Stratégie de mise en échec de réactions collectives
Les partis sont épuisés. Tous. Ils pensaient qu’ils allaient avoir les moyens ou qu’il leur en serait donné de faire la pluie et le beau temps, peut-être d’y participer, du moins d’être incontournables pour tout ce qui devrait se décider et se faire à la fois sur le plan local et national, sachant que le plan extérieur leur échappera, avec toutefois l’espoir qu’ils seraient sollicités pour des missions à l’étranger, c’est-à-dire pour voyager et «encaisser» bien évidemment. Nombre d’entre les «parlementaires» ont fait des voyages, ont donné l’illusion d’avoir été rentables pour l’Algérie avant de s’avérer qu’il ne s’était agi que de coups d’épée dans l’eau. Avec une entrée cependant timide et contrôlée dans le pluralisme politique et plus particulièrement dans le libéralisme économique, il en était attendu une plus grande autonomie de l’individu, une tendance à la prise d’initiative personnelle et, peut-être, à l’abandon de la croyance en un avenir collectif et à la solidarité sur le plan des revendications. L’individu n’est plus lié à la société pour tout attendre de celle-ci et lier son sort à elle. Cet éloignement de ce collectif est probablement ce qui a induit l’impossibilité de jonction entre les différentes émeutes qui éclatent en de multiples localités. Ce ne serait pas en solidarité avec la société que l’individu construirait son avenir mais plutôt contre celle-ci, ou du moins à ne la percevoir que sous l’angle de ce qu’il pourrait en tirer. Pourquoi alors ne pas imputer en partie l’abstention au dernier vote à cette émergence de l’«individuel» par rapport au déclin du «collectif» alors que, des décennies durant, il a été prêché le contraire, en allant même jusqu’à l’instauration de la gestion socialiste des entreprises, la prépondérance du rendement collectif sur le rendement individuel, soudant les uns avec les autres en un destin collectif, induisant ainsi la solidarité pour ce qui concerne les émeutes d’octobre 1988. L’individualisme émergeant serait le facteur, ou du moins l’un des facteurs, mettant en échec toute velléité de «politiciens» ou de «syndicalistes» à susciter des réactions collectives.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com