Alger - Revue de Presse

Le jeune Semmoudi Reda enterré hier à El-Maleh Deux policiers français suspendus, l'enquête en cours



L'émotion était à son comble, hier après-midi, à l'aéroport d'Oran à l'arrivée du vol AH 1061 d'Air Algérie en provenance de l'aéroport d'Orly. Il était 15h10 quand l'avion a atterri avec, à son bord, le cercueil du jeune Oranais Semmoudi Reda, qui est décédé, le 8 janvier dernier, dans des circonstances toujours non élucidées à Noisy-le-Sec en banlieue parisienne. Les quatre frères et soeurs du jeune Reda, décédé à la fleur de l'âge, lors d'une perquisition menée par la police française dans son domicile, étaient également venus sur ce même vol pour accompagner la dépouille de leur jeune frère à sa dernière demeure. Une heure avant l'atterrissage de l'avion, les proches et les amis de la famille Semmoudi attendaient impatiemment l'arrivée du cercueil et nombre d'entre eux, notamment le grand frère du défunt, n'arrivaient pas à cacher leur affliction, mais surtout leur colère. Les retrouvailles entre les quatre frères et soeurs du jeune Reda, résidant en France, et leurs proches d'Oran étaient un moment d'émotion extrême. Entre embrassades et mots de compassion, les proches du jeune Reda n'arrivaient plus à retenir leurs larmes. Approché, le grand frère du jeune Reda Semmoudi semblait toujours, dix jours après le décès de son petit frère, sous le choc. Entre les procédures de l'enquête menée par l'Inspection générale des services (IGS) (police des polices françaises), le parquet de Paris et les tracas du rapatriement de la dépouille, la famille Semmoudi a vécu le cauchemar depuis la date fatidique du 8 janvier dernier. « Toutes les preuves montrent clairement que mon jeune frère ne pouvait pas se jeter seul du balcon de sa chambre. D'abord, il était menotté dans le dos et en outre il ne pouvait ouvrir tout seul la fenêtre de la chambre et se débarrasser du sèche linge pour se jeter ensuite dans le vide. L'autre détail troublant est que nous avons trouvé, à l'intérieur de la cuisine, que la vaisselle avait été cassée ce qui prouve que mon jeune frère a été malmené ou battu par les policiers », affirme notre interlocuteur. Il ajoute que son jeune frère n'avait jamais eu des intentions suicidaires et qu'il n'avait aucune raison pour se donner la mort. « Pourquoi il se serait suicidé ? Il était innocent et n'avait aucun antécédent judiciaire ni en Algérie ni en France. Et même la perquisition du domicile menée par les policiers n'a permis de trouver aucune substance prohibée », explique notre interlocuteur qui précise que « l'enquête est toujours en cours et le rapport de la médecine légale n'a toujours pas été remis à notre avocat. Certes, deux policiers, qui accompagnaient mon jeune frère durant la perquisition, ont été suspendus temporairement de leurs postes jusqu'à achèvement de l'enquête, mais jusqu'à maintenant on n'a reçu aucune information sur les circonstances exactes du décès ». Il était environ 16h30, quand la famille Semmoudi a pu réceptionner le cercueil de son jeune enfant. Il y avait également trois autres cercueils de ressortissants algériens rapatriés sur le même vol. Le cercueil contenant la dépouille de Reda a été transporté par les proches dans un fourgon avant de se diriger directement vers la localité d'El-Maleh, dans la wilaya de Aïn Témouchent, où le défunt a été enterré en présence de ses proches. Il est à rappeler que le jeune Semmoudi Reda est mort défenestré le 8 janvier dernier à l'âge de 30 ans du neuvième étage d'un immeuble de Noisy-le-Sec, alors qu'il était accompagné par des policiers pour une perquisition dans son domicile. Il avait été arrêté la veille par des policiers à Paris « sous une fausse identité » pour son implication présumée dans un trafic de Subutex, un produit de substitution à l'héroïne avant d'être placé en garde à vue, selon la police française. Selon les premiers éléments de l'enquête menée par l'IGS, la victime, qui était menottée dans le dos, et escortée par la police aurait échappé à la vigilance des policiers avant de sauter dans le vide. Cette version des faits est complètement rejetée par la famille de la victime qui entretient de sérieux doutes sur les circonstances exactes du décès de leur enfant. La famille Semmoudi, qui accuse ouvertement la police française d'être à l'origine du décès de leur enfant, a déposé une plainte devant le parquet de Paris et exige l'ouverture d'une enquête sérieuse sur les circonstances exactes qui ont accompagné la mort du jeune Reda. Selon la famille Semmoudi, le jeune Reda était de faible constitution physique et en outre, il était menotté dans le dos et de ce fait, il ne pouvait échapper à la vigilance des policiers qui l'escortaient pour se jeter dans le vide. Le jeune Reda résidait en France depuis 2001. La victime qui avait deux frères et deux soeurs en France et un autre frère en Grande-Bretagne résidant de façon régulière ne s'était jamais plainte de problèmes financiers, soutiennent ses proches. Et d'ajouter que toutes les dépositions des témoins oculaires précisent que la victime était menottée dans le dos au moment de sa chute et de ce fait, elle ne pouvait pas ouvrir toute seule la fenêtre et se jeter dans le vide. « Les témoins oculaires sont unanimes à dire que la victime n'a pas crié durant sa chute. Il n'a même pas bougé après », relate la jeune soeur de la victime. Autre fait troublant dans cette affaire, la victime a été trouvée pieds nus. Selon les premiers éléments de l'enquête, il aurait perdu ses chaussures durant la chute.
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