La sourde oreille
L’important n’est plus de savoir si la grève a été suivie à tant de pour cent puisque, de toute façon, elle a eu lieu et elle a été portée par un certain nombre de fonctionnaires, en nombre pas du tout négligeable. L’important, comme lors de toute grève ou de manifestation qui a mis en avant une détermination, une conviction en la justesse de la cause, est celui de mesurer l’impact produit sur les pouvoirs publics.
Quand on fait le constat, tout de même, que les ministres ne se seront pas décarcassés pour tenter de recevoir les grévistes ou leurs représentants, quand on fait également le constat que le Chef du gouvernement a préféré se rendre à une réunion internationale sans absolument aucun impact sur l’immédiat pour ce qui concerne l’Algérie et même les conflits ou dialogues entre civilisations, on en conclut, fatalement, que les pouvoirs publics vont faire la sourde oreille comme si rien ne s’était passé dans le pays, dans la fonction publique, dans les écoles et dans les hôpitaux.La grève a bien eu lieu, mais elle sera sans résultat positif dans la mesure où les pouvoirs publics estiment que toutes les revendications exprimées sont prises en charge dans le cadre de la bipartite et qu’elles seront prises en charge pour ce qui concerne le secteur économique dans le cadre de la tripartite.
Il ne restera plus que deux options pour les travailleurs en grève. Durcir le mouvement et accepter d’aller jusqu’au bout de cette logique en ne craignant pas la répression, avec la possibilité, pour les pouvoirs publics, de recourir au chantage, c’est-à-dire lancer une campagne de recrutement pour remplacer les grévistes irréductibles, sachant que, dans ce contexte de crise, de chômage, ce ne seront pas les candidatures qui vont faire défaut, ou alors retourner sagement au travail, faire confiance à l’UGTA et se résigner en se disant qu’après tout, il ne faudrait pas courir le risque de perdre son emploi au moment où la question cruciale est liée au pouvoir d’achat.
Dans tout pays, normalement constitué, dans le cadre d’une reconnaissance par la constitution du pluralisme syndical, les syndicats, dits autonomes, ont arraché leur reconnaissance en organisant des grèves réussies qui leur confèrent toute représentativité et donc toute légitimité à parler au nom des travailleurs.
Ce n’est pas le cas et cela ne sera pas le cas dans notre pays, eu égard à la tradition en la matière qui a cours et qui se transmet de pouvoir en pouvoir au gré des successions. N’est-ce pas que le président, en personne, avait dit qu’il ne reconnaissait que l’UGTA? Tout est dit, ainsi.
Bachir Medjahed
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com