L’ennemi stratégique
Les pays arabes ont perdu leur ennemi stratégique, Israël. Des trois pays du champ de bataille, l’Egypte et la Jordanie ont normalisé leurs relations avec leur ancien ennemi. La Syrie serait en passe d’y arriver, les négociations étant ouvertes avec Israël, la volonté de sortir de l’isolement étant compréhensible. Pendant longtemps, la pression sur la Syrie a été telle qu’il n’avait été laissé à son président que la seule voie suivie par Sadate. Le Liban n’avait fait partie du champ de bataille que lors de la guerre de 1948. Après, c’est-à-dire en 1949, le Liban avait signé un armistice avec Israël et n’avait plus participé à aucune guerre en tant qu’Etat libanais. Puis, après l’initiative de Sadate de faire le voyage vers la Knesset israélienne, quatre Etats avaient créé le front du refus. Qu’en reste-t-il maintenant? Il y avait l’Algérie, l’Irak, la Syrie et la Libye. La Syrie avait commencé des négociations avec Israël puis celles-ci étaient interrompues et ce n’était pas de la propre initiative de la Syrie. L’Irak a été cassé par la suite. Par deux fois et la deuxième fut fatale. La Libye a été bombardée en 1986, isolée, et ne dut l’amorce de son retour comme pays fréquentable que pour les raisons que tout le monde connaît. Le quatrième pays, soit l’Algérie, est plongé dans une insécurité de laquelle il ne s’est pas encore relevé. Aujourd’hui, les pays arabes ont, bien entendu, leur ennemi. Plus aucun pays arabe ne clame qu’il est l’ennemi d’Israël ou que ce dernier est encore son ennemi. Aucun. Dans leur désir de ne plus faire l’objet de menaces de la part des Etats-Unis, sachant que toute la politique extérieure des Américains est orientée vers le maintien de la supériorité opérationnelle de «Tsahal», ils se montrent disponibles à normaliser leurs relations avec l’Etat hébreu en échange de la paix contre les territoires et en faisant même deux grandes concessions. D’abord, ils ne parlent pas de décolonisation, mais de paix juste. Ensuite, Il ne s’agit pas d’exiger d’Israël qu’il retourne aux frontières d’avant la guerre de 1948, c’est-à-dire sur les lignes de partage par l’ONU, mais seulement d’avant 1967. Peuvent-ils rester sans ennemi stratégique ? L’islamisme ou l’intégrisme, ou le terrorisme, c’est selon les perceptions, a remplacé Israël. L’alibi israélien a justifié le refus des pouvoirs arabes à engager le processus de démocratisation. L’alibi islamiste avec la peur déclarée qu’il charrie, c’est-à-dire le terrorisme, justifie le refus de ces mêmes pouvoirs à engager le processus de démocratisation.
Bachir Medjahed
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com