David Welch, le «Monsieur Monde Arabe» au secrétariatd'Etat américain, est arrivé hier à Alger en provenance de Rabat. Officiellement,sa visite dans notre capitale a été située par l'ambassade US dans le cadre «du renforcement du partenariat entre l'Algérie et les Etats-Unis d'Amérique etde la concertation entre les deux pays sur des questions bilatérales etrégionales ».Le fait toutefois que David Welchdébarque à Alger en provenance de Rabat, où il a été reçu par Mohammed VI aveclequel, selon les sources du Palais, il s'est entretenu de l'affaire sahraouie,laisse à penser qu'il serait chargé de la mission de « rapprocher » lespostions de ces deux capitales maghrébines sur ce dossier à la veille del'ouverture d'un nouveau round des négociations entre Sahraouis et Marocainssous l'égide des Nations Unies.Mission au résultat improbable pour la bonne et simpleraison que chacune de ces capitales s'en tient dans cette affaire à l'énoncéd'un principe qu'elle défend comme étant la seule solution acceptable auconflit. Rabat n'entend céder en rien sur la « marocanité » du SaharaOccidental, alors qu'Alger soutient le droit du peuple sahraoui às'autodéterminer sur la question.Sur l'affaire du Sahara Occidental, M. Welchaura eu un avant-goût de ce qu'allait lui dire le président Bouteflikaen prenant connaissance du message que celui-ci a adressé au chef du Polisario,Mohamed Abdelaziz, à la veille de la célébration du 32e anniversaire de la RASD. Le chef de l'Etat aen effet réaffirmé que « l'Algérie demeure attachée à la stricte mise en oeuvrede la doctrine des Nations Unies en matière de décolonisation et elle soutientles efforts de la communauté internationale pour mettre en oeuvre ces principeset achever la décolonisation du Sahara Occidental ».Si c'est réellement une « médiation » que tente l'émissaireaméricain, elle ne peut susciter que la réserve des autorités algériennes, tantil est clair à leurs yeux que l'administration américaine penche partialementen faveur des thèses marocaines. Ce qui du coup entretient et confortel'intransigeance de Rabat qui se vérifie dans le processus de négociationentamé avec les Sahraouis. Les autorités algériennes sont d'autant critiques àl'égard de ce parti pris qu'il leur semble enfreindre la résolution du Conseilde sécurité qui établit clairement le cadre dans lequel devront être menées lesnégociations sur l'avenir du Sahara Occidental. Et surtout remettre en cause leplanBaker, auquel pourtant Washington avaitinitialement adhéré.Par conséquent, si l'émissaire américain peut s'attendre àde la réceptivité sur d'autres dossiers bilatéraux ou internationaux du côté deses interlocuteurs algériens, ce qu'il essayera en revanche de leur présentersur la question sahraouie, hors du cadre établi par la résolution 1754 duConseil de sécurité, se heurtera à leur ferme refus.L'Algérie n'a pas varié en cette affaire même quand, confrontéeà une situation intérieure critique à tout point de vue, de la «souplesse» enla matière lui aurait certainement valu reconnaissance et une partie de l'aidedont elle avait alors besoin.Le voeu formulé par Bouteflikadans son message à Mohamed Abdelaziz que «le 4ème round de négociation prévu à Manhasset courant mars 2008 permette de parvenir à unesolution politique fondée sur l'autodétermination du peuple du SaharaOccidental», ne laisse place à aucune spéculation sur une possible révision dela position algérienne que l'administration américaine cherche à obtenir.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com