La salle de conférences de l'Assemblée populaire nationale a abrité hierun atelier sur le thème de la désertification animé par des parlementairesafricains. La rencontre inaugurée par le ministre de l'Environnement et del'Aménagement du territoire, M. Cherif Rahmani, a retenu plusieurs thèmes auprogramme se rapportant aux aspects de la désertification, les effets deschangements climatiques, la biodiversité et la stabilisation des écosystèmes,la fragilité des ressources naturelles... D'une durée de quatre jours, larencontre à laquelle prend part un représentant de la FAO ainsi que lesecrétaire exécutif de la Convention des Nations unies pour la lutte contre ladésertification, M. Arba Diallo, doit fournir des éléments de réponse à laproblématique de la lutte contre l'avancée du désert qui cause aux paysafricains une perte sèche de 9 milliards de dollars par an. Cherif Rahmani qui s'est expriméaussi, en plus de sa qualité de ministre de l'Environnement, en tant queporte-parole honoraire des Nations unies et président de la Fondation Désertsdu monde, a brossé un tableau inquiétant de la situation. Il mettra en avant lasituation sensible du continent africain dont les deux tiers de la surface sontdésertiques et arides. Selon lui, le programme de lutte contre ladésertification a connu des ratés. Il rappellera qu'après les conférences deNairobi et de Paris, l'Algérie a proposé aux Nations unies l'adoption d'unerésolution tendant à faire de 2006 l'année de la lutte contre ladésertification. Il sera question de ce danger dans plusieurs rencontres àTunis, Buenos Aires, Rome, Pékin et aujourd'hui à Alger. «Il faut distinguer entresécheresse et aridité», préconise-t-il mettant en relief les interactions entrela pauvreté, la croissance et les phénomènes climatiques et la désertification.Le réchauffement du climat auquel contribue aussi le désert a démultiplié lesbesoins des populations en eau. Il citera l'exemple de Oued Souf au sud-est del'Algérie où la consommation d'eau est trois fois supérieure à celle de NewYork. Selon lui, «le phénomène de désertification est aggravé par l'intrusiond'une nouvelle donne, les changements climatiques, à la quelle s'ajoutel'urbanisation non maîtrisée». Et comme il s'impose de réfléchirà une parade contre le phénomène, les politiques de lutte contre ladésertification charrient des initiatives comme celle portée par une centainede pays, consistant à porter la question des déserts devant l'ONU. Car d'ici2025, l'avancée du sable contraindra à l'exode quelque 65 millions de réfugiésqui iront solliciter les pays moins exposés comme l'Europe. Un argument massuepour impliquer le Vieux Continent dans la mise en oeuvre d'un plan de riposte. Les statistiques donnent del'épaisseur à cet argumentaire. Un milliard d'êtres humains vivent dans ledésert aujourd'hui. Ils seront le double d'ici 2025 avec 700 millionsd'Africains. Selon le secrétaire général du ministère de l'Agriculturealgérien, M. Chelghoum, la désertification a un coût en matière de manque àgagner estimé à 42 milliards pour la planète et 9 milliards de dollars par anpour l'Afrique. Et l'Algérie dans ce panorama. Elle n'est pas dans unesituation reluisante avec ses vastes étendues désertiques. Les 4/5 de sonterritoire sont happés par l'avancée du désert qui avale chaque année davantaged'espace, menaçant de fait 12 millions d'hectares qui sont autant de manque àgagner pour l'agriculture. Le représentant du ministère del'Agriculture rappellera que l'Algérie a pris des mesures hardies à l'instar dubarrage vert en 1971, renforcé, en 1987, par le plan de développement de lasteppe, la politique des grands travaux en 1994, les plans de développementrural. Pour les opérations de reboisement, il indiquera que l'Algérie escomptepasser de 11% à 13% en 2020. Mais le succès de la lutte contre ladésertification, soutiendra-t-il, ne peut pas faire l'économie d'uneconjugaison des efforts au plan international et régional. Ce pourquoi lesNations unies ont adopté en 1994 une convention de lutte contre ladésertification, ratifiée du reste par l'Algérie, présentée comme un tremplinpour la coordination des actions. Et un levier efficace de sensibilisation.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Omar S
Source : www.lequotidien-oran.com