Le pétrole flambe, les caisses sont pleines, pourquoi changer ? L'Algérie ne serait-elle tentée de se réformer qu'en période de rareté de ressources financières ? 100 dollars le baril ? Cela fait des mois que le cours du pétrole taquine ce chiffre sur le marché mondial pour que cela ne soit pas un gros événement. C'est pourtant le cas: le chiffre est pris comme un symbole de la fin définitive du pétrole pas cher. Sur les cinq prochaines années au moins, à moins d'un accident économique lourd, les prix pourraient encore monter. Quel est le symbole pour l'Algérie ? Qu'en 2008, nous bouclons la 20ème année des événements d'octobre 88, annoncés quelques années plus tôt par une chute drastique des cours mondiaux du prix de l'or noir. Entre 1985 et 1986, le prix a chuté de plus de 40%, les recettes sont passées de 47 milliards de dollars à 21 milliards de dollars. L'économie du pays était nue, sans le cache-sexe habituel du cours du pétrole. Et pourtant, à l'époque, le discours du pouvoir était simple: nous avons anticipé... La suite est connue, des tentatives de réformes qui font face à une fantastique résistance du système rentier et qui se terminent en queue de poisson. Â 20 ans plus tard, le prix du pétrole est au zénith, mais le ronron est le même. Au plan de la politique économique, le seul enseignement qui a été tiré a consisté à payer la dette extérieure. Celle-ci a fortement baissé, s'établissant en juin 2007 à 4,7 milliards de dollars, soit moins de 5% des réserves de change qui, fin décembre, ont dépassé les 100 milliards de dollars. Un autre «100» qui aurait pu être aussi un symbole même s'il faut le relativiser par la dépréciation du dollar qui en 2007 a perdu près de 50% face à l'euro par rapport à 2002 où la devise américaine valait 0,95 euro. Mais le paiement de la dette, y compris par anticipation, ne fait pas une politique économique. Aujourd'hui 20 ans après, l'Algérie, assise sur ses dollars, a des similitudes frappantes avec la période qui a précédé octobre 1988: déprime sociale, hausse des prix, insatisfaction des cadres qui font dans la harga organisée quand les jeunes la font dans des embarcations de fortune.
LE PARADIS DES IMPORTATEURS
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Saâdoune
Source : www.lequotidien-oran.com