Le dossier de nouveau sur la table
Maître Hocine Zehouane a, d’emblée, dénoncé, hier, lors d’une conférence de presse tenue au siège de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), le traitement réservé «au dossier des disparus algériens durant les années 90».
Présent également, le représentant de la Ligue des droits de l’homme pour la wilaya de Relizane, Hadj Smaïl, a indiqué, pour sa part, que «les familles des disparus indemnisées ont été soumises à l’obligation de déclarer que leurs proches étaient décédés». Il y aurait même, selon lui, des familles qui ont révélé que les services de sécurité avaient négocié avec elles afin de déclarer que leurs proches disparus étaient des victimes du terrorisme. Brossant un historique de ce fameux dossier des disparus apparu, d’après lui, dès 1996 grâce aux nombreuses révélations enregistrées sur ce sujet douloureux, Hadj Smaïl précisera qu’on a mis sous le vocable générique de disparus «même les personnes qu’on n’a plus revues depuis, par exemple, les fameuses intempéries de Bab El-Oued ou encore depuis les différents tremblements de terre». L’objet de la conférence d’hier avait trait, selon lui, à «l’éclaircissement de certains points sur le dossier des disparus, kidnappés». L’objectif de cette conférence étant de rassembler les pièces à conviction et de dresser une liste de ces disparus.
Il révèlera dans son argumentaire que» M. Azzi, chargé du service des indemnisations, a avancé le chiffre de 13.000 familles indemnisées dont 6.500 familles de disparus». La gendarmerie donne, pour sa part, le chiffre de 7.102 dossiers. Pour les animateurs de cette conférence, il n’y a aucun doute: «l’Etat donne de faux chiffres au sujet des disparus». Pour sa part, Maître Zehouane dira: «On ne peut concevoir que l’Etat rencontre, ainsi, des problèmes pour prendre en charge les dossiers des disparus».
Le plus grave, selon lui, c’est la crédibilité du pays qui est entamée devant ces nombreux dossiers falsifiés». Les orateurs plaideront pour une gestion transparente de ce dossier des disparus.
Sur un autre volet, maître Zehouane parlera de prémices de forfaiture dans l’instruction judiciaire sur les meurtres de Aïn Taghrout à Ras El Oued, dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj et à Tazmalt, une localité située dans la daïra d’Akbou dans la wilaya de Bejaia. Pour maître Zehouane, les rapports d’autopsie concernant le décès des deux jeunes tardent à être rendus publics.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com