Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Prendre le temps qu’il faut François Fillon, le Premier ministre français est venu concrétiser les engagements pris par le président Sarkozy, comme en témoigne l’importante délégation qui l’accompagne ainsi que la présence de six ministres de l’Exécutif qu’il dirige. «La relance de la campagne entre l’Algérie et la France entre dans une période de mise en œuvre» dira le Premier ministre de l’Hexagone qui entretient un amalgame ambigu entre coopération «exceptionnelle» et offre exceptionnelle pour «acheter» l’adhésion de l’Algérie au projet défendu par Sarkozy. Il aura fallu plusieurs mois d’intenses tractations, de dures négociations et de douloureuses concessions pour que l’Algérie arrache son «ticket» pour un partenariat avec l’Europe quand la famille était encore composée de quinze membres. L’Algérie était pourtant ce même pays que l’on pare de tous les atours et que l’on dit, aujourd’hui, très important pour la construction de cette UPM qui a fait déplacer le président Sarkozy, son premier ministre, et la moitié du gouvernement sans compter les dizaines d’émissaires qui avaient pour mission de préparer et de faire l’événement dans les coulisses. Est-il logique qu’une simple adhésion à un ensemble structuré qui a rang de fédération prenne autant de temps, nécessite autant de signatures que de membres et déstructure un pays alors que l’on ne consacre que quelques minutes à la naissance d’un espace qualifié de très important pour les deux rives de la Méditerranée? Alors que les contentieux qu’il couve sont les principaux facteurs de la déflagration d’un conflit majeur? Harceler Alger pour arracher son accord pour la photo de famille du 13 juillet, alors que tout est fait, réglé et décidé, est un manque de respect et un pied de nez au politiquement correct. Comment espérer que l’UPM devienne réalité quand l’UMA est restée un vœu pieu depuis 20 ans à cause d’un conflit -la colonisation du Sahara occidental- qui empoisonne les relations entre cinq pays «frères»? Comment croire que l’UPM puisse constituer un cadre idéal de concertation et de dialogue quand le droit fondamental entre deux anciennes nations ennemies -le passé colonial de la France- est occulté et que la circulation des biens et des personnes dépend encore d’un visa alors qu’un Bulgare qui était l’ennemi, hier, circule, aujourd’hui, comme bon lui semble dans toute l’Europe? Comment espérer bâtir des relations sincères quand la France fait les yeux doux à notre matière grise et nous prive de notre mémoire sous couvert d’émigration choisie et de passé à dépasser pour se consacrer à l’avenir? N’évoquons pas la guerre et les crimes qu’elle charrie au Moyen-Orient, la colonisation de terres par Israël, le non-respect des résolutions de l’ONU et les menaces qui planent sur nous dès qu’il s’agit de faire valoir nos droits ou d’oser traiter d’égal à égal. Le nucléaire revient tel un leitmotiv dans les propos des officiels français, comme si l’Occident est disposé à «laisser faire» sur une question dont il fait une chasse gardée et qu’il surveille jalousement comme en témoignent les pressions que subit l’Iran. Si Sarkozy est si pressé de voir naître son bébé, cela suppose qu’il lui a préparé un trousseau et qu’il sait -avec toute la technologie dont il dispose- s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille. Qu’il nous en fasse part pour qu’on ne puisse pas venir les mains vides ou tout au moins offrir -tant qu’à faire- le cadeau qui sied au nouveau-né sous peine d’être la risée de ceux qui étaient dans la confidence. Miloud Horr
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