RAI, l’autre voix de l’Algérie
Il ne s’agit pas de Raï, bien que ce genre de musique exporté en pleine décennie rouge ait contribué à adoucir le regard sévère porté sur les Algériens suspectés d’être tous des terroristes, mais de la RAI, la radio algérienne internationale qui a été lancée, officiellement, hier. Le choix du 19 mars, la reconnaissance officielle de la défaite militaire de la France, n’est pas fortuit, et rappelle une victoire de l’Algérie combattante que certains ont tenté de transformer en défaite. Parce que la France n’a pu oublier le feu de la gifle qu’elle a reçue, comme en témoigne la ténacité de certains cercles à empêcher la conclusion d’un Traité d’amitié et une repentance qui auraient pu changer la nature des relations, passionnelles, qu’entretiennent les deux pays.
Des extraits de discours des défunts Boumediene et Boudiaf, de Chadli et Zeroual, ainsi que de Bouteflika, ont été passés dès midi, heure à laquelle sont entrés en vigueur les accords arrachés de haute lutte par le gouvernement provisoire de la République algérienne. Une tranche d’histoire sur laquelle devraient se pencher, plus sérieusement, et les historiens et Benbouzid qui est en train de produire, exactement, l’effet inverse en faisant dans le bricolage sur une question qui mériterait plus d’égards qu’un oukase consistant à infliger une «corvée», selon leur sentiment, à des élèves qui n’ont jamais senti cet élan patriotique animer leur hiérarchie éducative ou les responsables avec lesquels ils sont en contact direct.Ce sera la voix émaillée du regretté Aïssa Messaoudi, alias Saout el Arab, qui aura ému les auditeurs. Une voix qui s’était élevée, en ces temps de tortures et de crimes de guerre restés impunis et qui n’ont aucun rapport avec la mission civilisatrice de la colonisation, pour promettre aux Algériens qui survivraient une vie plus digne, sous le ciel d’une Algérie indépendante. 45 années plus tard, l’Algérie est toujours debout, en dépit de l’aliénation d’une partie de sa souveraineté. Une réalité qu’il faut expliquer aux Algériens pour qu’ils continuent le combat et redresser les errements qui ont conduit la génération post 62 à préférer la noyage dans un rafiot clandestin au paradis promis dans une nation indépendante, au lieu de les endormir avec un passé glorieux, certes, mais qui a été dévalorisé par ceux qui en ont fait un fonds de commerce.
Il n’est pas trop tard. C’est même le bon moment pour résister. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Résister aux chants des sirènes étrangères qui nous font miroiter une vie meilleure, pour vider le pays de sa substance, mais également résister à la politique de découragement menée par des cercles occultes qui continuent de combattre pour la France. L’Algérie a les moyens de rendre aux Algériens leur dignité, il suffit qu’ils le désirent eux-mêmes.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com