Alger

Lutte contre la pensée coloniale



Une instance algérienne est née Une instance algérienne de lutte contre la pensée coloniale vient de naître dans le sillage de la polémique sur le passé colonial de la France. Sa naissance intervient à l’occasion de la visite en Algérie du président Nicolas Sarkozy à qui elle a envoyé une lettre dans laquelle elle réclame le devoir de mémoire. La correspondance, signée par le porte-parole, Ahmed Bensaïd, invite Nicolas Sarkozy à faire en sorte de hisser au plus haut les relations entre les «deux peuples algérien et français à un niveau d’amitié». Bien que le ton se veuille conciliant, la lettre n’en souligne pas moins une série de préalables sans lesquels il serait illusoire d’aboutir à cette amitié. En l’occurrence, l’organisation de Ahmed Bensaïd estime que la colonisation a «porté atteinte à toutes les valeurs de l’humanité (…) et le peuple algérien a subi le joug colonial durant 130 années». Aussi, la lettre réclame du président français Nicolas Sarkozy de régler les contentieux encore en suspens pour parvenir à une relation dépassionnée avec l’Algérie. A ce titre, l’instance cite les crimes «abjects du système colonial» dont «l’homicide et les massacres collectifs, la torture, la purification ethnique, l’utilisation des mines le long des frontières des pays voisins, les essais nucléaires effectués à l’intérieur du territoire algérien, le pillage et la destruction du patrimoine archéologique et historique». Les responsables de cette instance invitent, après ce réquisitoire, le président français à reconnaître les crimes de la colonisation et à demander le pardon «pour l’ensemble des méfaits perpétrés durant l’occupation ainsi que l’indemnisation nécessaire pour les dommages générés par ces ignominies». Les auteurs de la lettre notent que cette revendication, qui paraît excessive, ne représente pourtant «qu’une réalité infime des attentes de notre peuple». La coopération forte entre la France et l’Algérie est possible, d’après la lettre, pour peu que «la France fasse exactement la même chose que ce qu’elle a exigé de l’Allemagne». Les rédacteurs de cette correspondance ne désespèrent pas que la visite en Algérie du président français «soit une occasion historique (…) pour ouvrir une nouvelle page pour les deux pays». Ils se disent convaincus que le président Sarkozy trouverait «dans les valeurs défendues par la Révolution Française une source d’inspiration et une forte motivation pour une décision courageuse». Par ailleurs, l’instance algérienne de lutte contre la pensée coloniale se met sur un autre front pour créer un Comité africain de lutte contre le colonialisme. Pour ce faire, elle lance un appel à tous les «peuples frères d’Afrique anciennement colonisés» à se joindre à elle pour l’organisation d’une assemblée générale constitutive de ce mécanisme continental de lutte. La réunion projetée devrait être axée sur la poursuite de la concertation entre les ONG et les intellectuels de l’Afrique sur la nécessité de la reconnaissance par l’ancienne puissance coloniale de ses crimes de guerre. Il s’agira également de refuser des excuses verbales du président français et de rejeter l’Union méditerranéenne qui serait une copie d’une vieille idée de la France coloniale et, enfin, avec la nécessité d’œuvrer pour que la jeunesse africaine soit «en contact avec l’histoire et le combat de ses aïeux».
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