Le cas vénézuélien
Le référendum organisé par Chavez au Venezuela ne s’est pas déroulé dans le sens souhaité par son initiateur. C’est même une sévère mise en garde de son peuple qui a jugé, à travers les amendements qu’il voulait introduire, qu’une grave dérive était en train de s’opérer dans la démocratie vénézuélienne. Il est vrai que Chavez, élu l’année dernière avec 63%, a confondu popularité et populisme. En voulant un maximum de pouvoir et un Etat socialiste, Chavez voulait renvoyer son pays aux années 70 au plus fort de l’ère soviétique. Les choses ont, entre-temps, changé. Sa volonté d’en découdre avec son ennemi, les Etats-Unis, l’a aveuglé au point d’être l’architecte de sa propre défaite. Car celle-ci va accélérer le rythme de la contestation de son opposition auréolée d’une victoire très lourde de sens. Une victoire qui sera, à tous les coups, exploitée par les USA qui voient là une occasion en or d’enlever cette grosse épine du continent américain. Jusque-là, l’administration Bush ne savait pas comment s’y prendre avec ce «Che Guevara» du 21ème siècle, mais là il semble bien que les chose vont changer. Une bonne leçon que les nôtres devraient retenir. A commencer par Belkhadem qui chante, à tout va, le ton de la réforme de la constitution dans le sens d’un renforcement des pouvoirs présidentiels. Il est vrai que le cadre diffère, l’Algérie n’étant pas le Venezuela, l’administration, premier responsable dans l’organisation d’un scrutin, faisant la différence. La question d’un troisième mandat pour le président actuel peut être réglée par un simple amendement de la Constitution. Sur ce point, ils sont rares ceux qui sont contre cette idée. Le président pourrait alors briguer un troisième et même un quatrième mandat. Les autres raisons sont vraiment désuètes. C’est le président qui dirige. Le gouvernement applique le programme du président. Des partis, l’Alliance présidentielle et même parmi l’opposition, se réclament du programme du président. On l’a vu, entendu et définitivement constaté lors des deux derniers scrutins. On dit du président que c’est lui qui nomme aux postes-clés de l’Etat. En fait, et pour reprendre ses propres déclarations, il n’est pas un trois quarts de président. Mais un président qui préside totalement aux destinées de l’Algérie et des Algériens. Belkhadem et les adeptes de la réforme de la constitution devraient, dès lors, sérieusement méditer sur le cas vénézuélien. On ne peut se payer le luxe de se voir taxer par le reste du monde, le monde occidental surtout, que nous vivons dans une demi-démocratie.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com