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L'entretien de la semaine



L'entretien de la semaine
Dans cet entretien, Mme Asia Baz nous donne sa vision du lecteur algérien. A travers son expérience, elle trace les aspirations de ceux qui aiment lire, leurs besoins intellectuels et leurs envies.Soirmagazine : Comment qualiferiez-vous le lectorat algérien'Asia Baz : Pour répondre à cette question, je préfère plutôt en poser une autre : pourquoi donner un qualificatif réducteur au lectorat ' Dans le sens où le lecteur algérien n'a pas besoin d'être qualifié ou pis encore, être stéréotypé. Je dirais plutôt qu'il y a les passionnés, les intéressés, les curieux...Il ne faut surtout pas mettre les personnes dans des cases pour qualifier le lectorat, cela serait rabaissant.De par mon expérience et les différentes participations au Salon international du livre d'Alger, je peux dire qu'il y a surtout un réel engouement. Un engouement et une curiosité sans cesse renouvelés de la part des Algériens pour différentes thématiques.L'édition de cette année le confirme encore : la soif du savoir et de la connaissance existe ; les intérêts pour le livre diffèrent.Y a-t-il des cibles bien identifiées lors de l'édition 'Aucune statistique avec un panel de sélection touchant toute la société n'a jamais été réalisée, à ce sujet, sur le terrain. Donc, pour répondre à cette question, il faudrait uniquement se baser sur les généralités existantes sur le marché actuellement.Il faudrait déjà cibler les maisons d'édition avec une spécialisation des publications. Actuellement, tous les genres sont publiés par une même maison d'édition, à l'exception de deux ou trois qui se sont spécialisées dès le départ, à leur ouverture.Il faut aussi mettre en avant le fait que cibler un public, c'est avant tout professionnaliser tous les corps de métier concernés par la chaîne du livre.Et il y a beaucoup à faire au niveau de tous les maillons, de l'imprimeur au libraire en passant par l'éditeur et le point nodal, le distributeur.Peut-on dire que les lecteurs algériens de 3e génération, en somme les vieux, s'intéressent plus aux livres historiques 'A chaud, je dirais qu'ils sont de plus en plus nombreux. C'est une réalité qu'on peut constater auprès des différents éditeurs. Cependant, en y réfléchissant et en considérant votre question, on peut dire qu'il y a une tranche d'âge qui se démarque pour ce genre de livres. Au vu des discussions abordées avec les visiteurs et la demande formulée, je dirais plutôt que les livres d'histoire tels que proposés répondent à la demande de cette tranche d'âge. Les troisième et quatrième générations ont la culture de la lecture des ouvrages sur l'histoire, notamment algérienne. En somme, les livres relatifs à la guerre de Libération font partie de leus favoris. Cela s'explique notamment par leur vécu leur proximité avec ce pan important de l'historie de notre pays, cela leur permet de se remémorer, de partager et de comprendre aussi. Il est vrai aussi que maintenant il y a une volonté de transmettre leur mémoire. Donc, il y a de plus en plus de livres qui sont édités à ce sujet.Qu'en est-il du cliché que les Algériens s'intéressent uniquement aux livres de cuisine et religieux ' Est-ce une réalité 'Cette question rejoint la première que vous m'avez posée au début de l'entretien. Et vous le dites aussi dans votre question, c'est un cliché ! Vous savez aussi bien que moi que le livre de cuisine a la part belle dans les rayons auprès de la gent féminine.Est-ce une tare ' Je ne crois pas. Il n'y a qu'à voir toute l'industrie qui existe autour de ce thème en Europe et dans les autres pays occidentaux. Dans leur pays, cette thématique ne touche pas uniquement les livres mais plusieurs autres secteurs. Donc, pour moi, je le redis encore une fois : ce n'est pas une tare. Par ailleurs, et pour ce qui est du livre religieux, nous savons tous que les Livres sacrés sont les plus vendus de par le monde. L'Algérie n'y fait pas exception. Il faudrait peut-être se pencher sur le contenu de ces supports qui sont destinés à approfondir ses connaissances religieuses et trouver des réponses à ses questions.Un sujet extrêmement sensible pour nos jeunes générations.Les livres religieux d'importation ne sont pas chers au vu du papier, de l'impression et de la couverture. Pour le contenu, je ne pourrais pas en dire autant.Etant de passage, je me suis attardée dans quelques stands et quelques titres me laissent perplexes.Les adolescents sont-ils plus présents 'C'est une tranche d'âge difficile à cerner dans la lecture. Je crois qu'on peut dire plutôt beaucoup moins intéressée.D'ailleurs, la cerner sur l'âge qui irait de 13 à 18 ans est tout aussi réducteur. Les auteurs pour adolescents ne sont pas présents ou bien en nombre limité. Et on en revient à comprendre que des statistiques sont à entreprendre pour comprendre leur demande.Il ne faut pas non plus oublier que le Net gère leur vie quotidienne et leur temps libre. C'est un paramètre important à prendre en considération.Les visiteurs viennent-ils en famille 'C'est ce qu'on peut remarquer. Comme il y a eu les trois jours de vacances de novembre, les familles se sont déplacées en nombre assez important ainsi que durant le week-end.Une bonne chose, surtout lorsque je vois que les parents laissent le choix à leurs enfants pour les achats. C'est un bon indicateur. Il ne faut pas oublier que le Sila est aussi une visite familiale”?
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