux... dents et pour sauver sa marmaille d'une faillite certaine a décidéde mettre une fermeture Eclair sur la bouche affamée de toute sa progénitureavant de concéder, le nez dans la gadoue, à brader la maisonnée avec tout lecapharnaüm qu'il y a dedans. Sauf qu'après des années de crève-la-dalle, lepère, ployant sous son propre poids, confesse à sa famille... famélique que sesdettes sont aussi profondes qu'un tonneau des Danaïdes. Et pour reprendre unaccent plus sérieux comme nous le recommande la conjoncture tragi-comique quisape le moral à tout le pays, le plus omniscient d'entre les Algérienspasserait sa vie à tenter de percer cette «théorie» cabalistique qui voudraitqu'un pays plein aux as compte le peuple le plus fataliste sur la terre ferme.Parce que chez nous, boulotter ou crécher dans un F quelque-chose sont des«mots» qui n'ont pas la même acception que chez les autres, avoir pour voisinde palier le sultan de Brunei ne vaccine pas pour autant contre la maladie dela dèche. Se prétendre chasseur de licorne alors que l'on est incapable de mettreune bride à un canasson reviendrait à aller chercher un cétacé au milieu de lasavane africaine.Et parce que le pays, dans sa pseudo-organisation, donnel'impression nette de «castrer» toutes les ambitions, pour naturelle qu'ellesoit, la «riposte» est de se jeter à l'eau pour éviter de se faire dépecer toutcru sur le gibet de toutes les humiliations. C'est à croire que les Algérienset leurs laborieux gouvernants ne vivent pas sous le même ciel, ni n'ont lesmêmes yeux pour regarder en face une réalité qui est pourtant dramatiquement lamême.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : El-Houari Dilmi
Source : www.lequotidien-oran.com