Alger - Revue de Presse

L'enseignement des langues étrangères



Depuis plus de dix ans qu'on ressasse le débat sur l'enseignement des langues étrangères, aucune leçon n'a été tirée. On a l'impression que toutes les discussions, réflexions, points de vue et articles publiés dans la presse sur cette importante question, n'ont servi absolument à rien. Et l'on reprend de nouveau le débat, en espérant que, cette fois, ce sera le dernier pour que le ministère de l'Education nationale soit définitivement convaincu de l'importance de l'enseignement des langues étrangères dans nos établissements publics. Aujourd'hui, plus que jamais, compte tenu des exigences de la mondialisation et des échanges effrénés de personnes et de marchandises, l'enseignement des langues étrangères ne doit pas rester à la traîne. Bien au contraire, c'est le moment de le revaloriser et de le redynamiser en le libérant de toute orientation administrative néfaste, comme dans le passé, ou autre mesure coercitive, pour mettre sur le même pied d'égalité toutes les langues étrangères. Evidemment, il faut établir certaines réserves et se fixer des priorités par rapport à notre environnement géographique, culturel et historique. Cet enseignement des langues étrangères, nous ne le répétons jamais assez, est incontestablement nécessaire, voire vital pour le progrès culturel, scientifique, socioéconomique et surtout, en ce qui nous concerne, historique. Et c'est là où doivent intervenir certaines priorités dans le choix des langues étrangères à enseigner dans nos institutions et établissements.  Nos rapports avec nos voisins historiques d'hier et d'aujourd'hui sont toujours là, et l'on continue de traiter avec eux de manière indispensable et continue dans tous les domaines. Par conséquent, la langue française continue d'occuper une place prépondérante et à juste titre, compte tenu, d'abord, de notre histoire contemporaine et de tout le précieux legs historique et documentaire rédigé en langue française, qu'il faut réétudier et exploiter de nouveau pour nos générations futures, sans oublier par ailleurs les milliers de nos compatriotes vivant en France, en Belgique, au Québec, etc., qui, privés de la langue arabe, ont besoin d'être compris par les citoyens de leur pays d'origine. La même situation se pose pour la langue espagnole - langue chérie de «hanna» (grand-mère), comme le disait si bien le romancier Wasiny Laredj dans son roman «Alger: la gardienne des ombres», faisant référence à son attache à l'Andalousie et Ahl Al-Andalus - dont les relations actuelles et futures ne cessent de se développer en raison du voisinage d'abord, et surtout de l'histoire moderne commune que nous avons partagée ensemble durant presque trois siècles et dont les considérables et précieuses sources documentaires et archives sur divers aspects de notre société sont rédigées en espagnol et conservées dans leurs bibliothèques, dans l'espoir de voir arriver des Algériens hispanisants pour leurs consultation, identification, étude, analyse et évaluation. Tout comme nous sommes interpellés par l'Amérique latine, formée surtout de pays hispanophones, dont une partie de la population est d'origine arabe. Evidemment, l'anglais, l'allemand, l'italien, le portugais, le russe et autres ont leur importance et leur place dans nos institutions. Cependant, il faudra les canaliser par rapport aux besoins régionaux, économiques, voire scientifiques. Tout cela nous ramène à mettre en exergue l'intérêt que revêt pour nous l'enseignement des langues étrangères, notamment certaines langues dont les rapports avec notre histoire et notre patrimoine culturel sont incontestables et contribueront, sans aucun doute, à une meilleure connaissance de l'évolution de nos sociétés et conscience de notre passé, aussi bien à l'époque moderne que contemporaine. Le colloque international sur «Le Dialogue de la culture ou la culture du dialogue», organisé à Oran par le Laboratoire de la Faculté des langues les 12 et 13 de ce mois, a soulevé à maintes reprise, lors des débats, l'importante et pertinente question de l'enseignement et l'usage des langues étrangères dans l'Education nationale. Des interrogations ont porté sur l'utilité, l'importance, la nécessité et la priorité de l'enseignement des langues étrangères, comme étant un moyen de se connaître soi-même et ensuite de connaître les autres, d'accéder au savoir, de communiquer et de participer bien évidemment à cette mondialisation qui nous englobe dans une sorte d'interculturalité unique. * Universitaire et chercheur
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