Alger - Revue de Presse

A quelques jours de la fin du délai donné aux terroristes en activité



Maquis de Kabylie : l’ultime bataille   En quittant la commune d’Ahnif, à travers des chemins qui montent vers les sept villages de Tamalaht, il n’est pas difficile de remarquer sur les visages des villageois cette inquiétude qu’avaient tous les Algériens durant le milieu des années 90, quand le terrorisme tuait matin et soir... Ils savent que des terroristes du GSPC, guidés par le groupe El Houda rodent dans les environs. Depuis que les autres groupes sont traqués par les services de sécurité, la vaste région de Tamalaht est devenue un refuge. Pas pour longtemps. Les villageois remarquent aussi l’acheminement d’un dispositif de guerre et des opérations de ratissage qui ne s’arrêtent pas. Dans la montagne Adrar Segane, les hommes de l’ANP ont investi des casemates et les caches des terroristes. Ici, deux terroristes ont été découverts morts, probablement blessés dans les ratissages. Mais une fois sur les lieux, on sait, presque instinctivement, que «la grosse» opération n’a pas encore commencé... A 18 jours de la fin du délai donné aux groupes terroristes de déposer les armes et «de rentrer chez eux», la forêt montagneuse de Tamalaht donne le visage de la région où pourrait être livrée très prochainement la dernière bataille contre les terroristes. Les hommes de l’ANP ont pris leurs positions dans cette région et sur un périmètre de 20 kilomètres, et ce, depuis près d’une semaine. Deux facteurs ont amené l’Armée à opter pour cette forêt, c’est le fait qu’elle soit située entre quatre wilayas où les groupes terroristes continuent encore de sévir, à savoir Boumerdès, Tizi Ouzou, Médéa et Bordj Bouarréridj. C’est d’ailleurs pour sa situation stratégique que les terroristes ont fait de la région de Tamalaht leur axe de transit. Le deuxième facteur est le fait que le GSPC a commis une erreur fatale en assassinant le mois de mai dernier sept militaires dans une embuscade à Ahnif, le chef-lieu de la commune à quelques mètres de la RN5. Il y a très longtemps qu’on n’a pas entendu parler de RPG avant cette embuscade. L’assassinat a été des plus effroyables et les victimes transportées à la morgue de l’hôpital de M’cheddallah étaient dans leur majorité méconnaissables. Cet acte terroriste a ouvert «le bal» à d’autres. Cinq personnes assassinées dans un faux barrage à Blida, des attentats à l’explosif répétitifs dans la wilaya de Boumerdès et une autre agression du genre a été enregistrée, dans la nuit du 10 au 11 juillet, à Gouraya (Tipaza), contre un camping familial de Naftal, où cinq individus ont trouvé la mort. Depuis, au moins une trentaine de morts sont recensés chaque mois, avec des pics allant parfois jusqu’au double de la moyenne annoncée. Les terroristes et les services de sécurité le savent: la période de grâce qu’accorde la charte, fixée à six mois après l’approbation du texte, le 29 septembre 2005, par voie référendaire, tire à sa fin et annonce probablement une nouvelle ère de lutte antiterroriste à partir du 30 août prochain. Voilà stratégiquement pourquoi il est plus que nécessaire de débusquer les derniers éléments du groupe El Houda. Non seulement parce que ce groupe de terroristes est en soi dangereux, mais surtout parce qu’il est «le point de chute» des autres groupes qui viennent de Boumerdès, Tizi Ouzou, Médéa et Bordj Bouarréridj. C’est Hassan Tayeb qui a pris les rênes de la phalange «El Houda» affiliée à l’époque au GIA (et GSPC actuellement). Elle est composée d’une trentaine d’éléments, tous natifs de la région, comme M’chedallah, Saharidj, Chorfa, Bechloul, El Adjiba et Taourirth, ville natale de Hassan Tayeb. Moins d’une année après, il prît avec lui deux de ses enfants, Toufik, âgé à l’époque de 18 ans, et Djamel, âgé de 20 ans. Vers la fin de l’année 94, un différend sur la manière d’agir avec les populations locales a surgi entre lui et un autre chef d’un groupe terroriste, Limam Abdelmalek, natif de M’chedallah. Depuis, la phalange «El-Houda» a été divisée en deux groupes dont les limites se situaient au niveau de l’oued Sahel. Au sud, au niveau des communes de Taourirth, Ahnif, El-Adjiba, Bechloul, Ouled Rached, Ahl-Ksar et El Esnam, le groupe est dirigé par Hassan Tayeb, et au nord, dans les communes de M’chedallah, Saharidj, Chorfa et Aghbalou, le groupe est dirigé par Limam Abdelmalek. Cependant, ce dernier groupe fut depuis décimé et son «émir» s’est comme évaporé et la plupart de ses éléments se sont rendus à la faveur de la loi portant concorde civile en 1999. Pour sa part, Hassan Tayeb qui disposait (avant qu’il ne soit éliminé) d’une forêt aussi vaste et dense que celle de Tamalaht, multipliait les descentes punitives dans les villages isolés, les faux barrages, le racket des citoyens et l’assassinat d’éléments des services de sécurité. Mais comme ces derniers traquaient sans répit ce terroriste notoire, ils finirent par le mettre hors d’état de nuire dans son fief, au niveau de la forêt de Tamalaht dans la commune d’Ahnif en novembre 1995. Après la mort de Hadj Tayeb, son fils Toufik, âgé alors de 20 ans, prit les commandes du groupe sous le signe de la vengeance. En effet, ce nouvel «émir» multipliait les actions terroristes dans la région en dressant fréquemment des faux barrages le long de la RN5, rackettant et tuant les militaires qui tombaient entre ses mains, tendant des embuscades contre les gardes communaux surtout sur les chemins vicinaux de la commune d’Ahnif reliant le chef-lieu aux différents villages situés en pleine forêt de Tamalaht. Aussi, le sabotage du gazoduc ou encore les attaques contre les sièges des gardes communaux et le minage du terrain et des véhicules, comme celui de l’ex-chef de la garde communale de Taourirth qui fut tué en mai 2001. C’est vrai que le retour à la solution armée n’est pas encore confirmé, même si le général major Ahmed Gaïd Salah a annoncé, récemment, lors d’une cérémonie de sortie de la 37ème promotion d’officiers de l’Académie militaire inter-armes (AMIA) de Cherchell que l’armée «poursuivra la lutte contre le terrorisme» en Algérie. Dans les villages de l’Algérie, à l’instar de Tamalaht, on a hâte de ne plus entendre parler de terroristes.   Idir D.
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