L'Italie financera une autoroute de 2.000 km qui traversela Libye d'est en ouest au titre de compensation des souffrances subies durantla dure période d'occupation. Le coût de ce gigantesque projet se chiffrerait à6 milliards d'euros. Ces informations ont été révélées par des sourceslibyennes à la suite d'une rencontre entre le chef de la diplomatie italienneet le Guide de la révolution libyenne.C'est avec l'emphase habituelle des Libyens qu'est doncannoncée la « grande initiative » destinée à tourner définitivement la page. Cen'est peut-être pas de l'exagération. On est dans un précédent qui sera suiviavec intérêt par de nombreux pays d'Afrique. Le projet de traité d'amitié entreAlger et Paris a succombé sur la question de l'histoire et de la responsabilitéde la puissance coloniale.Or, l'Italie et la Libye semblent, après de longues annéesde tâtonnements, avoir trouvé la voie pour le résoudre. L'Italie avait déjà del'avance: elle avait présenté en 1998 ses excuses au peuple libyen et reconnusa responsabilité pour les préjudices subis au cours d'une occupation qui aduré de 1911 à 1943. Tout en saluant ce geste, Tripoli l'avait estiméinsuffisant et demandait des réparations plus concrètes.Avec ce mégaprojet d'autoroute, Rome saute carrément le pasdans cette direction. Elle solde un contentieux du passé avec un pays où elle ades intérêts économiques d'avenir évidents. L'Italie évitera sans doute deparler de « dédommagement » ou de « réparation » pour ne pas froisser d'autrespuissances coloniales, qui y verraient un dangereux précédent qui ouvrirait lavoie à d'autres pays pour faire des réclamations aux anciennes puissancescoloniales.Pourtant, quels que soient les mots utilisés, c'est bienainsi que cela sera compris. Après tout, on est devant une sorte de « solde detout compte », où l'on a aussi bien des « excuses officielles » que des mesuresconcrètes de réparation qui pavent le chemin à la conclusion d'un traité entrel'Italie et la Libye.Le ministre italien des Affaires étrangères notaitrécemment que son pays avait des « dettes envers la Libye » et un « intérêtfondamental à renforcer nos liens avec ce partenaire essentiel ». Voilà uneautre façon de faire dans le réalisme qui est aux antipodes de celui défendupar le président français Nicolas Sarkozy.L'Italie a une approche sur ses responsabilités depuissance occupante qui ne peut qu'inciter à la comparaison avec celle deParis. Soldons le passif de l'histoire et faisons des affaires, c'est cela leréalisme des Italiens. Il est très éloigné du réalisme de la France de Sarkozyqui refuse toute forme d'excuse et appelle à faire des affaires plutôt que deremuer le passé.Le décalage entre les deux façons d'être réaliste est telque Rome se perdait, hier, en circonlocutions pour éviter les mots qui fâchent,à Paris par exemple. On ne peut parler « uniquement » de compensations à laLibye, déclarait le porte-parole de la Farnesina, les Affaires étrangères italiennes,mais d'un « accord à caractère global, avantageux pour les deux parties ».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K Selim
Source : www.lequotidien-oran.com