Alger - Revue de Presse

Le point



Quel système politique à venir? L’Algérie va à son propre rythme. Elle va où? Elle n’est pas en train de galoper ver l’islamisme, encore moins vers l’intégrisme, bien que cela ne fasse pas partie de nos traditions ni même de celles des pays étrangers de tenter de différencier entre islamisme et intégrisme. Elle n’est pas non plus en train de galoper vers la démocratie, si celle-ci est comprise dans sa version occidentale. Mais si elle ne va ni vers l’islamisme ni vers la démocratie, quelle destination hybride alors? Ceux qui sont au pouvoir tentent, bien sûr, de concilier entre une évolution contrôlée du système politique et leur maintien, ce qui serait somme toute normal car il ne saurait exister de parti ou de personnalité qui accepterait sans résister de se faire évincer du pouvoir. Les partis de l’opposition savent très bien que les obstacles qui se dressent sur le chemin de leur accès au pouvoir ne seront jamais levés, du moins ne le seront pas par ceux qui sont au pouvoir. Dans tous les pays du Tiers Monde, cela se passe comme ça. Le pouvoir ne se lâche pas. Cependant, il faudrait reconnaître qu’en Algérie, la parole est plus libérée que dans l’espace civilisationnel qui est le nôtre, que l’on en a fini avec les coups d’Etat, surtout ceux qui sont visibles. Mais cela ne suffit pas pour dire que dans un système où il n’y a plus de coup d’Etat visible, il y a forcément la démocratie. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante. Ceux qui sont au pouvoir présentent comme certitude qu’une ouverture totale du champ politique fera monter les islamistes aux commandes de l’Etat. Le président égyptien affirme même que ce seront les «terroristes» qui émergeront pour imposer leur loi. Pratiquement, tous les dirigeants politiques des pays arabes pensent la même chose que ce que pense le président égyptien. Dans ces conditions, il n’y aura jamais d’alternative politique, sauf pour les hommes, ce qui se traduira par une alternance entre équipes d’hommes. C’est exactement ce que pensait ou plutôt ce que voulait Djaballah au début des années 90, en exigeant la dissolution des partis dits laïcs pour ne laisser dans le champ politique que les partis qui défendront le projet islamiste qui sera le même pour tous et dont l’alternance ne concernera que les équipes d’hommes les mieux à même de réaliser ce projet. Djaballah, a-t-il changé? A-t-il mis assez d’eau dans son ‘vin’? Le système islamiste pour succéder au système actuel?
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