Alger - Revue de Presse

La privation des biens pour lutter contre le blanchiment



L'expérience française en matière de lutte contre le blanchiment d'argentest durant deux jours (hier et aujourd'hui) au menu d'un séminaire de formationdestiné aux magistrats algériens spécialisés en la matière.Ainsi, deux juges français dispenseront à l'Ecole supérieure de lamagistrature, sise à El Biar, des communications qui traiteront du «blanchimentd'argent» et les «limites à l'action judiciaire». Charles Duchaine,vice-président en charge de l'instruction, et Marc Rivet, vice-procureur prèsle tribunal de grande instance de Marseille, animateurs de ce séminaire, disentqu'ils sont venus «en qualité de magistrats opérationnels» présenterl'expérience française dans le lutte contre le blanchiment d'argent. Marc Riveta expliqué que la France est en train de développer une réflexion qui est envoie d'achèvement pour lutter contre le blanchiment d'argent, estimant que lestextes existants ne suffisent pas sans les moyens logistiques pour lesappliquer. L'argent produit au moyend'infractions doit être retiré à son détenteur, a expliqué Me Rivet, ajoutantque c'est une démarche «redoutablement efficace» pour freiner et lutter contrece phénomène. Il a aussi estimé que leblanchiment d'argent est l'aboutissement du processus criminel organisé quirationalise le crime en lui donnant une dimension économique particulièrementcohérente, de même qu'il comporte un risque évident. «Nous voulons faire gagnerdu temps à l'Algérie en présentant notre expérience sur le terrain, lesinsuffisances de nos textes, les difficultés rencontrées lors de leurapplication et leurs failles, puisque la France a plus d'expérience dansl'application des lois de lutte contre le blanchiment d'argent», ont soulignéles deux magistrats. Si Me Rivet a dit que lalégislation algérienne en matière de lutte contre le blanchiment d'argent «estdifférente de l'actuelle législation française, mais très proche de celle d'ily a dix ans», Me Duchaine a, quant à lui, estimé qu'elle est «conforme auxnormes et exigences internationales». Il a évoqué également l'entraidejudiciaire «efficace» entre les pays de l'Union européenne (UE), regrettant«l'absence de possibilité de développer la même approche» entre son pays etl'Algérie, qui, a-t-il dit, se trouve plus proche de la France que certainspays de l'UE. Pour sa part, M. Athmane,procureur adjoint près la cour de Tizi Ouzou, a indiqué «qu'il ne suffit pas depunir le responsable du crime mais également le priver de ses richesses pouréviter le blanchiment d'argent». Ce juge a fait savoir au passage que «lesdernières mesures prises par l'Etat algérien pour lutter contre le phénomène deblanchiment d'argent constitue un arsenal juridique important pour faire face àce phénomène».
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