Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Un bilan pour quoi faire? Fin d’année rime avec bilans. Dans les pays où la rigueur est une seconde religion, bien des responsables voient leurs destins se sceller au cours de cette période. Et selon les courbes qui accompagneront les volumineux rapports, les carrières suivent les mouvements ascendants ou, inversement, plongent. S’agissant de l’Algérie, et concernant le domaine sécuritaire, c’est à ces bilans -chiffres à l’appui- que l’on peut mesurer, par exemple, que le niveau de sécurité s’est amélioré et que l’on peut affirmer que la Réconciliation nationale a réussi, parce que le GSPC peine à recruter. Ce qui explique, entre autres, l’emploi de kamikazes comme solution extrême pour donner l’illusion d’un climat de violence permanent ou tout au moins latent. En fin d’année, certains départements ministériels font part de données chiffrées qui expliquent -sans besoin de commentaires- des résultats remarquables au moment où d’autres font parler des chiffres en prenant toujours soin de les comparer à quelque chose pour se donner de la consistance. A la décennie passée, à ceux du prédécesseur (surtout s’il ne fait plus partie de l’équipage) ou simplement en les confrontant aux performances réalisées durant la même période de l’année écoulée, parce que le même responsable était... le responsable. Par manque de concrétisations perceptibles sur le terrain, ils s’appuieront sur ce qui se passe dans d’autres pays en prenant bien soin de ne sélectionner que les cas qui les arrangent, quitte à citer les ratés enregistrés par de grosses cylindrées de notre planète pour illustrer l’adage qui dit que «plus le mensonge est gros, mieux il passe». Cependant, le bilan le plus important à faire est celui qui a trait aux promesses formulées par tous ceux qui, de près ou de loin, ont dirigé notre quotidien. 2007 semble être le bon moment. D’une part, parce que survenant à quelques mois des prochaines présidentielles il est toujours possible de redresser la barre, mais également parce que passé ce délai, tout ce qui sera entrepris sera voué à l’échec du fait de parasitage politicien par des acteurs aux desseins pas toujours conformes aux intérêts des Algériens. Des bilans il y en a, et ils ne sont pas reluisants. Le propos n’est pas de citer les secteurs qui marchent de travers ou ceux qui, plus grave encore, marchent à reculons et qui ont le triste palmarès d’avoir détruit des acquis vitaux comme l’emploi, le pouvoir d’achat et la confiance en les institutions. Pire, certains bilans ne pourront même pas expliquer aux Algériens la désertification de leur pays et l’implantation, en guise d’alternative, de sociétés étrangères qui ne viennent pas pour planter des arbres mais pour prendre l’oxygène qui nous reste. 300.000 élèves sont exclus chaque année, des hôpitaux qui ne soignent pas un seul responsable bien placé, une agriculture qui régresse et des milliards qui prennent la clé des champs de nos banques avec une facilité qui n’a d’égale que la difficulté qu’ont les jeunes à obtenir des microcrédits, n’ont jamais conduit à un départ pour manque de résultats, en dépit du fait que le Président a toutes les raisons d’exprimer son insatisfaction et que le Chef du gouvernement a, lui-même, demandé des changements. Que faut-il pour faire bouger les choses? Un bilan? Pour quoi faire, sauf peut-être justifier la continuité? Miloud Horr
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