Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Les «spéculateurs» sévissent toujours Répondant jeudi à une ques-tion orale à l’Assemblée po-pulaire nationale, Saïd Barkat a déclaré que «la production agricole nationale -céréales, fruits et légumes- a augmenté d’une façon considérable ces dernières années». Le ministre a évoqué un programme spécial pour la gestion rationnelle des ressources naturelles dans le cadre de la sécurité alimentaire et fourni des chiffres en milliards de dollars injectés dans le secteur agricole. Barkat n’a pas précisé si le «programme» a été élaboré après la flambée des prix de produits de large consommation, à l’image de la pomme de terre qui a nécessité une déréglementation provisoire pour satisfaire les besoins et «casser» les prix, ou s’il l’avait conçu bien avant, ce qui traduirait les efforts consentis pour briser le cercle de la dépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger. Tous les ministres qui se sont succédé, jeudi, à l’APN pour répondre aux questions orales des députés ont cité des bilans financiers pour mettre en évidence les efforts de leurs départements, transformant la séance parlementaire en audit concernant des dépenses, alors qu’il ne s’agissait que de connaître les raisons qui ont fait que le pouvoir d’achat a chuté en dépit, justement, des gros moyens financiers mis en place par l’Etat. Evoquer une dizaine de milliards de dollars injectée ces dernières années ne reflète nullement cette «progression considérable» de la production agricole, d’autant plus que la réalité du terrain fait ressortir un renchérissement du produit agricole, ce qui supposerait sa rareté plutôt que son abondance. Le fait contradictoire, cependant, ne réside pas dans un constat fait à travers une tournée dans les marchés, mais dans la communication des chiffres, ce qui est de nature à susciter des inquiétudes. Le ministre de l’Agriculture avait estimé la production céréalière en Algérie, en 2007, à 43 millions de quintaux, alors que le directeur général de la régulation et de l’organisation du commerce l’estimait deux jours auparavant à seulement 20 millions! Le DG, qui relève du ministère du Commerce, avait même déclaré que l’Algérie importait en totalité ce qu’elle consommait en légumes secs, huile et café, précisant que le pays ne produisait que 20 millions de quintaux de céréales sur les 65 millions qu’il consomme. Une différence qui mérite d’être relevée, d’autant plus que le haut cadre du Commerce avait fait état d’une flambée des prix sur le marché international, de 200 à 550 dollars, soit un différentiel de 350 dollars, pour chiffrer en millions de dollars les divergences, pour parler le même langage que tout le monde. Cette «contradiction» vient s’ajouter à d’autres, la disponibilité de la farine notamment, alors que plusieurs boulangeries ont baissé rideau à cause justement de la rareté de ce produit, ce qui a poussé l’UGCAA à plaider pour une augmentation de la baguette. Il est vrai que les ministères de l’Agriculture et du Commerce avaient eu à «croiser le fer» dans la crise de la pomme de terre, ce qui confirme un dysfonctionnement inquiétant. En attendant, les consommateurs paient toujours aussi cher les produits de large consommation «en abondance». La spéculation, peut-être... Miloud Horr
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