A l'approche de la visite d'Etat qu'il doit effectuer fin novembredans notre pays, Nicolas Sarkozy a dépêché hier à Alger M. Alain Leroy, sonconseiller diplomatique en charge du projet d'union méditerranéenne.L'émissaire de l'Elysée aurait reçu pour mission d'éclairer Alger sur lecontenu de ce projet et de jauger les réactions qu'il suscite côté algérien. Ledébat contradictoire que son projet d'union méditerranéenne suscite en Algérie,et dont la presse locale s'est fait l'écho, n'est pas sans avoir inquiété lenouveau locataire de l'Elysée, même si officiellement Alger lui a exprimé sonsoutien de principe par la voix de son ministre des Affaires étrangères. Ilapparaît effectivement que l'initiative que Sarkozy compte démarcher auprès deBouteflika, lors de sa visite d'Etat, est loin de faire l'unanimité en safaveur dans la classe politique et l'opinion algériennes. Même le soutien deprincipe que lui ont accordé les autorités officielles s'est accompagné decommentaires et de considérations qui font présager qu'avant de s'engager plusloin avec l'initiative française, l'Algérie entend poser ses conditions.La première étant que les deux pays règlent d'abord lescontentieux qui «parasitent» leurs relations bilatérales. Côté algérien, dansl'opinion du moins, l'on voit mal le pays s'engager dans la construction d'uneunion méditerranéenne dont la France veut prendre l'initiative (déjà certainsparlent de prétention à un leadership régional) tant que Paris persiste dansson soutien inconditionnel à Rabat sur la question sahraouie et refuse dereconnaître les torts infligés au peuple algérien durant l'occupationcoloniale.Bouteflika dissertera sans nul doute avec son homologuefrançais des perspectives que ce projet d'union méditerranéenne est susceptibled'ouvrir pour la région. Il confirmera aisément la disposition algérienne àoeuvrer pour tout ce qui peut rapprocher les peuples des deux rives de laMéditerranée et contribuer à l'instauration d'un cadre de partenariat et decoopération entre eux.Mais il n'ira certainement pas jusqu'à enrôler d'emblée l'Algériedans la construction géopolitique qu'ambitionne de réaliser Sarkozy, sansprendre le temps d'en décrypter tous les calculs qui ont incité son initiateurà la proposer. Cela d'autant que le projet est sujet à caution, voire àopposition chez beaucoup d'autres Etats riverains de la Méditerranée du Nordcomme du Sud.Nul doute donc que l'Algérie se restreindra sur cettequestion à réaffirmer son adhésion de principe à l'initiative en tant quedémarche s'inscrivant dans les efforts partagés qui veulent aller au dialogue età la coopération Nord-Sud dans la région méditerranéenne.Pour espérer convaincre les autorités algériennes às'enrôler sans ambiguïté dans l'aventure de son union méditerranéenne, il devrad'abord lever les suspicions qui pèsent dans leur pays sur la sincérité de«l'amitié» et la volonté d'instaurer un partenariat d'égal à égal dont il ditêtre guidé à l'égard de l'Algérie.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com