La preuve par Zerhouni
La lutte antiterroriste serait-elle le catalyseur qui déclencherait, enfin, le processus qui normalisera les relations algéro-marocaines et, partant, permettra l’édification saine du Grand Maghreb, à travers la redynamisation des institutions de l’UMA? C’est ce qui découle de l’appel des autorités marocaines qui désirent l’aide de l’Algérie pour contrer le terrorisme qui a tendance à cibler cette région du monde, et de la réponse du président algérien qui a saisi l’occasion de la fête du Trône pour rappeler et réitérer à Mohamed VI sa «ferme détermination à consolider les relations liant les deux pays frères dans tous les domaines de coopération possibles dans leur intérêt commun». Une allusion, on ne peut plus claire, à la coopération dans la lutte contre le terrorisme qui constitue l’une des priorités entre l’Algérie et le Maroc.Au-delà de la démarche protocolaire, se profile, de part et d’autre, cette volonté de mettre en commun les forces et moyens afin de traquer les criminels qui se cachent derrière Al-Qaïda pour le Maghreb. Et cela au-delà du fait que cette organisation terroriste soit l’assemblage hétéroclite de deux autres, le GSPC pour l’Algérie ou le GICM pour le Maroc, ou une création de puissances étrangères qui désirent imposer un diktat en labélisant des groupes en déroute -dans le cas du GSPC, en tous cas- mais qui conservent des capacités de nuisance, surtout si les soupçons de manipulations par des officines secrètes se confirment. Cette union des efforts est rendue plus que nécessaire, d’autant plus que le très sérieux journal français «Le Monde» vient de faire savoir qu’une nouvelle organisation terroriste «Ansar Al Islam» vient de lancer, à son tour un programme pour mettre à feu et à sang les deux pays. Une information à prendre avec beaucoup de réserve, car pouvant n’être qu’une création, une de plus, pour mettre la pression sur l’un ou l’autre des deux pays voisins. D’autant plus que le programme qui a conditionné cette «naissance», devrait contraindre ces combattants éclairés d’agir sur un théâtre d’opération précis, mais qui et qui ne figure -curieusement- pas dans leurs objectifs, ce qui accréditerait la thèse que l’existence de cette nébuleuse n’est que le produit de puissances précises qui utilisent ce levier pour exercer une force plus grande pour éviter l’utilisation de missiles de croisières ou de bombardement intensif. Si l’Algérie a déclaré son intention de collaborer étroitement avec le Maroc en échangeant des informations sur les mouvements suspects, comme vient de l’affirmer Noureddine Yazid Zerhouni depuis Mostaganem, la démarche exprime une volonté de rapprochement entre les deux pays, certes, mais elle résonne, surtout, comme une nouvelle gifle à l’endroit des parrains, présumés ou réels, d’Al-Qaïda pour le Maghreb et de Ansar Al-Islam. Les déclarations du jeune monarque qui fêtait le huitième anniversaire de son accession au trône et qui soutenait, en dépit des résolutions onusiennes, que seule l’autonomie pouvait constituer la solution au conflit avec le Front Polisario, n’est qu’un discours à consommation interne.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com