«Aucun port algérien ne sera privatisé»
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Le feuilleton sur la privatisation ou non des ports algériens se poursuit. Cette fois c’est le ministre des Transports qui se rappelle au bon souvenir des travailleurs de ce secteur.
On se rappelle de la mobilisation des 14.000 travailleurs des ports d’Algérie sur cette question le 21 mai dernier. En effet, la totalité de ces ports avait affiché le mot d’ordre de grève contre la cession de certaines activités portuaires au privé. L’interprétation est vite faite chez les syndicalistes qui croient déceler des velléités de privatisations chez le gouvernement. Des syndicalistes sont allés jusqu’à dire que c’était-là un véritable coup de poignard dans le dos des travailleurs des ports. C’est sur cette note que tout le monde se sépare, mais en prenant le soin de se guetter mutuellement. Hier, le ministre de tutelle, en l’occurrence M. Maghlaoui, est revenu sur cette histoire, en marge d’une réunion sur les ports dans les pays arabes, pour dire qu’il n’est pas question, en Algérie, de privatisation de nos ports.
«Les ports algériens ne seront pas privatisés et resteront la propriété exclusive de l’Etat», a-t-il, en substance, affirmé. «Il n’y aura pas de privatisation de nos ports, qui resteront propriété de l’Etat et seule leur gestion sera ouverte au partenariat privé» national et international, a encore expliqué le ministre à la presse pour, objectif évident, répercuter le message à l’opinion mais également aux travailleurs.Le ministre affirme également la chose suivante : «Il n’y aura pas d’ouverture du capital des entreprises portuaires». Cette dernière déclaration a été réitérée devant l’insistance des journalistes.
Au début de cette réunion, M. Maghlaoui a précisément évoqué «la séparation des missions de gestion et des missions commerciales dans les ports» afin de libérer les initiatives privées et rétablir l’Etat dans son rôle d’autorité publique veillant à l’intérêt général. Cette sortie du ministre étouffera-t-elle le «feu de la révolte» chez les travailleurs du secteur ? La réponse sera difficile à se dessiner, du moins dans l’immédiat si l’on prend en considération la méfiance qui s’est installée des deux côtés. Et pour cause! Le 10 avril dernier, un accord a été signé avec la tutelle sur ce problème, que les représentants des travailleurs présentent comme «un problème vieux de 8 ans». On se rappelle dès lors que M. Dris, responsable de la coordination des syndicats des ports, avait déclaré que «l’accord porte sur la consultation autour des affaires concernant l’avenir des travailleurs. Ceci a été transcrit sur le PV. Nous nous sommes entendus sur la poursuite des négociations afin de trouver au bout de deux mois une solution idoine aux problèmes posés. Toutefois la tutelle n’a pas respecté l’engagement pris et a relancé son projet en catimini». C’est dire que les travailleurs se méfient énormément des déclarations de la tutelle. Cela avait débouché sur la grève du 21 mai, qui a coïncidé avec la réunion des P-dg des entreprises portuaires au ministère des Transports et qui portait sur l’examen de l’état d’avancement du dossier lié à la séparation des activités commerciales et l’autorité portuaire. Une grève qui, rappelons-le, a coûté au Trésor public la bagatelle de 30 milliards de centimes.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com