Attention aux faux départs
Jamais, dans l’histoire de l’Algérie in-dépendante, des responsables ne sont restés aussi longtemps à la tête de ministères ou directions plus ou moins importantes. Certains ont battu des records de longévité et d’autres -aux commandes de postes moins sensibles- ont «résisté» avec succès à l’épreuve du temps et de la météo humaine. La «chose» n’est pas passée inaperçue et les Algériens ont remarqué cette nouveauté dans les mœurs politiques algériennes. Dans un passé assez récent, les remaniements ministériels étaient fréquents et étaient généralement suivis de changements en chaîne dans les départements concernés. De nouveaux responsables étaient nommés et d’autres «appelés à d’autres fonctions», selon la formule consacrée pour signifier une fin de carrière prématurée synonyme de limogeage. Le fait est que cette manière de gouverner n’avait pas rendu service au pays, en dépit du fait que l’Algérie baignait dans une aisance financière et jouissait de «toutes ses facultés physiques et psychiques», une manière de dire qu’elle restait présente sur la scène internationale. Ces changements justifiés ou consécutifs à l’humeur du moment ont, probablement, fait que le pays s’est retrouvé confronté à des situations imprévues à la fin des années 80, et au début des années 90.
Si la parenthèse de la décennie rouge, aggravée par une faillite financière, n’avait pas permis de redresser la barre -parce que l’urgence était à la survie individuelle et collective des hommes ainsi que celle de l’Etat- la situation a radicalement changé depuis quelques années. Chaque «expert» ira de sa propre analyse pour expliquer le «miracle». Beaucoup de facteurs prépondérants dans les équilibres internationaux ont mué; gagnant ou perdant en intensité. Le contexte géopolitique, la puissance militaire, la puissance économique, la capacité à mobiliser et à faire circuler l’information -vraie ou manipulée- la crédibilité des instances onusiennes ainsi que la réalité des groupes de pression. Ces paramètres n’ont pas été favorables à l’Algérie qui se devait de ménager le chou et la chèvre sur le double plan interne et externe et d’éviter les écueils pour préserver son intégrité territoriale, ainsi qu’un semblant d’indépendance de décision politique qui a tendance à échapper au contrôle des nations -quels que soient leurs statuts- au profit d’une mondialisation dont personne ne connaît l’épicentre. La solution la plus cohérente pour échapper au parasitage consistait, donc, au maintien des responsables à leurs postes pour donner à chacun le temps d’accomplir la mission dont il avait été chargé. Annoncés, à tort ou à raison, et donnés pour imminents à plusieurs reprises, les changements semblent se dessiner aujourd’hui. Le récent mouvement des walis n’est qu’une des parties visibles de l’iceberg. Les changements à la tête de grands ensembles économiques, le déclassement dans les dispositions du protocole et le changement de ton dans les propos de certains «ténors», ne trompent pas. Ils confirment que le temps de mettre fin à certains records est venu. Personne ne pourra dire «je n’ai pas eu le temps d’achever ce que j’ai entamé», le président avait auditionné des responsables et sillonné le pays à plusieurs reprises. Il sait à quoi s’en tenir. Dans cette optique, la révision de la Constitution n’est plus une fin mais un moyen de s’adapter à la mutation des facteurs fluctuants qui sous-tendent cette mondialisation qui s’impose à nous.
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com