Notre placide chef du gouvernement s'est, enfin, avisé dela gravité du climat créé dans le pays par la tension sociale née des haussesdes prix et les angoissantes rumeurs circulant à propos de l'état de santé duprésident de la République. D'où sa décision d'animer, aujourd'hui, un point depresse.Il est temps, enfin, que les citoyens sachent ce que legouvernement a décidé de faire pour contrer les effets que la spiraleinflationniste est en train de faire subir à leur pouvoir d'achat. Mais cequ'ils veulent connaître en priorité, c'est de quoi il retourne concernant lapersonne du chef de l'Etat dont l'absence alimente d'alarmantes spéculations.Trop de choses morbides sont colportées sur l'état de santé de celui-ci qui ontfini par déstabiliser le moral des plus sceptiques d'entre eux. Le silence desautorités face à la prolifération des rumeurs n'a pas peu contribué à plongerl'opinion dans des interrogations inquiétantes. L'on sait ce que des situationsde ce genre offrent aux manipulateurs de tout poil. Ce qu'ils n'ont pas manquéd'exploiter, en celle que vit actuellement le pays, pour ajouter à la confusiondans laquelle sont leurs compatriotes sur la réalité des bruits qui leurparviennent. Il est du devoir et de l'obligation des autorités de l'Etat declarifier les choses. L'intervention, aujourd'hui, de Belkhadem devrait allerdans ce sens.Il reste que la lenteur à réagir démontre que lesinstitutions de la République n'ont rien retenu des dégâts occasionnés dansl'opinion nationale par leur comportement durant l'hospitalisation et laconvalescence du Président Bouteflika, en 2005. Leur récidive démontre qu'ellesne considèrent pas le peuple comme une entité et un acteur qu'il faut informerdes situations et des évènements mettant en cause l'exercice du pouvoir. Dansla situation présente, il est attendu que Belkhadem, nous éclaire franchement,qu'il ne se réfugie pas derrière le prétendu «secret d'Etat», qu'il répondesans détour et faux-fuyants à cette question que tous les Algériens se posentaujourd'hui et qu'un confrère a déjà avancée: «le Président Bouteflika est-ilen vacances ou en convalescence, son état de santé s'est-il amélioré oudégradé?».Ce n'est pas verser dans l'alarmisme d'affirmer que leclimat social dans le pays est potentiellement propice à de graves dérives dontcertains cercles s'activent à tenter de les provoquer. Dès lors qu'ils ont lesentiment d'être considérés par leurs dirigeants comme des «mineurs» auxquelsest refusé le droit d'être informés et de savoir, il y a des citoyens dont lacapacité à résister aux manipulations se fera inévitablement prendre en défaut.Déjà que la rentrée sociale se présente sous d'inquiétantsauspices, tant le mécontentement populaire s'exprime avec une raredétermination contre la paupérisation galopante, les autorités ont été malinspirées de laisser libre cours aux rumeurs qui circulent sur l'état de santédu chef de l'Etat, en se confinant dans leur silence qui a donné consistanceaux plus follement déstabilisantes d'entre-elles. Au point qu'il n'est pasévident que ce que va dire Belkhadem suffira à rassurer et à calmer lestensions qui agitent le pays.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com