Alger - Revue de Presse

Le Conseil français des investisseurs en Afrique dévoile les contours économiques de l’UPM



Le co-développement au lieu du libre-échange Invité, hier, au forum d’El Moudjahid, en compagnie du président du Conseil consultatif de la PME, Zaïm Bensaci, le représentant du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) plaide pour une stratégie de co-développement laquelle, selon lui, «va se substituer à la stratégie de libre-échange adoptée par le défunt Processus de Barcelone». Le porte-parole de l’or-ganisme patronal du secteur privé français met par ailleurs en exergue l’importance de la PME qui, d’après lui, «est au cœur des relations franco-algériennes». Pour le représentant du CIAN, «il ne faut pas qu’on se trompe de combat et passer notre temps à s’incriminer, alors que ce sont les entreprises qui sont au cœur de la Méditerranée». A ce propos, le responsable du CIAN reconnaît que le Processus de Barcelone a été un échec sur le plan économique, l’écart de développement ayant été multiplié par quatre entre les pays de la rive Nord et ceux du Sud. A moins d’un mois du sommet de l’Union pour la Méditerranée (UPM), prévu le 13 juillet prochain à Paris, le représentant de l’association des investisseurs en Afrique a invité les sociétés françaises à être plus offensives dans le marché algérien, étant donné que ceux-ci «ont accumulé beaucoup d’expériences dans des pays autrement plus difficiles que l’Algérie». Pour le représentant de la CIAN, «les PME dans la future UPM n’ont pas besoin d’un secrétariat mais plutôt d’un organisme consultatif en fonction des intérêts des uns et des autres, qui aura à définir filière par filière. Il incombe ensuite à l’Agence méditerranéenne des PME de les accompagner dans leurs démarches avec des mécanismes de financement à long terme et de garantie des investissements». La proposition de la création d’une agence méditerranéenne a été, selon Zaïm Bensaci, président du Conseil consultatif de la PME algérienne, avancée par les Espagnols et les Italiens. Revenant sur le dernier événement «Planète PME Méditerranée», tenu le 3 juin à Marseille, ce dernier a estimé que «cette manifestation, axée sur la thématique de la Méditerranée, a été présentée par les organisateurs comme le prélude, ou encore la préfiguration économique du prochain sommet des chefs d’Etat de l’UPM». Sauf que l’Algérie reste encore dubitative sur le projet. Portant la voix de l’Algérie à cette manifestation, qui a drainé plus de 6.000 visiteurs, la délégation algérienne, conduite par le président du Conseil consultatif pour la promotion des PME, a mis l’accent sur la nécessité de construire un projet de croissance fondé sur le partage de la technologie, le partenariat, la co-traitance ainsi que la délocalisation des entreprises des pays de la rive Nord de la Méditerranée. Pour les PME algériennes, c’est «la croix et la bannière» Le représentant algérien a eu à exprimer aussi une certaine réciprocité en matière d’investissements au sein du projet de l’UPM. «L’Algérie, selon lui, a apporté une contribution substantielle au partenariat Euromed, notamment dans le domaine énergétique ; elle attend, en retour, un partenariat agissant comme levier de croissance pour ses entreprises. D’autant plus que l’Algérie a été partie prenante de toutes les initiatives visant à faire des espaces dans lesquels elle évolue des espaces de paix, de sécurité et de prospérité, pour reprendre les objectifs de la déclaration de Barcelone». Toutefois, M. Bensaci ne comprend pas pourquoi les intervenants français à cette manifestation ont longuement insisté sur «l’exemple marocain» pour démontrer que, lorsque la législation est favorable et claire, les investisseurs français viennent avec d’importants projets. Selon lui, le projet Renault au Maroc a été à cet égard plusieurs fois cité. «On avait parfois l’impression que le Maroc était montré en modèle, même si, quasiment, tous les intervenants ont mentionné l’importance du marché algérien». La réponse de Monsieur PME algériennes a été claire à plus d’un titre: «Le marché algérien n’est pas la chasse gardée des entreprises françaises». Et d’ajouter, avec une note de regret, que «les PME françaises n’investissent pas assez en Algérie et semblent cracher sur le gâteau». «Jusqu’au jour d’aujourd’hui, ajoutera-t-il, on n’a pas eu le retour souhaité en matière d’investissements alors que la PME algérienne a besoin d’être reconsidérée». Le président du Conseil français des investisseurs en Afrique, lui, a répondu que «le marché proposé dans le Processus de Barcelone a été dupe. En plus, la mise à niveau ne se fait pas avec des bureaux d’études et des consultants mais avec des relations entre industriels». C’est pourquoi, il plaidera «pour un co-développement qui aura à instaurer une égalité entre les partenaires du Nord et du Sud». Les intervenants, pour la plupart des exportateurs ayant pris part à la manifestation de Marseille, ont relevé, entre autres, les contraintes liées à l’informel et à la contrefaçon. D’autres intervenants, plus critiques, estiment que pour les PME en Algérie c’est, depuis des années, «la croix et la bannière, asphyxiées par un système d’imposition fiscale où l’IBS et l’IRG sont taxées deux fois sur la même assiette». S’y ajoutent, toujours selon eux, «les pesanteurs bureaucratiques liées à l’environnement administratif et institutionnel». Il s’agit avant tout, concluent-ils, «de balayer devant sa porte et de donner la place qu’il faut à la PME, pourvoyeuse de richesses et d’emplois et à la base de toute structure économique. » Abed Tilioua
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