Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Le prix de la paix La pomme de terre n’en finit pas de faire couler de l’encre. Après l’importation d’une quantité (réduite) de cet liment stratégique, ce sont les agriculteurs-producteurs qui montent au créneau. «Oui à la suppression de la TVA sur la semonce qui représente 60% du prix à la consommation, oui à la baisse des droits de douanes, non à l’importation du produit consommable lui-même, et seules ces deux mesures sont de nature à encourager la production.» Telle est, en substance, la réaction qu’ils opposent à la décision des pouvoirs publics qui désirent intervenir directement sur les prix en recourant à l’importation.Si les producteurs ne sont inquiétés que par un manque à gagner, alors qu’ils ont largement eu le temps d’assurer leurs arrières, en quoi une poignée de voix primerait-elle sur celles de millions d’Algériens qui grossissent, à chaque retard dans l’approvisionnement des marchés, les rangs des couches qui vivent déjà en dessous du seuil de la pauvreté? S’agit-il de faire baisser le prix d’une manière sensible en important de grosses quantités, et permettre un desserrement de l’étau qui se referme inexorablement (et dans l’indifférence) sur eux alors que le pays s’amuse en festivals sous prétexte de culture, ou juste assez pour permettre à une frange -qui a ses entrées- de continuer à faire de (gros) bénéfices? Dans des conditions de bonne gouvernance, la question ne se serait même pas posée et une enquête aurait automatiquement été ordonnée pour expliquer le pourquoi de ce recul dans un créneau qui avait atteint l’autosuffisance. Le déficit en marchés, les spéculations en tous genres et la dérégulation du marché ne convainquent personne, car la pomme de terre se vendait à 20 dinars avec ces mêmes «travers». En tout état de cause, ces arguments n’auraient pas résisté le temps d’une enquête sérieuse qui aurait conduit un monde insoupçonnable en prison. L’exemple des cuirs est édifiant et renseigne sur l’état de déliquescence de l’appareil de contrôle et de répression des fraudes: il a fallu que la chambre de commerce italienne communique les (vrais) chiffres pour que l’administration quantifie les immenses préjudices subis par le Trésor. Les responsables chargés de rapatrier les devises ignoraient-ils, réellement, l’ampleur du préjudice ou étaient-ils contraints d’avaliser des déclarations qu’ils savaient fausses? «L’importation n’est pas une solution», comme le soulignera le ministre du Commerce. Certes! Quelle est, alors, la solution dans cette Algérie qui semble être l’otage de tous les frémissements? Le baril de pétrole a bondi de 18 à 78 dollars, il n’a jamais mis en danger le pouvoir d’achat des Européens, qui ont trouvé la parade. Pourquoi pas l’Algérie qui éternue à chaque fièvre des prix sur les marchés internationaux? A quoi servent les caisses de compensations mises en place? A être soustraites aux contrôles du FMI? Uniquement? Si l’importation menace la production, alors qu’elle devrait la stimuler, les manœuvres sournoises et les hésitations détruisent les acquis sociaux et menacent une paix qui «bouffera» les 90 milliards de dollars de réserve. Autant en utiliser le 1/100 et avoir la paix pour une décennie!
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