Alger - Revue de Presse

La crise financière internationale convoque les banquiers maghrébins



Après Casablanca, Tunis et Dubaï la semaine écoulée, l'Algérie a abrité hier, la rencontre régionale des banquiers du Maghreb et ce, sous l'impulsion de l'Institut de finance international (IFI). L'objectif de la rencontre qui s'est déroulée à huis clos, à l'hôtel Sheraton d'Alger, est de recenser les problèmes du secteur dans la région, puis de faire des diagnostics pour chacun des pays maghrébins membres de l'IFI, en quête de « stabilité financière » pour son développement économique. L'IFI, qui englobe aussi bien des banques centrales que les banques commerciales, s'engage ainsi, à travers ce genre de rencontres, à « offrir » son expérience dans « l'ingénierie financière », notamment pour prévoir contre des crises mais aussi accompagner les pays maghrébins tout au long de leur processus de réforme, comme c'est le cas pour l'Algérie. «Il faut vous préparer à faire face aux défis du futur », lance d'emblée le Directeur général de l'Institut de finance international, M. Charles Dallara, à l'adresse des PDG des banques algériennes et maghrébines ainsi que des responsables d'institutions financières présents au séminaire. A ce sujet, le gouverneur de la Banque d'Algérie, M. Mohamed Laksaci, a affirmé que « les autorités demeurent déterminées à poursuivre leurs efforts pour une constante amélioration du cadre d'exercice de l'activité d'intermédiation financière, et veiller à la préservation de la solidité et de la stabilité du système financier et son intégrité». Le gouverneur de la Banque d'Algérie a tenu à souligner qu'en dépit des progrès notables réalisés, beaucoup reste encore à faire pour parachever la modernisation et le développement du système financier algérien en général, et du système bancaire en particulier. M. Laksaci, qui rappellera le contexte mondial marqué par les effets de la crise financière internationale liée notamment à la crise des subprimes aux USA, a soutenu que cette « crise hypothécaire » vient nous rappeler que «la globalisation véhicule, certes, des bienfaits considérables, mais qu'en parallèle, la forte intégration et la complexité croissante des instruments d'intégration, y compris les instruments financiers, comportent des risques majeurs dont la caractéristique principale est leur degré élevé de transmissibilité». Pour ce qui est de notre pays, le gouverneur de la Banque d'Algérie soutiendra que la mise en oeuvre des réformes financières s'effectue en situation de renforcement continu de la stabilité macroéconomique, contexte qui a, selon lui, favorisé une croissance économique forte et soutenue, notamment dans le secteur hors hydrocarbures ainsi qu'une forte réduction du chômage. Ainsi, ajoute M. Mohamed Laksaci, la poursuite de politiques budgétaire et monétaire prudentes, dans un contexte de liquidité croissante inhérente principalement à l'accroissement des recettes d'exportation des hydrocarbures, a permis de contenir l'inflation à un niveau inférieur à 3 % en moyenne sur les cinq dernières années et cela, affirme t-il encore, en deçà de l'objectif de 3 % affiché pour le moyen terme. Le taux de 3,5 % enregistré en 2007 est dû, d'après lui, essentiellement à la forte poussée des prix à l'importation des produits alimentaires. Il soulignera en outre que la politique monétaire de l'Algérie a reposé essentiellement et avec flexibilité sur les instruments indirects d'absorption de l'excès de liquidité. Cet excès, dira-t-il, étant devenu «structurel» depuis l'année 2002, la Banque d'Algérie n'est donc plus intervenue en tant que « prêteur » en dernier ressort depuis cette date. Le gouverneur de la Banque d'Algérie a tenu également à rappeler devant les représentants et responsables des institutions financières toutes les réformes engagés par notre pays depuis quelques années et qui ont conduit à performances financières. Mohamed Laksaci fera savoir, à ce sujet, que la structure de l'épargne financière auprès des banques montre une augmentation rapide de l'épargne du secteur des hydrocarbures, mais aussi de l'épargne des entreprises privées et des ménages. «L'épargne financière collectée par les banques est en effet en progression appréciable », s'est-il réjouit en soulignant, que le ratio dépôts auprès des banques par rapport au produit intérieur brut est passé de 39 % en 2005 à 46 % en 2007. Ainsi, explique encore le gouverneur de la Banque d'Algérie, le ratio distribution des crédits à l'Etat et à l'économie par rapport au produit intérieur brut s'est situé à 37,5 % en 2005, 36 % en 2006 et 35 % en 2007, ce qui fait, note-t-il, que le niveau des ressources collectées par les banques reste ainsi supérieur au niveau de distribution de crédits à l'économie et de participation au financement de l'Etat, reflétant une « capacité excédentaire de fonds bancaires traitables ». Concernant les crédits alloués au secteur privé, le responsable de la Banque d'Algérie a assuré que des efforts notables ont été fait à ce sujet. Il soulignera que la part des crédits consentie au secteur, sur le total des crédits alloués dans la sphère économique, a progressivement augmenté, pour passer de 43 % à la fin 2004 à 53 % à la fin de l'année dernière.
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