Actes criminels totalement gratuits
Pour la deuxième fois, en l’es-pace de huit mois, Alger a été, hier, la cible de deux attentats à quelques minutes d’intervalle qui ont provoqué un carnage dont le bilan est très lourd, plus d’une cinquantaine de morts et davantage de blessés à Ben Aknoun et Hydra. Censés être dirigés contre des institutions publiques, la quasi-totalité des victimes de ces attentats sont encore des civils dont un grand nombre d’étudiants et de passants. Depuis son «allégeance» à Al-Qaïda en septembre de l’an dernier, dont il est devenu sa branche pour le Maghreb depuis la fin janvier de l’année en cour, l’ex-GSPC ne s’est manifesté dans la wilaya d’Alger qu’à travers des doubles attentats, à Reghaïa et Dergana (Lundi 30 octobre 2007), Palais du gouvernement et Bab Ezzouar (11 avril 2007) ou en ciblant une fois des ressortissants étrangers (Bouchaoui, 10 décembre 2006) et à chaque fois avec des véhicules piégés ou des kamikazes. Les deux d’attentats d’hier participent de cette même tendance privilégiée par l’ex-GSPC qui constitue pour lui le moyen le plus à même de provoquer un maximum de victimes. Une manière à lui, criminelle et sanguinaire à la fois, par laquelle il signifie que ni les efforts de l’Etat pour le ramener à la raison, ni les appels de la population à travers ses plébiscites des politiques de «concorde» et de «réconciliations», ni encore moins les saignées abondantes provoquées dans ses rangs par la lutte antiterroriste et les redditions n’ont suffisamment de force pour le neutraliser définitivement. Frapper à Hydra, comme il l’a fait hier, un quartier des plus résidentiels où se regroupent un nombre important d’ambassades étrangères, de sièges de ministères et d’organismes de l’Etat et même des représentations d’institutions internationales, constitue pour lui un acte de défi pour se redonner encore une fois l’illusion d’une puissance qui n’a comme effet que d’endeuiller davantage des familles sans jamais avoir d’incidence sur la marche du pays, autant au niveau de l’Etat qu’au niveau de la société.
Ces actes criminels totalement gratuits, quand il parvient à les commettre surtout dans les lieux où le dispositif sécuritaire est censé être des plus étudié, lui donnent également le désir de croire qu’il pourrait les répéter sans grandes difficultés surtout qu’il opte pour des actions suicidaires où il n’a rien à perdre et d’où même il en tire une gloire en encensant ses «martyrs». Le risque se situe à ce niveau. Et aucune parade incontournable n’est possible. Les deux communes, Ben Aknoun et Hydra, où il a commis son carnage d’hier, n’ont pas enregistré d’attentats depuis l’époque du GIA, janvier 1998 pour la première (une bombe artisanale à un arrêt de bus) et mars 2000 (l’assassinat d’un policier en faction devant une ambassade) pour la deuxième.
Mohamed Issami
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com