Alger - Revue de Presse

Fillon annonce des accords sur le nucléaire et la Défense



«L’Algérie et la France vont entamer une coopération historique» La visite de François Fillon, depuis hier, à Alger, est l’occasion pour Paris de tenter une dernière argumentation afin d’amener les dirigeants algériens à plus de souplesse vis-à-vis de l’Union pour la Méditerranée. Mais ce n’est pas-là le seul objectif du Premier ministre français. D’importants contrats et accords ont été signés lors de sa première visite et ont ciblé des secteurs très sensibles à l’image du nucléaire et de la défense. «L’Algérie et la France vont entamer une coopération historique dans le nucléaire civil et la Défense» a tenu à déclarer M. Fillon. L’hôte de l’Algérie dévoilera à ce sujet, d’emblée, les arrière-pensées de sa visite. «L’accord sur le nucléaire civil, le premier du genre (de la France) avec un pays de la région (du Maghreb), et celui sur la Défense sont fondamentaux», a indiqué Fillon à l’occasion d’une séance de travail avec le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, ainsi que les membres des délégations des deux pays. Un institut de génie nucléaire est, à ce propos, au programme en Algérie, annonce-t-il. Dans le domaine de la Défense, c’est un «moment historique» et un accord «majeur», dira l’hôte de l’Algérie expliquant qu’il s’agit du premier de cette nature entre les deux pays. La France «est prête à développer la coopération militaire notamment dans toutes les activités de formation», note Fillon tout en expliquant qu»il faut également que nous examinions l’ensemble des opportunités de coopération industrielle dans le domaine de l’armement», explique-t-il. «Sur tous ces projets, notre perception est fondée sur un partenariat industriel, susceptible de contribuer à la croissance de l’économie algérienne et au transfert de technologies vers l’Algérie et à la création significative d’emplois», explique-t-il encore. Cette visite est inévitablement l’occasion pour évoquer les questions de mémoire entre les deux capitales. «Les questions d’histoire et de mémoire sont au cœur des relations bilatérales» a notamment dit M. Fillon tout en soulignant que les deux pays «ont beaucoup progressé sur ces sujets». Ceci en référence aux propos du président français, M. Nicolas Sarkozy, sur le colonialisme, faits lors de sa visite d’Etat en Algérie, en décembre dernier, ainsi que les propos de l’ambassadeur de France à Alger, M. Bernard Bajolet, sur les massacres du 8 mai 1945. «Nous allons mettre en place un groupe de travail pour faciliter l’accès des Algériens, notamment les chercheurs, aux archives françaises», relèvera le premier ministre français. Il s’est aussi dit «très attentif» à ce que la communauté musulmane d’origine algérienne «soit bien représentée au sein des instances de culte musulman en France. Sur un chapitre un «peu plus politique», le premier ministre français et le chef du gouvernement algérien ont abordé la question sahraouie, autre pomme de discorde entre Alger et Paris. M. Belkhadem a, notamment, regretté le blocage de l’UMA suite au conflit maroco-sahraoui. «Le processus d’intégration maghrébine est resté, hélas, l’otage du conflit du Sahara occidental», a déclaré M. Belkhadem à l’ouverture d’une séance de travail avec son homologue français. «Lors de la constitution de l’UMA en 1989, il avait bien été établi que le processus d’intégration devait être dissocié du conflit entre le Maroc et le Polisario», a ajouté M. Belkhadem. «La responsabilité de la communauté internationale reste engagée sur ce dossier, en particulier celle des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, qui doivent jouer un rôle positif, impartial et équilibré pour permettre au peuple sahraoui de disposer librement de son destin». Une façon claire de dire que la France a joué le trouble-fête dans le règlement de cette affaire de décolonisation en apportant un soutien au projet marocain, fantaisiste du reste, d’autonomie au Sahara.   Samira Illoul
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)