Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Des statistiques pour éclairer Après les chiffres sur le faible taux de chômage communiqués, il y a quelques mois par un ministre, et qui avaient soulevé un tollé, voici venu le temps de statistiques statisticiennes. Il s’agit, cette fois-ci, de l’inflation qui n’aurait atteint -selon l’ONS- que 3,5% en 2007, en très faible hausse par rapport à l’année précédente, si l’on devait considérer la fulgurante ascension de la pomme de terre qui avait surclassé la banane, la voltige du lait et la valse des produits laitiers, qui continue d’ailleurs. Un tout petit point (1%) de progression alors que les produits alimentaires à l’image des céréales, du café, de l’huile, de la poudre de lait et des légumes secs qui ont brûlé les planches du marché international et fait bondir une facture alimentaire à plus de 4,5 milliards de dollars en hausse de près de 2 milliards de dollars par rapport à 2006, ne reflète nullement la chute dramatique et avérée du pouvoir d’achat. Le hasard du calendrier qui a fait succéder plusieurs échéances sociales et religieuses a, à lui seul, contribué à doper une inflation clairement ressentie sur le terrain. La rentrée scolaire, le Ramadhan, l’Aïd des Enfants, celui du Mouton, et les nouvelles années grégorienne, hégirienne et amazighe qui ont été de gros événements budgétivores ont incité les commerçants à faire de substantiels bénéfices qu’il est difficile de ne pas prendre en compte dans le calcul de l’inflation; d’autant plus qu’il est difficile aux ménages de ne pas répondre favorablement à l’attente de leurs membres, quitte à emprunter pour consommer. Et l’emprunt traduit une hausse des prix qui est, elle-même, l’expression la plus significative de l’inflation. Le propos n’est pas de polémiquer sur des chiffres ou de pinailler sur un point indiciaire, mais de se poser la question de savoir si les chiffres communiqués par certains ministres ou l’Office national des statistiques, dans le cas présent, répondent à une étude menée objectivement -même si faute de moyens ils ne reflètent pas la réalité- ou s’ils sont travestis. Ce qui, dans le dernier cas, serait blâmable. D’une part, du fait que le statisticien ne fait pas de politique mais également -et surtout- parce que ses chiffres détermineront la politique à mener ou à pour y apporter des correctifs. Il a, d’ailleurs, beaucoup été question ces derniers temps d’inflation importée, ce qui est une lapalissade puisque l’Algérie dépend beaucoup des importations. Le problème est qu’en important, on enrichit des entreprises étrangères qui ne génèreront aucune richesse propre. Ce ne sera pas, non plus, en consommant des produits importés que l’on rehaussera le pouvoir d’achat, mais en relançant une économie qui peine, aujourd’hui, à produire ce qui aurait pu nous éviter d’importer et permis de consommer plus. D’autant plus que le dollar est convalescent, que nos achats se font en Europe, et que l’euro vaut 100 dinars, officiellement en tout cas. Miloud Horr
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