Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



L’Algérie se dépeuple Les résultats du dernier recensement général ont «dit» beaucoup de cho-ses qu’il est important de décoder pour que l’Algérie puisse aller de l’avant et réaliser les programmes qu’elle s’est tracés. Si beaucoup de plans ont été établis pour améliorer la qualité de la vie, il reste que nombre d’entre eux ont été bâtis sur des données théoriques, des projections subjectives parce que limitées à de grands centres urbains qui disposent de toutes les commodités -même si une dégradation flagrante est constatée dans la gestion quotidienne- et à des estimations à vue opérées par des responsables locaux dont la vision est réduite au pourtour immédiat des APC, daïras et wilayas. Près de 35 millions d’Algériens étaient vivants durant la période comprise entre le 16 et 30 avril passé. Depuis, quelques uns ont rejoint l’autre monde, d’autres sont venus les remplacer, et d’autres encore ont choisi d’aller vers un monde «meilleur». Si cette donnée nous permet de connaître combien sommes-nous à nous crêper le chignon pour un logement, un emploi, un billet d’avion ou un extrait de naissance en espérant qu’il ne comporte pas de fautes, elle n’est pas fondamentalement importante car 40 millions ou même 50 millions d’Algériens sont de la petite monnaie pour un pays comme le nôtre qui pourrait faire vivre «tranquille» plus du double. Ce seront le nombre de logements vides -1,6 million d’unités-, le nombre de citoyens qui vivent en cité -plus de 80%-, le nombre de ménages et le taux d’accroissement depuis le dernier recensement de 1998 -1,72%- qui sont les indicateurs les plus importants pour comprendre les travers de la société. Des données qui devraient inciter les pouvoirs publics à imaginer des mécanismes légaux efficaces pour faire en sorte que le 1,6 million de logements qui «dorment» profitent à ceux qui n’ont pas la chance de décrocher un LSP ou un AADL, à redoubler d’imagination pour inverser la tendance migratoire qui se fait en direction des villes et à répartir équitablement la richesse parmi les zones favorisées et défavorisées. Les chiffres n’ont pas encore tout avoué, comme par exemple combien d’Algériens ont un travail permanent, combien d’autres grappillent ici et là, ou encore combien de retraités ont une seconde ou une troisième source de revenus alors que des jeunes éprouvent toutes les peines du monde à décrocher un contrat de quelques semaines ou de quelques mois. S’il est loisible d’imaginer que les données du recensement peuvent être classées «secret confidentiel» ou même «top secret» parce que sensibles, il reste que beaucoup de chiffres seront contestés car allant à contresens des déclarations officielles. Dans cette optique, le ministre de l’Habitat a, d’ores et déjà, émis des réserves sur le nombre de logements réputés inoccupés ou tout au moins fermés au moment du passage des agents recenseurs. La donnée qui retient cependant l’attention est ce faible accroissement de la population de 1,72%, c’est-à-dire que seulement 5.700.000 Algériens sont venus peupler notre pays à raison de 570.000 par an, alors que nous aurions dû croître de près de 8 millions durant la décennie! Un chiffre qui traduit toute la difficulté des Algériens à procréer, à moins que la différence représente le nombre d’Algériens partis s’installer ailleurs, sur terre ou sous mer. Miloud Horr
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