Qui est l’ennemi en Méditerranée ?
Une coopération équilibrée? Des équilibres garantis en Méditerranée? Peut-être, si les initiatives n’allaient pas unilatéralement d’un sens vers un autre. L’offensive d’un côté et la consommation de l’autre. Peut-être également si le projet d’Union pour la Méditerranée était maintenu au lieu d’un projet dégradé qui ne conserve pas les intégrations. L’idée était au départ porteuse d’un projet grandiose. Elle a fini par devenir une offre de «coalitions» ad hoc. Des pays peuvent coopérer autour d’un projet et d’autres pas. Pollution par exemple.On aurait voulu que dans cet espace la prospérité puisse posséder un caractère transfrontalier, tout comme le terrorisme. Mais cela n’est pas le cas. Celle-ci est partagée et non protégée malgré tous les discours généreux non assortis de l’obligation de leur traduction en politique d’action. Des équilibres? D’un côté, des politiques économiques intégrées. Un rassemblement solidaire et opérationnel des forces, ce qui constitue un grand atout, un atout décisif. De l’autre, des accords séparés avec l’Union Européenne. Des départs en solitaire, chacun croyant avoir réussi à arracher des avantages que l’autre n’a pas arrachés, et qu’il va bénéficier en quelque sorte de la clause du pays le plus favorisé.
D’un côté, des politiques de défense intégrées. Une industrie d’armement européenne en voie de constitution. Création de moyens collégiaux d’intervention pour des projections de force. L’euro corps, l’euro fort, l’euro marfor, groupe aérien européen. L’ennemi est à l’extérieur de l’espace européen. Pour l’Europe, qui n’a pas comme les Etats-Unis des intérêts et des ambitions planétaires, l’ennemi devrait se trouver dans l’étranger proche. Rappelons-nous le bruit fait autour du réacteur algérien, un bruit dont il a été démontré qu’il n’était pas fondé. Rappelons-nous que des «inquiétudes» furent exprimées au sujet d’une portée de 700 km d’un missile algérien. Portée jugée trop longue car Marseille n’est pas trop loin, disait-on. Quel est l’ennemi?
De l’autre côté, des politiques de défense basées sur la recherche de l’autonomie stratégique et opérationnelle. Des politiques de défense non intégrées, ce qui laisse signifier que l’ennemi est le voisin. Une défense commune autour du bassin méditerranéen? Un bouclier antimissile euro-atlantique qui protège l’Europe (contre qui?) et pas les pays d’en face, sur la rive sud de la Méditerranée? Et pourtant, nous sommes la dimension méditerranéenne de la politique européenne de défense et de sécurité pour ce qui concerne bien sûr l’Europe de la défense.
La suspicion à l’égard du Sud? Aucun pays du Sud, les pays non nucléaires évidemment, ne sera autorisé à enrichir l’uranium sur son propre sol et à en acquérir la capacité, à la fois pour l’empêcher d’accéder à l’arme nucléaire (alors que les puissances nucléaires ne s’engagent pas à ne pas utiliser l’arme nucléaire contre les pays qui n’en possèdent pas) et également pour lui interdire d’accéder à la capacité autonome de production d’énergie électrique à partir du nucléaire.
Bachir Medjahed
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com