Alger

H’lal alihoum, H’ram Alina



Démocratique ou bananière? Sarkozy est venu en Algérie, encon-quérant. Comme en Libye où il avait envoyé Cécilia ramener des Bulgares avant qu’elle ne rende le tablier. Comme au Tchad quand il avait décidé d’aller rapatrier ses compatriotes de l’Arche de Zoé. Comme en Colombie où il est attendu de lui la libération de Bétancourt, par des électeurs qu’illumine la flamme de la nostalgie d’une époque (coloniale) où il suffisait à la France de décider pour exécuter. En parfait démocrate, Sarkozy s’est exprimé et a décidé unilatéralement de dispenser son pays de présenter des excuses pour des crimes qu’aurait commis la Turquie et dans lesquels la France n’a subi aucun préjudice. Autant d’actions menées avec une détermination trop suspecte pour se limiter aux seules affaires. Le cas de Chypre où les considérations politiques ont pris le pas sur les relations commerciales sont là pour nous le rappeler. Si Sarkozy déclare venir en ami, et affirme vouloir bâtir un partenariat d’exception, sa démarche ne suit pas. Les amis peuvent se faire des reproches, ce n’est point là l’important. Ces accros sont dépassés quand les comptes sont soldés et quand on a vidé son sac. Si nouvelle page il y a, et les Algériens le désirent tout comme les Français car trop de réalités nous emprisonnent, il faut discuter de tout. On ne peut pas proposer une coopération, faire des projets, discuter affaires et continuer le pillage en détournant les élites locales -et leur offrir des strapontins qu’ils croiront être des sofas comparés à ce qu’il est offert (sciemment?) en Algérie- tout en crachant sur la mémoire de leurs parents torturés et assassinés par Le Pen, Massu et Aussarresses. Si l’on se complait à traiter de lourd le contentieux qui existe entre l’Algérie et la France, c’est parce que la France le veut. Que pèse l’Algérie sur l’échiquier mondial -fierté et sentiments de souveraineté exceptés- pour prétendre lui faire porter le chapeau? La France, puissance mondiale économique et militaire, nation disposant du droit de veto, pays essentiel de l’UE et garante de la sécurité internationale craindrait-elle pour sa sécurité par des propos tenus par des acteurs de la lutte de libération nationale ou seraient-ce ces attributs qui font, justement, sa grandeur, qui lui interdisent de demander pardon? Les Algériens ne demandent pas à Sarkozy de s’agenouiller mais de prononcer quelques mots. Comme les Allemands pour Israël. Et de réparer, bien sûr. Comme les Allemands. Car pour l’heure, près de 3 millions de mines sont enfouies et continuent de tuer. Comme du temps de Bigeard et des «terroristes» qui désiraient recouvrer la liberté qu’ils avaient avant 1830. Ce ne sera qu’à ce moment que l’on pourra parler d’amitié, de projets, de partenariat et d’évoquer le passé sans passion. Pour l’heure, La France vient prendre la caisse et se casser. La croissance économique hors hydrocarbures, la PME-PMI, et la dépendance alimentaire sont l’affaire des Algériens. Tant qu’ils ont de l’argent. Les visas, l’émigration, l’histoire et le Sahara occidental, celle des Français. Tant qu’ils détiennent la force. Equitable. Qui a dit que l’on ne traitait pas d’égal à égal? L’Algérie est une république démocratique. Officiellement. Libre à Sarko de la considérer bananière et s’approvisionner en fruits de qualité.
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