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Enquête-Témoignages



Enquête-Témoignages
Des milliers de personnes se sont rendues au salon international du livre d'Alger. Seules ou en famille, elles ont flâné entre les différents stands. Elles ont feuilleté, regardé, pris des ouvrages... Une question surgit d'elle-même : les algériens lisent-ils ' Témoignages.Nawel, 35 ans : «les livres parascolaires sont ma priorité»Nawel est une jeune maman de deux enfants scolarisés à l'école primaire. «Lorsque j'étais jeune, ou plus précisément lorsque j'étais célibataire, j'avais le temps de lire. Je pouvais lire un roman en une semaine. Ce n'est plus le cas maintenant avec toutes les responsabilités que j'assume, entre le travail, la maison et les enfants, c'est à peine si je peux me permettre de feuilleter un journal», explique de prime abord Nawel, rencontrée dans un des stands. Et de continuer : «Pendant de longues années, je ne suis plus venue au Salon international du livre. Je venais surtout lorsque j'étais étudiante, c'était important pour nous, à cette époque. Cela nous permettait d'avoir accès aux livres. Et de temps en temps, nous avions des orientations de nos enseignants pour acquérir tel ou tel livre. Nos bibliothèques universitaires n'étaient pas vraiment bien gérées. Donc, pour pouvoir préparer un exposé, c'était une vraie galère. Depuis que mon aîné est scolarisé, je viens systématiquement au Sila. C'est devenu une priorité. En plus, je viens avec mes enfants. C'est l'occasion pour eux de découvrir et de s'habituer à ce monde. Je trouve que c'est important. C'est vrai que j'achôte systématiquement le parascolaire. Cela me permet de les aider à réviser leurs leçons à la maison. Avant, les prix étaient abordables, le Salon proposait des remises mais je trouve que ce n'est plus vraiment le cas», relève-t-elle. Il faut dire que ses enfants ont d'autres priorités : «Eux, ils préfèrent les livres de découvertes. Et tout ce qui a un lien avec les animaux, la forêt, la nature, les aventures et l'astronomie. Je leur en ai déjà acheté. Dès qu'ils rentrent à la maison, ils les dévorent. Au moins, ils peuvent oublier leurs jeux.» Nawel n'omettra pas de souligner : «Vous savez, les Algériens lisent, que ce soit en arabe ou en français. Vous n'entrez pas dans une maison où il n'y a pas des livres qui traînent quelque part. Mais nous n'avons peut-être pas cette culture d'en parler. Il s'agit plutôt d'une réponse à un besoin existant comme préparer un exposé ou autre. Ce que j'essaye de faire avec mes enfants c'est de les habituer à prendre un livre et de le lire avant de s'endormir.»Mohamed, 40 ans : «Je lis en PDF»Mohamed papillonne entre les différents rayons. Il lit les titres, les note dans un bout de papier et les remet à leur place. Une gestuelle qui peut paraître anodine mais qui toutefois peut laisser un visiteur perplexe. Interrogé, Mohamed s'exclame en riant : «Je me suis habitué depuis quelques années à ne lire qu'en PDF. Et pour cause, je suis un féru de lecture. Depuis que je suis jeune, je lis. C'est une chose que j'ai acquise de mon père. De plus, je pense que cela vient de notre personnalité. Du fait que dans mon jeune âge, j'étais un enfant plutôt introverti, je me suis confiné dans les livres. Et cela est devenu par la suite une véritable passion. Chez moi, vous trouverez beaucoup de livres, mais je n'ai plus le temps de les lire et surtout pas assez de calme. Avec mes enfants en bas âge qui courent dans tous les sens, il m'est difficile de me concentrer, sans compter que dès qu'ils voient un livre, ils ne peuvent s'empêcher de le prendre et de le déchirer. Donc, bonjour les dégâts ! Alors, ce que je fais maintenant, je lis au boulot. Je télécharge les livres gratuitement. Il y a plein de sites dans ce sens. En plus, il y a des lecteurs qui prennent le temps de scanner et de partager. Cela me permet de garder ma passion et à moindres frais. Moi-même je partage les livres que j'ai chez moi quand j'ai le temps. C'est simple, je profite de la pause-déjeuner au bureau pour lire mes fameux PDF. C'est pour cela que je suis là . Cela me permet de connaître les dernières nouveautés que ce soit les romans ou les ouvrages professionnels. Et dès mon retour au bureau, je fais mes recherches et je télécharge !»Souad et Mohamed, mariés : «Nous venons en famille»Accompagnés de leurs grands enfants, Souad et Mohamed sont en tenue de marathoniens. «Regardez-nous, nous sommes en jeans et basket. Tous les quatre, parce que nous savons que nous aurons à cavaler et surtout à transporter», nous dit tout de go Mohamed, la quarantaine. «Nous adorons lire et tous les quatre. C'est vrai que pour nos enfants l'amour de la lecture ne s'est pas fait sans embûches.Au départ, lire pour eux était une véritable punition. «Tu es puni, pas de PC, ni tablette ! Tu prends un livre et dans ta chambre !» Mais avec le temps, ils ont commencé à apprécier. Et maintenant, ils savent ce qu'ils aiment. Ils sont déjà partis au Fibda. Cela fait aussi partie de leur monde à eux. Mai ils ont aussi de petites préférences pour les romans, surtout ceux qui traitent des faits divers. Pour ma fille, son dada c'est les livres scientifiques.Elle voudrait être médecin. Et elle s'est mise en tête d'acheter dès maintenant des livres qui y ont trait», relève pour sa part Souad.Son jeune fils prend la parole : «Au niveau de notre collège, notre professeur nous a demandé de venir au Salon et d'acheter El-Manfalouti. Nous avons des enseignants qui nous encouragent à venir dans ces lieux du savoir et à lire. Il y a des élèves qui les écoutent et d'autres pas.»Mohamed renchérit : «Je pense que cette génération aura plus de chance que nous. Ils n'ont pas de complexes à lire et à écrire dans les deux langues ; c'est un véritable avantage. Ils ont ainsi plus de livres à leur disposition, même si pour ma part, je remarque, que de plus en plus les livres en langue arabe prennent le pas sur ceux en langue française.»
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