Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Le monopole génère la médiocritéFaisant face à une volée de bois vert, le puissant patron d’Air Algérie justifiait les piètres prestations de son entreprise en affirmant qu’il fallait comparer la Compagnie à d’autres de même calibre. Cet aveu limpide traduit toute l’incapacité de nos cadres à s’élever afin de relever le défi de l’open sky -cet accord qui permettra à d’autres transporteurs de se lancer à l’assaut et de nos aéroports et du marché algérien. La désertion des cieux algériens durant des années a créé de mauvaises habitudes de gestion. Habitués à régner sur une clientèle nationale qui n’a pas d’autres alternatives que de subir les caprices de «AH» et de payer sans sourciller ses augmentations exagérées, les patrons d’Air Algérie subissent aujourd’hui le contre-coup du peu reluisant management d’un secteur, pourtant très sensible et très versatile.Si l’on devait ne se comparer qu’à ceux qui nous «ressemblent», Morcelli n’aurait jamais été champion du monde, l’Algérie n’aurait jamais battu la RFA et la chaîne de télévision Al Djazira n’aurait certainement jamais damé le pion aux montres sacrés des médias lourds tels que CNN. C’est l’ambition d’une part et les moyens matériels, d’autre part, qui sont les meilleurs atouts de toute entreprise pour prendre de l’envergure. Si l’on devait en juger de par les infrastructures aéroportuaires en cours de réalisation, du parc volant renouvelé ou en phase d’acquisition, le nombre d’équipage, et de l’intérêt accordé par les pouvoirs publics, la seule chose qui empêche le transporteur national d’imiter, dans son créneau, Al Djazira, est l’absence d’imagination (et d’ambition) des responsables. Le boss d’Air Algérie sait parfaitement que la mondialisation, à laquelle aspire adhérer l’Algérie, ne lui fera pas de cadeau. Et, tout aussi sauvage qu’elle puisse être, non seulement elle lui fera perdre son fauteuil mais ce seront tous les avions qu’il gère qui risquent de perdre les leurs. Conscient de ce danger, le premier responsable d’Air Algérie déclarera qu’il a déposé un dossier de candidature pour adhérer à l’alliance Sky Team, une formule de parrainage par un transporteur major, Air France en l’occurrence. Une manière de cacher ses propres faiblesses en se mettant sous l’aile de plus fort pour lequel on sous-traite une qualité de service. Pour cela, dira le patron de la compagnie algérienne, «il faut répondre aux mêmes critères de gestion», ce qui semble être loin de la réalité en regard de la confusion qui règne dans nos aéroports. Et ce ne seront certainement pas nos compatriotes qui rentrent au pays en vacances -et qui ont l’avantage de voyager dans de grandes compagnies- qui soutiendront le contraire. Miloud Horr
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