Le «candidat» Hamrouche déjà mis en selle ?
Hamrouche par-ci, Hamrouche par-là. Le nom de l’ancien Premier ministre revient souvent ces derniers temps dans les colonnes de la presse nationale…
La semaine passée, il a été reçu successivement en audience par les ambassadeurs américain et français. De quoi ont-ils parlé avec l’initiateur des réformes algériennes? De la politique interne, de la succession de Bouteflika ou des derniers attentats terroristes? Mystère et boule de gomme! Une chose est sûre: les rencontres avec ces deux ambassadeurs représentant deux pays occidentaux et possédant, à eux seuls, plus de la moitié des investissements directs en Algérie est déjà en soi un indicateur politique fort. Serait-il déjà en pôle position pour la course à la présidentielle de 2009? Que signifie cette sollicitation des chancelleries occidentales?
Certains serait tentés de dire que l’initiative politique lancée, il y a quelques semaines, par les personnalités tels que Aït Ahmed et Mehri et auquel était associé Hamrouche était destinée seulement à le mettre au devant de la scène politique. Et celle-ci n’a pas reçu une fin de non recevoir de la part du pouvoir en place. Se pourrait-il que tout se fasse en coulisses et, surtout, en douceur? En tout état de cause, l’initiative devrait logiquement déblayer le terrain à Hamrouche afin de l’aider à booster sa candidature à la présidentielle de 2009, si on exclut, bien sûr, une éventuelle défection à la dernière minute du président Bouteflika.
L’ancien Premier ministre sous le gouvernement Chadli possède cet avantage d’avoir toujours entretenu de bons rapports avec le système qui l’a enfanté et lui a permis de gravir tous les échelons du pouvoir. Il est à l’origine de l’ouverture démocratique et médiatique et participe régulièrement au débat sur les grandes questions de l’heure. Le FLN, son parti d’origine qui est aux commandes des affaires du pays, ne l’a jamais renié. Subitement et en l’espace de quelques jours, les multiples voix qui se sont élevées récemment pour demander à ce dernier de briguer un troisième mandat se sont toutes tues d’une façon subite. Serait-on en attente d’une réplique cinglante du président Bouteflika qui se mure pour le moment dans un silence sidéral ou est-il tout simplement mis en demeure de respecter le document de référence?
Si l’on croit certaines sources, le président Bouteflika ne serait pas chaud à l’idée de rempiler pour un troisième mandat faute d’avoir obtenu un large consensus. Les appels à une troisième mandature n’émanent plus désormais de la coordination nationale de soutien, un cadre créé en 2003 pour permettre à toutes les forces sociales et politiques de converger vers un seul et unique but: rassembler et réunir tous les comités de soutien afin de permettre l’élection de Bouteflika. Or, et au jour d’aujourd’hui, c’est le frère du président qui fait office de bureau de campagne. C’est lui qui est derrière les appels en direction des organisations affiliées au parti du FLN, lequel est le seul pour l’instant à porter à bout de bras cette revendication. Et c’est encore lui qui multiplie les contacts secrets avec certaines figures de proue de l’opposition pour créer un front élargi à la candidature du président Bouteflika. Ce dernier, dont la santé préoccupe au plus haut degré son entourage, devrait, à en croire un de ses proches, prendre très au sérieux l’avis de son médecin personnel avant de se prononcer sur quoi que ce soit. Tant qu’il ne sera pas fixé définitivement sur son sort, le président Bouteflika laissera planer encore le doute et entretiendra même un zest de suspense. La course à la présidentielle de 2009 n’est ainsi pas encore engagée que des tractations se font de plus en plus sans aucune discrétion. Un remake de 2004 n’est semble-t-il pas à écarter, selon certains analystes qui avancent l’hypothèse fort probable d’une révision de la constitution dans les semaines à venir.
Saïd Farhi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com