Alger - Revue de Presse

«L’engagement dans la littérature africaine» débattu au Sila «L’acte d’écrire engage fondamentalement»



«L’engagement dans la littérature africaine» débattu au Sila «L’acte d’écrire engage fondamentalement»
Publié le 02.11.2023 dans le Quoyidien l’Expression

Soulyemane Elgas et Mamadou Sambe du Sénégal, Florent Couao-Zotti du Bénin, Kossi Komila-Ebri, italo-togolais, John Rusimbi du Rwanda, mais aussi Salima Mimoun, Mohamed Abdellah et Djaoued Rostom Touati ont animé mardi après-midi une rencontre afin de débattre de la question de l'engagement dans la littérature africaine. Tous se sont accordés sur le fait que toute oeuvre qui s'écrit est engagée de facto quand elle est inscrite dans le réel. Kossi Komila-Ebri dira qu «'être engagé c'est de s'impliquer dans les questions sociales, politiques et morales, en défendant par exemple les droits de l'homme et de l'environnement, et prendre conscience de certaines idées et les porter au public »Et de souligner: «L'écrivain devient le gardien d'une certaine éthique. Il observe le monde dans sa complexité. Il donne la voix à ceux qui ne l'ont pas. S'engager c'est un acte politique. Une réflexion suivie d'une action.» Pour sa part, Soulyemane Elgas fera remarquer en donnant comme exemple l'écrivain Kamara laye, auteur de «L'enfant noir» mais aussi mouvement de la négritude, qu'il existe une certaine suspicion sur beaucoup d'écrivains quant au fait qu'ils soient à la solde de l'Occident. Ça va frapper beaucoup d'auteurs, d'autant qu'ils sont édités en Occident, écrivent en langue française et sont distribués par les Français. Certains vont être considérés comme «neutres donc complices» et d'autres de vrais auteurs engagés comme il est incarné chez moi Cheikh Anta Diop dont l'oeuvre est admirée par plusieurs communautés.» Pour le jeune Mohamed Abdellah, être engagé consiste à aborder les rapports de force qui sont, outre, matériels et économiques, idéologiques. En tant qu'auteur écrivain, j'ai tendance à penser que nous devons être engagés d'une manière ou d'une autre, en décrivant à la fois les rapports de domination et les rapports de résistance. La manière qu'on peut avoir pour articuler le réel dans nos écrits, nous permet déjà de montrer le monde, permettre à des gens autour de nous de les comprendre et tenter de les transformer. Des forces qui n'ont pas du tout disparu, il n' y a qu'à voir encore aujourd'hui en Palestine. La neutralité en littérature n'existe pas. Il n' y a pas d'écriture non engagée» Pour Djaoued Rostom Touati, ««littérature» et «engagement» est une tautologie, arguant que l'acte d'écrire engage fondamentalement. La littérature est le lieu par excellence de la production et la reproduction de l'idéologie, c'est-à-dire un système de représentation. Un ensemble d'images mentales qui permettent d'appréhender le monde. On ne sort pas neutre de la lecture d'un livre, mais avec une vision du monde, déclinée de façon directe ou indirecte.» Enfin, d'aucuns réfuteront l'idée d'une pensée ou identité africaine, idem pour la pensée européenne, imposée par l'Occident, assurant que les sociétés changent et évoluent, ajoutant que l'auteur est libre d'écrire sur ce qu'il veut.
O. HIND

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