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L'Algérie accorde peu d'intérêt aux nouveaux mécanismes de marché carbone



L'Algérie accorde peu d'intérêt aux nouveaux mécanismes de marché carbone
La subvention des carburants et de l'électricité freinent le développement des énergies renouvelables en Algérie (DR)« Le but de cette étude est que l'Algérie présente un projet pilote de NMM au niveau international» a déclaré le Dr. Michaelowa au début de la présentation de son étude mardi à l'hôtel Hilton d'Alger. Une étude soutenue par la fondation Friedrich Naumann pour la liberté. Afin de clore tout débat sur les fondements scientifiques sur le réchauffement climatique, le Dr. Michaelowa a rappelé les dernières conclusions du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), selon lequel « le réchauffement climatique est sans équivoque ».
Peu d'intérêt en Algérie
Selon le Dr. Michaelowa, « l'Algérie pourrait renforcer son rôle de pionner africain dans les négociations sur les changements climatiques », bien que le pays soit confronté à plusieurs obstacles. Tout d'abord, son manque apparent d'intérêt. « Alors qu'il existe plus de 7000 projets de Mécanisme pour le Développement Propre (MDP) enregistrés à l'international, l'Algérie n'en a que deux », a souligné le Dr. Michaelowa. Un MDP est un système qui permet aux pays industrialisés de payer « pour des projets qui réduisent ou évitent des émissions dans des nations moins riches et sont récompensés de crédits pouvant être utilisés pour atteindre leurs propres objectifs d'émissions », explique la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
En comparaison avec l'Algérie, le Maroc a enregistré 26 projets MDP, la Tunisie 8 et l'Egypte 33. En outre, les subventions massives de l'électricité et des carburants en Algérie n'incite pas le citoyen à économiser de l'énergie, a expliqué le Dr. Michaelowa. Le secteur privé a un rôle limité, avec des procédures réglementaires longues et lourdes.
Il existe aussi un sérieux flou dans les données des émissions de CO2 en Algérie. A titre d'exemple, les données oscillent entre 13 et 33 millions de tonnes de CO2/an dans le secteur des transports. La production d'hydrocarbures équivaut à des émissions d'environ 25 Mt CO2/an, une quantité comparable à la production d'électricité. Les émissions des déchets sont deux fois moins importantes. Enfin, l'industrie lourde émet 5.5 Mt CO2/an et le tourisme 0.4 Mt CO2/an.
Le secteur du bâtiment ciblé
Pourle Dr. Michaelowa, le secteur le plus prometteur est celui du bâtiment, « souvent sous-estimée ou oublié », selon lui. En effet, le déficit de logements en Algérie est évalué à 1.2 million d'unités, et la construction des nouveaux logements est désormais une priorité nationale des pouvoirs publics. Mais cette pénurie engendre une construction rapide, au détriment de la qualité, ce qui ralentit l'introduction de normes écologiques dans la réalisation. Pourtant, « le potentiel d'atténuation des émission de gaz à effet de serre dans ce secteur est l'un des plus élevés », a avancé le Dr. Michaelowa.
Il propose plusieurs options : mesures d'isolation thermique, remplacement des réfrigérateurs et des climatiseurs actuels, etc. Combinées, ces options permettraient de rejeter 10.3 Mt CO2/an de moins dans l'atmosphère. Pour illustrer les mesures que l'Algérie devrait implémenter, le Dr. Michaelowa a donné l'exemple réussi du Mexique, qui est confronté à une pression démographique similaire et s'est engagé à réduire de 30% ses émissions d'ici 2020.
Accueil mitigé du gouvernement
Le choix du secteur du bâtiment a reçu un accueil mitigé de la part des représentants du gouvernement algérien présents à ce séminaire. « Le problème des déchets est considérable en Algérie, et le méthane qu'ils émettent en se décomposant est plus polluant que le bâtiment », a objecté Hamza Merabet, du Centre de Développement des Energies Renouvelables, chapeauté par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Un représentant du ministère de l'environnement a pour sa part proposé de s'orienter vers la rénovation plutôt que la construction.
« Il existe un projet de construction de 600 logements à Haute Production Energétique qui permettront d'évaluer le surcoût induit par l'implantation de mesures environnementales », a rappelé l'architecte Hamza Khelfa, de l'Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI). Ces logements seront disséminés sur tout le territoire, pour évaluer les différents impacts des climats multiples qui existent en Algérie. Reste le problème du financement de ce surcoût, évalué aujourd'hui entre 15 et 20%. Comme l'a souligné un membre de l'audience, le Fonds national pour la maîtrise de l'énergie pourrait y participer, mais ne pourra pas soutenir seul le projet.
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