Aucune logique
Les attentats qui ont, de nouveau, secoué la capitale ont eu lieu un ‘11’. Un chiffre que les commanditaires veulent transformer en logo d’Al-Qaïda. La succursale locale -ou régionale, peu importe- de Ben Laden a frappé. Soit! Des criminels bourrent d’explosifs des véhicules volés et les font sauter dans la capitale. A quoi répond ce jeu macabre et quelle signification faut-il lui donner? Aucune. Mener des attentats contre des édifices institutionnels et internationaux, une journée historique, n’a d’autre sens que celui que les experts veulent bien lui donner. La Cour suprême a été ciblée? Le bâtiment du HCR? Le jour de la commémoration des manifestations historiques contre la bête immonde coloniale? Faut-il que cela ait un sens? Lui en donner un, ne reviendrait-il pas à cautionner la violence et la justifier par une logique qui n’existe pas dans l’esprit des commanditaires, si ce n’est celle de faire le plus grand nombre de morts, qu’ils aient ou non quelque chose à se reprocher dans la déroute du terrorisme? Car il s’agit bien de terrorisme. Les Algériens se refusent à donner une quelconque signification à des meurtres en série, des crimes qui ne diffèrent pas de ceux qui ont été commis par la soldatesque coloniale et bénis par les champions des droits de l’Homme. Chaque coup que les forces de sécurité portent à l’organisation criminelle, à toutes les organisations qui se réclament de cette idéologie, est ressenti au cœur de l’empire du mal, où qu’il se trouve. En Afghanistan, en Irak, en France ou aux Etats-Unis d’Amérique. Aucune organisation, si extrémiste soit-elle, à plus forte raison quand elle se réclame de l’Islam, ne peut prétendre combattre un régime en tuant aveuglément. Ni l’Islam, ni le Christianisme, ni le Judaïsme et ni même les croyances païennes n’acceptent de tuer des innocents. La guerre a ses règles. Et mener une guerre de la manière dont sont exécutés les attentats n’est pas une guerre. Cela s’apparente à des troubles inspirés et alimentés par des forces occultes étrangères. Des bulletins seront, à coup sûr, publiés sur le net et on trouvera la famille du ou des kamikazes. L’on découvrira que les auteurs des crimes ont des liens avec la mouvance intégriste. Fort probable, d’autant plus que les maîtres à penser de ces boucheries ne plaisantent pas. Ils préparent leurs coups en fignolant les détails. Ce qui compte, ce n’est pas de savoir que le drogué qui a conduit le véhicule qui a fait des victimes parmi les étudiants était connu des services de sécurité et pourquoi il n’a pas été arrêté avant, mais de penser à l’avenir. Et de nous organiser pour que d’autres attentats ne soient plus perpétrés.
La lutte antiterroriste n’est pas la seule affaire des services qui ont, déjà, fort à faire avec d’autres types de criminalité, et l’humeur des Algériens. Combien de citoyens peuvent-ils se targuer d’avoir prévenu el houkouma qui a mis à disposition un numéro vert et envoyé des SMS à près de vingt millions de propriétaires de téléphones portables? La lutte est l’affaire de tous ceux qui vivent en Algérie, étrangers compris puisqu’ils sont exposés au même risque. Et si nous devions expliquer le choix du lieu des attentats, nous dirons que c’est pour semer le doute dans nos esprits et nous dire: ils sont forts. Ils ne le sont pas!
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com