Alger - Revue de Presse

En prévision de son prochain congrès



Les coulisses de l’UGTA s’enflamment Une bataille rangée est d’ores et déjà menée au sein de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) dans la perspective de la tenue de son onzième congrès. La centrale syndicale traverse, en effet, une importante zone de turbulence à la veille de ses prochaines assises prévues, dit-on, normalement, le 24 février 2008. Un important travail de coulisse est ainsi mené par les différents courants ambitionnant de prendre en main la destinée de l’UGTA. Un comité pour la défense des libertés syndicales est ainsi né, dédié à Ahmed Badaoui, l’ancien président de la Fédération des douanes mis à l’écart récemment de son poste. Composée d’anciens syndicalistes, cette entité renferme également en son sein des membres du secrétariat national, actuellement en poste. Structure inédite, en effet, pour une centrale syndicale qui a de tout temps applaudi et entériné les positions du gouvernement et du président de la République, ce comité se propose, cette fois-ci, de critiquer les positions de l’état-major de l’UGTA, en souligné que son objectif est de la remettre sur «le droit chemin pour une meilleure défense des droits des travailleurs et leur dignité». Selon des sources proches de ce syndicat, les initiateurs de ce Comité pour la défense des libertés syndicales s’affairent actuellement à rallier à leur cause des personnalités nationales pour faire plus crédible et plus sérieux. Cependant, personne ne sait jusqu’à l’heure actuelle qui serait la personnalité de ce comité qu’on pourrait présenter comme éventuel successeur à l’actuel secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd. Est-il question de Badaoui? Personne n’est en tous cas en mesure de répondre, en l’état actuel des choses, à cette question, tant l’initiative est encore menée en coulisse. D’un autre côté, le leadership de la centrale syndicale est disputé par deux formations politiques. Il s’agit du Rassemblement national démocratique (RND) et du Front de libération national (FLN). Il faut dire à ce propos que le RND devance le FLN dans la perspective d’accaparer la centrale syndicale pour au moins deux raisons: la majorité des membres du secrétariat national sont militants du parti d’Ouyahia, d’un côté, et de l’autre, le RND dispose d’une personnalité qu’on présente comme un éventuel successeur de Sidi Saïd, en l’occurrence Salah Djenouhet. Ce qui n’est pas le cas du parti de Abdelaziz Belkhadem qui ne veut pas du tout laisser l’UGTA entre les mains du parti d’Ouyahia mais qui peine à trouver une personnalité de couleur FLN à même de réunir les cadres syndicaux autour d’elle et présenter un sérieux successeur à Sidi Saïd. Dans ce cadre, Tayeb Louh, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, issue du FLN, voyant la menace venir de Salah Djenouhet, a récemment évoqué la double casquette, en faisant allusion au mandat de député et de secrétaire national de ce dernier. Un cumul qui contredit les textes de la Centrale syndicale. En effet, l’article 162 du statut de l’UGTA stipule qu’«il est interdit de cumuler des responsabilités exécutives au sein du syndicat et des responsabilités exécutives au sein des institutions de l’Etat, de l’institution législative, des Assemblées élues». Salah Djenouhet s’en est défendu récemment en faisant remarquer que «rien n’a été dit lors des précédentes législatures qui ont vu des cadres syndicalistes mener à terme leur mandat à l’APN, tout en conservant leur poste de responsable à l’UGTA». Autrement dit, le congrès de l’UGTA promet bien des surprises! Samira Illoul
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