Les habitants d’El Kerma revendiquent leur Waâda
Un vide indéniable envahit El Kerma, en ce qui concerne les festivités locales. Tout ce qui marque les dates importantes de la localité, à savoir les fêtes traditionnelles comme les mouassims ou les waâdattes qui, naguère, étaient célébrés fièrement par la population locale et celle de la région qui étaient immanquablement invitées à y participer, n’ont plus droit de cité. Ces rendez-vous ancestraux où les retrouvailles des parents se réalisaient, des amitiés étaient nouées, des affaires commerciales conclues et où, enfin, on pouvait débattre des aptitudes et des qualités des prochains élus, un rendez-vous toujours égayé par l’offrande de savoureux mets de couscous. Tout cela manque à El-Kerma.
 Cet état de fait perdure depuis la destruction gratuite -mais préméditée parce que déstabilisatrice- des humbles sites qui témoignent de la présence et des passages de saints marabouts qui étaient soit des moudjahidin -valeureux guerriers musulmans-, soit d’imminents savants de foi ou d’érudits de la science de la religion. Ces saints marabouts ont tous servi, dans leurs temps, les populations qui avaient grand besoin de leurs prises en charge scientifiques ou médicales.
Presque toutes les communes environnantes d’El Kerma ont un Saint Patron à honorer ou à fêter pour ses nobles actes. Comme Tafraoui, Es Senia, Tamzourah, Sebbah, Ain Larba, Oued Tlelat, Boufatis, Boutlelis. Ceci au même titre que toutes les communes d’Algérie qui ont des témoignages et des reconnaissances à manifester à ceux qu’Allah a gratifié de certains dons.
A El-Kerma, il y a aussi les marabouts qui étaient fêtés par leurs habitants locaux jusqu’à la fin des années 70, comme Sidi Abd El-Kader Moul El-Kherba -naguère Saint Patron du village, Sidi Ben Freha, Sidi Benyagoub, Sidi Mohamed Boulanefad, Sidi El-Bakaii. Et comme l’Histoire à El Kerma ne commence qu’à partir de la présence des colons européens, on se défoule par petites foules dans l’unique stade -réceptionné dans les années 70- que par jubilés sur jubilés, à la mémoire de sportifs mal récompensés et encore s’ils sont d’obédience et de soumission acquises.
Les autorités locales manquent terriblement de conseils en matière de culture et d’histoire du terroir.
Le manque d’intérêt des concepteurs de programmes des festivités s’explique par le manque d’ancrage ancestral, filial ou culturel avec ces symboles de la présence arabo-berbère de l’Ouest oranais musulman ou pour d’autres motifs non avoués. C’est pour çà que les prénoms de Fréha, Abdelkader, Benyagoub, Mohamed, Boulanfad deviennent rares. Mais les mouassims ou les waâdattes sont énormément utiles à la confection et à la consolidation des liens traditionnels de bon voisinage, d’amitié, de reconnaissance où chacun trouvera son compte.
Les commerçants vendront leurs produits, les sportifs feront leurs démonstrations physiques, la gent artistique et culturelle trouvera ses matières, les responsables locaux et leurs collègues voisins des autres communes, invités, pourront débattre des problèmes de leurs communautés respectives.
Qui va donc décider de cette cérémonie prochainement puisque c’était tous les mois de novembre de chaque année qu’était célébrée la waâda de Sidi Abdelkader Moul El-Kherba à El-Kerma?
M. Benyamina
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com