Alger - Revue de Presse

Histoire de dire...



La jaunisse algérienne En cette célébration de la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, Smahi et Ammi Baroudi, ne savaient plus, s’ils devaient ou non être fiers l’un de l’autre. L’un, Smahi, encore jeune et faisant ses premiers pas dans la vie, pour s’être retrouvé dans un pays libre et indépendant grâce au sacrifice des autres. Ou bien, Ammi Baroudi, ancien moudjahid, ayant survécu à trois guerres dont celle d’Algérie, de l’Indochine et d’Allemagne, d’avoir accompli sa mission et de pouvoir jouir enfin de ces instants de bonheur et voir devant ses yeux toute cette génération de jeunes à qui revient le rôle de porter désormais le flambeau? Smahi, attribue sa précarité sociale et son désappointement aux faux moudjahids qui sont les premiers à planter le drapeau algérien sur leur balcon chaque 05 Juillet, et profitent des faveurs d’un système alors que les vrais ont préféré garder leur dignité et une petite pension. Ammi Baroudi, estime que cette «jaunisse» algérienne (...il veut bien sûr dire jeunesse algérienne), qui a trouvé tout prêt, est en train de gâcher ce que le million et demi de martyrs leur a arraché par les armes.C’est vrai que Smahi, avait une mine toujours pale et jaune, sa mère soutient que c’était dû à une mauvaise nutrition dont un grave déficit en globules rouges. Encore gosse, il a failli contracter l’ictère (la jaunisse). A la place, il eut, toujours d’après sa mère, deux fois la rougeole, ce qui selon son fils restait à vérifier car sa mère elle aussi n’a jamais été à l’école. Smahi, hésitait en fait à montrer de la fierté à Ammi Baroudi, parce qu’il détestait l’attitude teintée d’arrogance des autres vrais ou faux qui croient qu’ils sont les seuls à avoir fait la guerre sur cette terre et que de ce fait, ils ont le droit de vie et de mort sur quiconque et qui veulent faire croire aussi que s’ils n’avaient pas existé, il n’y aurait jamais eu de guerre de libération, ni d’indépendance, ni 05 juillet, ni Algériens, etc... «Vous, la jaunisse algérienne, êtes-vous capables de prendre les armes et supporter toutes ces misères, la torture, le froid, la peur, etc...? « Ammi Baroudi, qui, lui aussi, n’a pas eu l’occasion de faire l’école à cause de la guerre, était entre la rage et la compassion pour cette «jaunisse algérienne». Smahi était au bord de l’anorexie. Donc s’il a bien compris les mots de Ammi Baroudi, cette jeunesse n’aurait jamais pu porter les armes pour chasser l’occupant? Et qu’elle est incapable de porter le pays vers les cimes? Voilà le discours qui l’a toujours irrité. Il comprend aussi pourquoi il n’a que peu de globules rouges dans son sang.
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