Il s'agit de bien
poser les problèmes afin de ne pas se tromper de cibles stratégiques. La
question centrale objet de notre problématique : quel est le fondement du
pouvoir en Algérie objet de cette contribution, résultante d'enquêtes sur le
terrain, posant la problématique de la démocratisation de la gestion de la
rente des hydrocarbures, liée au pouvoir économique et politique en Algérie
depuis l'indépendance à nos jours.
1ère partie
Aussi tous les
questionnements que la presse internationale, nationale, les recherches
académiques et diplomatiques sur le pouvoir en Algérie ne peuvent être compris
sans l'analyse de ce secteur.
LA SITUATION
ACTUELLE DE SONATRACH
Le management
d'entreprise est inséparable de la gouvernance interne d'un pays lui-même
inséparable des mutations mondiales et de la politique économique interne
devant donc éviter d'isoler la micro-gouvernance de la macro-gouvernance qui
sont inextricablement liées. La situation actuelle rend de plus en plus urgent
le management stratégique et une transparence de la gestion de Sonatrach devant
reposer pour toute démarche scientifique et opératoire du général au particulier,
afin de saisir les interactions et pouvoir procéder à des actions par touches
successives.
Rendre plus
efficiente Sonatrach suppose plusieurs actions stratégiques : la replacer dans
le contexte international et national ; un système d'organisation au temps réel
se fondant sur des réseaux et non plus sur l'actuelle organisation marquée
essentiellement sur une vision hiérarchique, des centres de coûts transparents
incluant la gestion du partenariat ; une gestion rationnelle des ressources
humaines et élément essentiel du management stratégique impliquer les cadres et
être à l'écoute du collectif des travailleurs par un dialogue constructif
permanent. L'ensemble de ces actions renvoie en fait à l'instauration de l'Etat
de droit et de l'urgence d'une gouvernance renouvelée. Comme démontré tout au
cours de cette analyse opérationnelle, Sonatrach s'assimile pour l'instant à
toute l'économie algérienne exportant pour 98% et important à plus de 75% de
nos besoins. La sécurité du pays étant posée, cela implique l'urgence de la
volonté politique d'amorcer une production et exportation hors hydrocarbures
loin de la logique rentière, supposant un réaménagement profond de la logique
du pouvoir. Premièrement quelle est la situation de Sonatrach?
Créée le 31 décembre 1963, la Sonatrach a vu
ses statuts modifiés à trois reprises par décrets présidentiels, dont le
dernier a été pris le 11 février 1998 avec pour souci de mettre en adéquation
les statuts de la Sonatrach (sociétés par actions) suite à la création, en avril
1995, du Conseil national de l'énergie. Le chapitre III du décret du 11 février
1998 consacré à «l'organisation et au fonctionnement des organes» la dote de
trois organes : l'assemblée générale, le conseil d'administration et
l'exécutif. Par ailleurs, un décret présidentiel en date du 13 septembre 2000
apporte une légère modification au décret portant statuts de la Sonatrach,
concernant exclusivement les aliénas 2 et 5 de l'article 11, qui stipule que
«les vice-présidents et les directeurs généraux adjoints sont nommés par décret
présidentiel» au même titre que le président-directeur général de la compagnie.
Au niveau des prérogatives, ce n'est plus à Sonatrach d'octroyer les périmètres
d'exploitation selon la nouvelle loi sur les hydrocarbures du 28 avril 2005
amendée par l'ordonnance du 29 juillet 2006 mais à une agence dépendante du
ministère de l'Energie Alnaft, entretenant donc des relations fonctionnelles
avec cette structure autant qu'avec une autre agence, l'autorité de régulation
chargée de suivre les mécanismes des prix. La nouvelle loi a fixé à au moins
51% la part de Sonatrach sur les périmètres octroyés par Alnaft et moins de 49%
aux compagnies pétrolières. Mais le partenariat a toujours existé même du temps
du socialisme des années 1970. Car il y a lieu d'éviter la vision
essentiellement négative car cette association a permis de redynamiser la
production pétrolière et gazière en chute libre d'où les amendements des années
1990 qui en fait étendaient la loi de 1986 à un large partenariat avec les
compagnies internationales. Aussi, en nous tenant à l'organisation actuelle du
secteur des hydrocarbures, il y a lieu de distinguer plusieurs structures
opérationnelles:
a- Le Conseil
national de l'énergie
Il a été créé par décret présidentiel le 19
avril 1995, qui dans son article 6 stipule que «le Conseil se réunit
périodiquement sur convocation de son président», le président de la République
dont le secrétariat (article 5) est assuré par le ministre de l'Energie et
composé des ministres dits de souveraineté (Défense nationale, Affaires
étrangères, Energie et Finances), du gouverneur de la Banque d'Algérie et du
délégué à la planification. L'article 6 stipule que «le Conseil national de
l'énergie est chargé d'assurer le suivi et l'évaluation de la politique
énergétique nationale à long terme, notamment de la mise en Å“uvre d'un plan à
long terme destiné à garantir l'avenir énergétique du pays; d'un modèle de
consommation énergétique en fonction des ressources énergétiques nationales,
des engagements extérieurs et des objectifs stratégiques à long terme du pays ;
de la préservation des réserves stratégiques du pays en matière d'énergie; des
stratégies à long terme de renouvellement et de développement des réserves
nationales en hydrocarbures et leur valorisation ; de l'introduction et du
développement des énergies renouvelables ; des schémas d'alliances stratégiques
avec les partenaires étrangers intervenant dans le secteur de l'énergie et des
engagements commerciaux à long terme».
b.-L'Assemblée
générale
Elle est composée du ministre de l'Energie et
des Mines -du ministre des Finances - du gouverneur de la Banque d'Algérie - du
délégué à la Planification - d'un représentant de la présidence de la
République. L'article 9.3 précise que l'assemblée générale est tenue de se
réunir «au moins deux fois par an en session ordinaire» et en «session
extraordinaire à l'initiative de son président ou à la demande d'au moins trois
de ses membres, du ou des commissaires aux comptes ou du président-directeur
général de la Sonatrach». Au terme de chaque session, l'assemblée générale est
tenue d'adresser son rapport au président du Conseil national de l'énergie qui
est le président de la République.
c.- Le Conseil
d'administration
Il est composé du président-directeur général
de Sonatrach - du président-directeur général de Sonelgaz - du vice-président
Amont - du vice-président Aval - du vice-président transport par canalisation -
du vice-président de la commercialisation - du directeur général des
hydrocarbures du Ministère - un autre représentant du Ministère - de deux
représentants du syndicat de Sonatrach.
d.- Le Comité
exécutif
Il est composé qui est la véritable cheville
ouvrière de Sonatrach du président-directeur général de Sonatrach - du
secrétaire général de Sonatrach - des vice-présidents Amont, Aval, canalisation
et commercialisation - du directeur exécutif des finances - du directeur
exécutif des ressources humaines - du directeur exécutif des activités
centrales (DAG) - du directeur stratégie, planification- économie- du directeur
exécutif santé, sécurité, environnement. Des holdings sont annexés aux
vice-présidents dont pour l'amont il lui est rattaché le holding services
pétroliers et parapétroliers, pour l'aval, le holding raffinage, chimie
hydrocarbures (exemple Naftec), pour le transport il lui est rattaché
canalisation le holding et participation et enfin pour la commercialisation le
holding Sonatrach, il lui est rattaché le holding Sonatrach/valorisation des
hydrocarbures (exemple Naftal). Au niveau international, le Groupe Sonatrach a
mis en place un système de réorganisation de ses activités par le regroupement
des compagnies filiales à l'étranger autour d'un Holding international
(S.I.H.C) créé en juillet 1999 qui opère actuellement dans différents pays tels
que : le Yémen, Pérou, Venezuela et Espagne, Sipex une filiale de Sonatrach
présente dans plusieurs pays d'Afrique notamment au Mali, en Mauritanie, en
Egypte, en Libye et au Niger. C'est une organisation qui combine à la fois
l'organisation hiérarchique et l'organisation divisionnelle ce qui ne lui
acquiert pas la souplesse de ses concurrents au niveau international sans
compter la rigidité du système bancaire et surtout les interférences politiques
ce qui est propre à toute entreprise publique même dans les pays développés où
comme en France les PDG des grandes compagnies publiques sont nommés par le
président de la République en Conseil des ministres mais à la différence
notable qu'il est lié à un contrat de performance avec l'Etat actionnaire ce qui
n'est pas le cas, souvent, pour notre pays, la loi sur l'autonomie des
entreprises publiques de 1990 ayant peu d'application. Cela est d'autant plus
vrai pour l'Algérie avec le retour depuis la loi de finances complémentaire
2009 à une économie administrée qui touche toutes les entreprises confondant
Etat régulateur en économie de marché pouvant détenir des minorités de blocage
pour certains segments jugés stratégiques, cette notion étant historiquement
date. La faiblesse de la performance économique ne saurait s'expliquer par la
seule crise mondiale, les raisons essentielles étant le système bureaucratique
sclérosant et le manque de visibilité dans la démarche de la politique
économique à travers une instabilité juridique perpétuelle, la rente permettant
une croissance du PIB, un taux de chômage en baisse et une stabilité sociale
artificiels. Ainsi, Sonatrach s'assimile pour l'instant à toute l'économie
algérienne exportant pour 98% et important à plus de 75% de nos besoins, étant
la plus importante société algérienne, qui emploie plus de 50.000 salariés et
avec ses filiales 125.000 personnes. Elle représente 45% du produit intérieur
brut évalué à 160 milliards de dollars en 2009 selon le FMI, mais en réalité
avec les effets indirects de plus de 80% (le bâtiment travaux publics,
hydraulique et bon nombre d'autres secteurs étant tirés par la dépense publique
via les hydrocarbures) soit plus de 110 milliards de dollars. Le groupe au
niveau intérieur est donc le véritable moteur de l'économie algérienne, un fournisseur
essentiel de revenus d'exportations, de revenus fiscaux, d'emplois. Cela se
vérifie sur le plan du financement de l'économie.
En effet, concernant les perspectives de
financement, un dollar équivalant à 75 dinars contre 64 en 2008, les prix du pétrole
brut étant passés, en moyenne annuelle, à 61,5 dollars le baril en 2009 contre
99,2 dollars le baril en 2008, les exportations de l'année 2009 s'élèvent à
44,3 milliards de dollars contre 76,9 milliards de dollars en 2008, les
produits ayant été de 4 239 milliards de dinars contre 9 095 milliards de
dinars en 2008, marquant une baisse de 53% selon Sonatrach dans son rapport
financier 2009 diffusé officiellement fin juillet 2010, les produits de
l'exercice 2008 comprenant en plus des produits propres à l'année, la
régularisation des fiscalités pétrolières des années 2006 et 2007. Par rapport
aux produits propres à l'année 2008, les produits de l'exercice 2009 ont marqué
une diminution de 27% soit 1 580 milliards de dinars, due essentiellement à
l'effet combiné de la baisse des quantités vendues et du prix du baril, cette
baisse du point de vue des recettes fiscales évaluées en dinars ayant été
légèrement atténuée par la parité dinars/dollars US. La part des associés est
passée de 4,2 milliards de dollars en 2008 à 3,9 milliards de dollars en 2009,
marquant une baisse de 6% en liaison avec l'effet combiné de la baisse des
quantités vendues et du prix du baril et la taxe sur les profits exceptionnels
(TPE), prélevée sur les droits des associés et reversée au Trésor public, s'est
élevée à 1,2 milliard de dollars US. La rémunération brute des associés,
constituant le profit-oil, est passée à 407 milliards de dinars en 2009 contre
516 milliards de dinars en 2008, marquant une baisse de 21%. Le résultat net de
l'exercice 2009 s'est établi à 284 milliards de dinars, en baisse de 52% par
rapport au résultat de 2008. Aux recettes de Sonatrach, il faut ajouter la
somme modique de 2 milliards de dollars hors hydrocarbures, et soustraire
l'autofinancement de Sonatrach qui selon les responsables ne subira pas de
changement évalué à 63 milliards de dollars entre 2010/2014, montant auquel il
faut ajouter les investissements souhaitables pour éviter une très grave crise
de Sonelgaz pour environ 15 milliards pour la même période, au total 78
milliards donc une moyenne annuelle de plus de 19 milliards de dollars par an,
soit près de 50% des recettes de Sonatrach sous réserves qu'il n'y aura pas de
réévaluation des projets. Il restera pour les autres secteurs de l'économie 45
milliards de dollars au cours du baril en moyenne de 70 dollars à prix
constants moins 19 milliards de dollars soit 26 milliards de dollars. Sans
compter la baisse du quota OPEP où le manque à gagner selon les responsables du
secteur est d'environ 5 milliards de dollars par an, avec le prix actuel du
baril et du prix de cession du gaz, la capacité financière est d'autant plus
réduite, l'Algérie ayant réalisé d'importants investissements gaziers alors que
comme analysé précédemment le prix du gaz naturel a chuté de moitié au niveau
mondial.
Ainsi, l'Algérie pourrait faire face à une
crise interne de financement dans les huit prochaines années, si le prix
international se maintient à son niveau actuel ainsi que les actuelles
prévisions d'exportation et de consommation intérieure. Ce d'autant plus
qu'après les nouvelles mesures gouvernementales de limitation de
l'investissement étranger dont la modification de la loi des hydrocarbures
limitant à moins de 49% l'apport étranger tant à l'amont, l'aval, que dans le
transport par canalisation, il y a eu une nette diminution des investissements
étrangers dans ce secteur qui requiert des technologies de pointe. C'est que
ces mesures pouvaient se justifier en partie pour l'amont (l'essentiel de la
rente actuelle), mais pas pour l'aval et les canalisations dont les coûts sont
élevés et la rentabilité financière beaucoup plus faible ce qui explique que
pour l'avenir, Sonatrach devra puiser sur ses fonds propres, les étrangers se
limitant à la construction sans prendre de risques ne devant pas attirer de
véritables partenaires étrangers dans ces segments en étant majoritaire dans le
capital social. C'est que les produits semi-finis et finis pétrochimiques sont
soumis à une rude concurrence au niveau mondial et les segments contrôlés au
niveau mondial par quelques firmes (marché oligopolistique), l'Algérie n'ayant
pas par ailleurs investi à temps dans ces filières contrairement à bon nombre
de pays du Golfe, les parts de marché au niveau mondial sont déjà prises sans
compter que l'amortissement a été largement effectué pour ces pays réduisant
substantiellement leurs coûts contrairement à l'Algérie qui aura fort à faire
pour avoir un prix compétitif du fait de la lourdeur des coûts d'amortissements
de départ. Aussi la question stratégique qui se pose est la suivante : avec
l'hémorragie de ses cadres (882 experts et ingénieurs auraient quitté Sonatrach
entre 2001/2009 selon un rapport interne à Sonatrach ce qui a amené le Groupe à
confier la charge des puits à des sociétés étrangères), la Sonatrach a-t-elle
les capacités de faire des découvertes intéressantes rentables financièrement,
une prospection coûtant et lorsque la rentabilité n'étant pas assurée, ce sont
des fonds perdus? Sonatrach a-t-elle les capacités d'investir seule sans un bon
partenariat sans le partage des risques à l'aval sans être assurée de la
commercialisation sachant que pour diminuer les coûts, il faut une grande
capacité des installations et que le marché intérieur est limité? Quelle est la
rentabilité financière des investissements de Sonatrach à l'étranger tant dans
sa participation que dans des fonds d'investissement qu'elle aurait réalisé?
Quelle est la rentabilité, Sonatrach s'étant fortement dispersé depuis 2000,
devenant un Etat dans un Etat s'étant éloigné de ses métiers de base, faisant
double emploi avec les départements ministériels, dans l'aviation, dans la
construction et dans les unités de dessalement de l'eau de mer. Sonatrach doit
revenir à ses métiers de base.
SONATRACH ET
L'ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL
Qu'en est-il de
la place de Sonatrach dans le commerce mondial? Selon le classement du
Petroleum Intelligence Weekly (PIVV) dans son rapport de décembre 2008, mais il
semble que ce rapport soit dépassé, Sonatrach est la 13ème compagnie mondiale
(12ème en 2007), ce classement associant les compagnies internationales privées
et les sociétés nationales autour de quatre critères (les réserves de pétrole
et de gaz, la production de pétrole et de gaz, la capacité de raffinage et les
ventes de produits pétroliers), Sonatrach étant classée 7ème groupe mondial par
la taille de ses actifs, 13ème pour le bénéfice net, 22ème pour le chiffre
d'affaires et 25ème pour le nombre d'emplois. Avec environ une production de
1,4 million de barils jour dont 1,2 million barils/jour d'exportation, c'est la
première compagnie en Afrique, maintenant un très net écart avec ses deux
poursuivants sur le podium 2010 des 500 premières entreprises africaines:
l'angolaise Sonagol et la sud-africaine Sasol, selon une enquête récente de
Jeune Afrique (numéro spécial décembre 2009) sur le top 500. Au niveau local,
Sonatrach est suivie de Naftal (34), Naftec (61), Sonelgaz (72), Algérie
Télécom (143), Air Algérie (153), Cosider (165), ENTP (266), l'entreprise
nationale de géophysique (394), Cevital (69), OTA (67), Wataniya (225).
Sonatrach est également le 2e exportateur de GNL et de GPL et le 3e exportateur
de gaz naturel (GN) notamment à travers ses réseaux Medgaz (Europe via Espagne)
et Galsi (Europe via Italie) devant passer de 62 en 2009 à 85 milliards de
mètres cubes gazeux horizon 2012 (alors que les exportations en 2009/2010 sont
en baisse et se pose la question si les objectifs sont réalistes) ayant des
activités diversifiées touchant toute la chaîne de production : exploration,
exploitation, transport, raffinage. En effet, il y a urgence de confirmer ou
non les informations de la revue internationale Petroleum Economist, d'octobre
2010 qu'en dix ans, les exportations de GNL seraient passées de 12 à 6% du
total des échanges mondiaux de ce gaz, alors que sur la même période le volume
des échanges de gaz dans le monde s'est développé de 8,1%, et que les
exportations algériennes ont baissé de 11% où l'Algérie perd de plus en plus
des parts de marché ? En effet, selon Petroleum Economist, l'Algérie a perdu
deux marchés de fourniture de pipeline, en Italie, la Libye ayant bénéficié aux
dépens de Sonatrach du pipeline Greenstream en Sicile, la Norvège qui a
commencé à fournir l'Italie depuis ses terminaux continentaux en 2001, les Pays-Bas
ayant vu leurs échanges avec l'Italie s'allonger et pis encore, le client
traditionnel de l'Algérie, à savoir l'Espagne, du fait des différends
commerciaux, la Russie, le Nigeria, l'Egypte et le Qatar ont tous vu leurs
positions se renforcer malgré leur situation géographique et logistique
beaucoup moins favorable que celle de l'Algérie débouché du GNL Algérie, de gaz
algérien représentent en 2009 un tiers des recettes de Sonatrach et n'ont pas
dépassé 54,5 milliards de m3 en 2009, fort loin de l'objectif de 85 milliards
de m3 pour 2012.
La concurrence du
marché spot et des retards dans certains projets dont celui Gassi Touil, qui
devait entrer en production justement en 2009, expliqueraient le recul de 2009
selon le site www.maghrebemergent, citant le site de Sonatrach et des
responsables du secteur, alors que le rythme des exportations annuelles de gaz
naturel tournait autour des 64 milliards de m3 par an, depuis 3 ans, en
attendant l'entrée en production de nouveaux gisements gaziers. L'objectif pour
2009 était d'exporter 65 milliards de m3. Par ailleurs, les acheteurs,
principalement les Italiens, les Espagnols et les Français - plus de 60% des
quantités engagées - n'ont recouru qu'à l'enlèvement minimal des volumes
contractuels à un prix moyen indexé sur le prix du brut, situé entre 7 et 10
dollars le million de BTU durant l'année. Le reste des approvisionnements a été
réalisé par les clients de Sonatrach sur les marchés spot où le gaz naturel –
cargaisons GNL – était cédé à moins de 5 dollars le million de Btu en moyenne
sur le second semestre 2009, la crise mondiale ayant entraîné une baisse des
enlèvements de gaz naturel par les Italiens, les Espagnols et les Français, de
plus de 60% des quantités engagées contractuellement. Donc, il existe des
incertitudes sur le niveau des réserves des hydrocarbures rentables en Algérie
à l'horizon 2020 dont une baisse des recettes en 2009 de plus de 40% par
rapport à 2008, ce qui ne pourra qu'influencer le financement futur de
l'économie nationale.
Sonatrach est l'Algérie et l'Algérie est
Sonatrach et sa gestion et son image se répercute directement sur l'ensemble de
la société algérienne, d'où l'importance de tracer des pistes d'action.
Malheureusement, depuis 2000, Sonatrach est sortie de ses métiers de base
malgré la faiblesse de ses ressources humaines et surtout faisant double emploi
avec d'autres départements ministériels notamment dans le dessalement d'eau de
mer, récemment dans la production du ciment, l'aviation et projetant de fonder
des banques, cette dispersion à vouloir faire tout à la fois grâce à des
ressources financières qui sont la propriété de la Nation, a nui d'ailleurs à
son management global stratégique
Sur le plan des
résultats financiers, faute d'une clarté dans la gouvernance de Sonatrach, on
ne discerne pas nettement ce qui est imputable à une bonne gestion interne et
ce qui est imputable aux aléas internationaux qui sont déterminants. C'est que
la croissance ou pas de l'économie mondiale joue comme un vecteur essentiel
dans l'accroissement ou la diminution des recettes de Sonatrach. Pour preuve,
les impacts de la crise récente d'octobre 2008 , non encore terminée dont les
ondes de choc se font toujours sentir (semi-faillite récente d'Abou Dhabi, et
de la crise grecque qui risque de s'étendre à d'autres pays européens plus
fragiles et à l'ensemble du monde du fait des interdépendances accrues des
économies) et en cas d'une non maîtrise de la dépense publique à une
hyperinflation mondiale, ne s'étant pas attaqué à l'essence des deux
fondamentaux de la crise à savoir la dominance de la sphère financière sur la
sphère réelle et les distorsions entre les profits spéculatifs en hausse et les
salaires réels en baisse, en fait au fondement du système économique mondial
dont la dominance du dollar. Et c'est pourquoi il faut être attentif à son
évolution. A titre de rappel, les décisions prises par l'OPEP, lors des
dernières réunions, de baisser sa production de pétrole de 4,2 millions de
barils jours depuis le début de l'année 2008 (occasionnant par là un manque à
gagner pour l'Algérie d'environ 5 milliards de dollars), ont certes réussi à stabiliser
les cours mais il faut éviter l'utopie, le facteur essentiel d'une hausse des
cours étant la croissance de l'économie mondiale. L'histoire pétrolière
mondiale nous enseigne que si en temps normal les interventions de l'OPEP pour
maintenir les cours connaissent un certain succès, ce n'est pas le cas en temps
de crise où les phénomènes spéculatifs prennent de l'ampleur, le cours ne
reflétant pas toujours l'état de la sphère réelle. Par ailleurs si les pays
membres de l'OPEP ont plus de 60% des réserves mondiales localisées surtout au
Moyen-Orient expliquant les tensions géopolitiques dans cette région, l'autre
facteur est que les plus grands pays producteurs depuis 10 ans ne sont pas ceux
de l'OPEP ne commercialisent sur le marché mondial en moyenne depuis la
réduction moins de 40%, plus de 60% se faisant hors OPEP. Et avec ces baisses
successives, sous réserves du respect des quotas, ce qui n'est pas évident, il
est à craindre des pertes de part de marché allant vers moins de 30/35% au
profit notamment des pays hors OPEP qui combleront la différence dont notamment
la Russie est devenue depuis juillet 2009, profitant de cette réduction des
pays de l'OPEP, le premier exportateur mondial de pétrole avant l'Arabie
Saoudite et surtout l'Irak, actuellement hors OPEP, deuxième exportateur
mondial après l'Arabie Saoudite qui vient de signer courant 2009 d'importants
contrats de prospection avec les compagnies internationales.
Aussi, l'analyse
du fonctionnement de Sonatrach ne peut se comprendre sans la replacer à la fois
dans la nouvelle configuration de la stratégie énergétique mondiale, tenant
compte des coûts, pouvant découvrir des milliers de gisements mais non
rentables financièrement ces recherches ayant occasionné des coûts entre-temps
non amortis, du nouveau défi écologique avec un changement notable du modèle de
consommation énergétique qui se dessine entre 2015/2020 comme en témoignent des
centaines de milliards de dollars consacrés aux énergies renouvelables aux USA
(programme du président Barack Obama de plus de 200 milliards de dollars US),
en Chine et en Europe gros consommateurs de gaz sans compter le projet Desertec
Industrial Initiative (initiative industrielle Desertec de plus de 500
milliards de dollars US) axé sur le solaire et le regain pour l'énergie
nucléaire à l'initiative de la France. Il faut faire confiance au génie humain,
les nouvelles découvertes technologiques pouvant ouvrir d'autres perspectives
que les énergies traditionnelles car les estimations internationales 2009 selon
les vecteurs prix/coûts donnent pour la fin des réserves les dates suivantes :
pétrole- 2047, gaz- 2068/2078 (grâce au gaz non conventionnel le recul est de
plusieurs décennies) et le charbon 2140/2220 (deux hypothèses entre 130 et 200
ans), les techniques du recyclage du CO2 étant mises au point. Pour le gaz,
nous savons qu'en moyenne, le prix de cession du moins par le passé avant la
révolution pour le gaz non conventionnel, tenant compte bien entendu des
fluctuations du dollar monnaie de référence, était environ 1/10 du prix du
pétrole malgré de lourds investissements encore qu'existent des différences de
prix mais avec un écart faible, fonction des zones géographiques et des
modalités de contrat, le prix de cession était indexé sur celui du pétrole.
Pourtant, l'expérience historique a montré que cette formule d'indexation pose
problème, n'ayant pas toujours eu une proportionnalité : pour preuve au moment
où le prix du pétrole dépassait 100 dollars, le prix du Mbtu (ndlr : le Mbtu
«million d'unités thermales britanniques» égal à 27,6 mètres cubes), n'a jamais
approché 10 dollars et pour l'année 2010 selon l'AIE, un cours du pétrole
fluctuant entre 75/80 dollars et le prix de cession du gaz varie entre 4 et 6
dollars. Selon les études du ministère de l'Energie, « le prix équitable du gaz
est de 14 dollars le Mbtu. Il faut diviser le prix du baril de pétrole,
actuellement autour de 80 dollars, par six, cela donne 13-14 dollars par Mbtu,
ce qui serait équitable ». Cela est important pour l'Algérie puisque le gaz brut
(GN et GNL) représente environ un tiers (1/3) de la valeur en devises de ses
exportations, et beaucoup plus à l'avenir puisque pour le pétrole ayant moins
de 1% des réserves mondiales allant, à moins d'un miracle, vers l'épuisement
dans moins de 18 ans. Cette analyse de l'épuisement des réserves de pétrole
pour l'Algérie dans 16 ans déjà évoquée par la revue BP dans son éditorial
annuel de 2008, est développée par le directeur de la revue pétrole et gaz
arabes Nicolas Sarkis dans une interview du 05 février 2010 au quotidien
algérien El Khabar, je le cite : « l'Algérie n'a pas joué la prudence dans
l'exploitation de ses richesses : Non seulement la dépendance aux hydrocarbures
a augmenté de 70% dans les années 1970 à 98% aujourd'hui, la production actuelle,
estimée à 1,4 million de barils/jour, demeure élevée. C'est une erreur que de
penser à gagner beaucoup d'argent en un temps réduit en épuisant les réserves,
notamment dans la conjoncture actuelle, les réserves de Hassi Messaoud
s'amenuisant et que les nouvelles découvertes ne font que couvrir cette
faiblesse pour un temps. Avec le maintien de sa dépendance aux hydrocarbures,
l'Algérie peut se réveiller un jour sur une situation très douloureuse dans
moins de 20 ans pour le pétrole devenant importateur net ».
Si, l'Algérie est mieux dotée en gaz
représentant actuellement selon les statistiques internationales 3% des
réserves mondiales contre 1% pour le pétrole (4500 milliards de mètres cubes
gazeux estimation de la revue BP pour 2006/2007), il y a lieu de tenir compte
de la forte consommation intérieure, 85 milliards de mètres cubes gazeux
d'exportation et 70/75 milliards de mètres cubes gazeux de consommation
intérieure horizon 2015/2016 selon les estimations du Creg si tous les unités
programmés sont réalisées, le bas prix de cession favorisant également la forte
consommation (entreprises et ménages), expliquant le déficit structurel de
Sonelgaz, posant donc le problème du prix de cession intérieur largement
inférieur au vecteur prix international.
Il faudra donc
produire annuellement 160 milliards de mètres cubes gazeux horizon 2015/2016
donnant donc moins de 25 années de réserve en cas de non découvertes
substantielles car selon les experts en énergie, devant soustraire 10% des
gisements marginaux non rentables financièrement. C'est dans ce cadre que
l'Algérie a programmé d'importants investissements tant à travers les
canalisations (Medgaz et Galsi) que la construction de deux GNL (Skikda et
Arzew), les exportations devant tourner autour de 60% de GN et 40% de GNL
horizon 2014/2015. Pour ces investissements, au départ, il était prévu que
Sonatrach approvisionne la côte Est des Etats-Unis d'Amérique. Alors se pose
deux questions stratégiques liées : quelle sera la rentabilité financière tant
des canalisations GN des GNL et que de la réalisation d'une OPEP gaz permettant
de stabiliser les prix face à la concurrence du gaz non conventionnel et qu'il
était prévu horizon 2020 qu'il puisse prendre la relève du pétrole ? Pour
répondre à ces questions, il me semble qu'il est impossible, du moins à court
terme, de parler d'une OPEP gaz à l'image d'une OPEP de pétrole ce qui ne
signifie nullement qu'il ne faille pas favoriser les ententes entre les pays
producteurs sans négliger un dialogue permanent avec les pays consommateurs et
ce pour trois raisons. La première raison est que selon les statistiques
internationales de 2008/2010, le commerce mondial de gaz naturel est
essentiellement transporté par le biais du réseau de gazoducs, 72% contre 28%
pour le transport par tankers de GNL (gaz naturel liquéfié). En raison de la
faible proportion de gaz naturel échangée par rapport à la quantité produite,
il n'existe pas véritablement de marché global, mais des marchés régionaux, qui
possèdent des organisations, une maturité et des filières différentes. Certes,
contrairement au gaz naturel, le GNL permet le développement de la concurrence
sur des marchés traditionnellement tenus par des opérateurs historiques, de
s'affranchir des tensions géopolitiques, source de volatilité des prix, de
diversifier ses sources d'approvisionnement en atténuant la contrainte physique
en faveur d'une liberté de choix commercial, de sécuriser ses
approvisionnements en répartissant le risque sur un plus grand nombre de
producteurs, mais la production et le transport du GNL exigent d'importants
investissements ; la deuxième raison est que les contrats tant du gaz naturel
que du GNL sont dominés par les contrats à moyen et long terme y compris sur
des périodes allant de 20 à 25 ans de façon à offrir un approvisionnement
garanti de base, auquel peut s'ajouter un approvisionnement couvert par des
contrats à court terme, pour les périodes de forte demande. En effet, bien que
des contrats à moyen et à court terme (ou transaction au comptant) sont en train
d'apparaître : leur part du marché du GNL est passée de 1% en 1992 à 8% en 2002
et ont tendance à aller vers plus de 12/15% entre 2007/2010, encore que la
crise mondiale d'octobre 2008 a freiné cette tendance. D'où l'impossibilité
d'abaisser l'offre car les pays producteurs sont tenus de respecter les
contrats qui en principe sont non révisables au risque de pousser les pays
producteurs à aller vers le marché libre. La troisième raison est la nouvelle
donne depuis janvier 2009, la crise économique ayant provoqué des
bouleversements sur l'évolution des prix avec comme conséquence principale une
déconnexion prononcée entre les prix du gaz et les prix du pétrole, liée à la
progression de production de gaz non conventionnel aux Etats-Unis et à la
surabondance de l'offre de GNL. Et le repositionnement qui s'opère aux
Etats-Unis vers le gaz non conventionnel au détriment du GNL (les USA risquant
à l'horizon 2020 de devenir exportateur net de gaz, le Department of Energy
ayant revu à la baisse ses prévisions de demande de GNL de plus de 60% à
l'horizon 2020; d'où le gel voire l'abandon de plusieurs projets de
regazéification) va modifier la donne au plan mondial expliquant la baisse
vertigineuse du prix du gaz sur le marché libre spot d'environ 40% depuis janvier
2009 (fluctuant entre 4/5 dollars le MBU) qui risquent d'être rejoint par de
nombreux pays comme la Chine, la Russie comme en témoigne l'initiative récente
depuis janvier 2010 de la Russie de procéder au recyclage du gaz à partir du
charbon en Sibérie - idem pour la Chine. -La mise sur le marché de capacités
additionnelles de liquéfaction (57 Gm3) et de regazéification (260 Gm3) entre
2009 et 2013, ces surcapacités ne conduiront-ils pas à des taux d'utilisation
très faibles des terminaux d'importation GNL avec comme résultat dans les
prochaines années l'offre de GNL surpassant fortement la demande gazière
globale, avec pour conséquence une pression accrue sur les prix, qui, selon
Cedigaz, dans son rapport de décembre 2009 devrait reculer la mise sur le marché
d'une offre disponible supérieure de 100 Gm3 ces deux dernières années,
combinée à une forte réduction de la demande, rallongeant jusqu'à 2015-2016 la
période actuelle de bulle gazière. Mais un élément de taille, seuls les pays
possédant beaucoup de réserves d'eau peuvent utiliser ces nouvelles techniques
ce qui préfigure d'un bouleversement stratégique aux dépens des pays arides et
semi-arides comme l'Algérie et les pays du Moyen-Orient. Comme cette nouvelle
donne affaiblit les négociations des pays producteurs qui ont réalisé des
contrats à moyen et long terme pour le gaz conventionnel. Face à cette
situation, et en plus par la prise en compte de l'entrée croissante dans le
marché du gaz de nombreux pays en Afrique et en Amérique latine concernant le gaz
conventionnel, des accords récents entre le géant russe Gazprom et l'Espagne,
la France sans compter les nombreux projets de canalisation à travers le monde
notamment vers l'Asie et les Balkans, se pose alors tant pour les canalisations
(gaz naturel GN) que pour le gaz naturel liquéfié (GNL), la question de la
place de Sonatrach dans cet échiquier stratégique mondial, de la rentabilité
financière pour l'Algérie de la construction de deux GNL et des méthaniers,
sans compter celles existantes qui nécessitent un renouvellement pour asseoir
leurs rentabilités financières sachant que l'amortissement de l'investissement
durant une conjoncture normale est de 10 ans minimum. Avec le prix actuel du
gaz et certaines prévisions entre 2010/2015, il sera impossible de rentabiliser
ces installations de GNL dans des délais raisonnables.
Qu'en sera-t-il
du projet gazoduc Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP) surtout sa rentabilité
-devant relier le Nigeria à l'Europe- via l'Algérie, d'une longueur de 4.128
km, dont 1.037 km en territoire nigérian, 841 km au Niger et 2.310 km en
Algérie, d'une capacité de 20 à 30 milliards de m3/an destinés en majorité au
marché européen, où selon l'étude de faisabilité confiée à la société
britannique Penspen/IPA le projet pour se matérialiser coûtera plus de 13
milliards de dollars contre une prévision au départ de 7 milliards de dollars
ramenée par la suite à 10 milliards de dollars qui au départ, sous réserve de
la résolution de certains conflits frontaliers, devait permettre à l'Algérie de
concurrencer Gazprom et la Norvège pour passer horizon 2015 à 15% de
l'approvisionnement de l'Europe et surtout de la rentabilité des installations
algériennes tant du gaz naturel (par canalisation) que du gaz naturel liquéfié
(GNL) alors que la rentabilité du GN doit être environ de 8/9 dollars et celle
du GNL entre 11 et 14 dollars assistant à une déconnection du prix du gaz par
rapport à celui du pétrole ? Et ce d'autant plus que les perspectives du prix
de cession du marché du gaz restent incertaines. En effet, lors de la
conférence internationale tenue à Berlin le 21 mai 2010 ayant pour thème «
Dialogue énergétique: Russie-UE. Aspect gazier », le président de GDF Suez
Jean-François Cirelli, l'allemand E.ON Ruhrgas et le président de l'Union européenne
de l'industrie du gaz naturel (Eurogas) Domenico Dispenza ont estimé que les
accords à long terme sur la livraison de gaz à l'Europe doivent pouvoir subir
des modifications compte tenu de la conjoncture économique et demandé à Gazprom
de baisser le prix du gaz prévu par leur contrat à long terme ou de changer
certaines clauses dans les contrats.
Or, Gazprom, qui
indexait jusqu'ici ses prix sur ceux du pétrole, a accepté de vendre une partie
du gaz aux prix spot (à court terme) qui sont environ 25% inférieurs aux prix
des contrats à long terme lors des dernières visites du président russe tant à
Paris qu'à Madrid remettant donc en cause toutes les négociations de l'Algérie
qui demande un relèvement des prix de cession du gaz à l'Espagne et à Gaz de France
à juste titre puisque les prix sur les marchés organisés du gaz sont bas,
comparés aux prix des contrats à long terme, indexés, eux, sur le prix du
pétrole : moins de 4 dollars le million de BTU à New York, moins de 5 dollars
au Royaume-Uni, alors que le prix contractuel tourne autour de 11 dollars.
Cette situation géostratégique influence le prix de cession du gaz en tenant
compte bien entendu des fluctuations du dollar monnaie de référence, pour sa
rentabilité, investissement fortement capitalistique et à maturité lente
pouvant conduire à moyen terme si les perspectives de découvertes du gaz
conventionnel et non conventionnel (le seuil de rentabilité pour ce cas prévu
étant de 8 /9 dollars) à des coûts bas ne se réalisent pas, à une crise
énergétique mondiale en raison des freins à l'investissement. Ainsi s'impose un
nouveau management stratégique du ministère de l'Energie et des Mines et des
agences de régulation et surtout de prospectives stratégiques pour éviter des
erreurs dans le choix de investissements, la responsabilité gouvernementale
étant collective puisque tout choix d'investissement passe par le Conseil
national d'investissement présidé par le Premier ministre et composé de
plusieurs ministres, Sonatrach n'étant qu'une entreprise qui concrétise ces
choix stratégiques.
A suivre
* Expert
international, professeur d' Université, ancien conseiller et directeur
d'Etudes au Ministère Energie/Sonatrach 1974/1980-1990/1995-2000/2006
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Abderrahmane Mebtoul
Source : www.lequotidien-oran.com