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GRÈVE DES PILOTES L'aéroport Houari-Boumediène paralysé



Cafouillage total hier au niveau de l'aéroport international d'Alger. La grève décidée par les pilotes de la compagnie Air Algérie affiliés au Syndicat des pilotes de ligne algérien (SPLA) a provoqué une paralysie totale du trafic aérien. Au total, une vingtaine de vols nationaux et internationaux ont été annulés, créant ainsi une confusion générale chez les voyageurs.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Selon des sources proches d'Air Algérie, «le taux de suivi de la grève avoisinait les 90%», soit la quasi-totalité des vols programmés dans la journée d'hier qui ont été annulés. Au moment où nous mettons sous presse, les deux parties, à savoir la direction générale de la compagnie et les animateurs du SPLA, seraient sur le point de conclure un accord, dont «la durée est limitée à quarante-huit heures». En d'autres termes, les syndicalistes du SPLA ont hissé la barre très haut en fixant un ultimatum de deux jours à l'employeur, et ce, à compter de ce jour «pour donner suite à nos revendications». Dans le cas contraire, «le retour à la grève générale est inéluctable». Ainsi, la reprise des vols devrait être entamée hier après-midi, à seize heures, et ce, à la grande joie des passagers, qui ont vécu hier au niveau de l'aéroport international d'Alger une journée des plus «cauchemardesques ». A ce propos, il est important de noter que seulement deux vols vers l'étranger, plus exactement en direction de Paris, ont été assurés par les pilotes grévistes, à savoir le 1002 et le 1004, respectivement sur Charles de Gaulle et Orly. Tous les autres ont été annulés. Hier, au niveau de l'enceinte aéroportuaire Houari- Boumediène, les pilotes grévistes portaient des brassards aux couleurs de la compagnie, soit le rouge et blanc, sur lesquels est écrit «pilotes en grève». A ce sujet et selon des syndicalistes, ce mouvement de grève «n'est pas lié à la question salariale», mais plutôt «aux conditions de travail et au statut des pilotes au sein de la compagnie». «Nous sommes dans une situation de dévalorisation totale du métier de commandant de bord. Les interférences sont multiples et aucune solution ne pointe à l'horizon. A travers le monde, il y a des pratiques et culture propre au monde de la navigation aérienne. Chez nous, c'est le monde à l'envers. Tout le monde s'immisce dans les affaires du pilote. Ce n'est pas normal ce qui se passe au sein de notre compagnie», s'est indigné un commandant de bord qui a invoqué l'anonymat. Il est à noter qu'aucun préavis n'a été déposé pour annoncer cette grève qui coïncide avec le retour des émigrés venus pour passer le Nouvel An avec leur famille. Une cellule de crise a été installée par la direction de la compagnie depuis la première heure de la journée d'hier mais aucun bilan sur l'étendue du mouvement n'est encore établi, avons-nous appris auprès du service de communication d'Air Algérie. Par ailleurs, il y a lieu de noter que les activités de la compagnie ont été paralysées en juillet dernier par une grève générale de quatre jours, déclenchée suite à un conflit ayant opposé le personnel navigant commercial (PNC) de la compagnie à la direction générale. Il a fallu une médiation engagée par le secrétaire général de l'UGTA Sidi Saïd pour que la situation se débloque, et ce, en sollicitant l'arbitrage du Premier ministre. Ce dernier a de son côté exigé comme première condition du règlement des problèmes la reprise du travail au sein de la compagnie.
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