Chakib Khelil défend l’Opep
La France souhaite un dialogue plus fréquent entre pays producteurs et pays consommateurs de pétrole pour limiter les brusques variations de prix, a déclaré le Premier ministre français lors de sa visite en Algérie entamée hier.
«Il est très important que les pays consommateurs et les pays producteurs aient un dialogue plus fréquent, plus nourri, plus efficace pour éviter les trop grands à-coups dans la variation des prix», a dit François Fillon lors d’une réunion de travail avec son homologue algérien Abdelaziz Belkhadem. «Car ces à-coups produisent ou peuvent produire des ralentissements très significatifs de l’économie mondiale dont nous aurions tous à pâtir», a-t-il ajouté. La proposition de François Fillon intervient à la veille de la réunion de l’Opep à Djeddah (Arabie Saoudite) censée être une occasion d’échange d’opinions sur la hausse des prix du pétrole. C’est, du moins, ainsi que la perçoit le ministre de l’Energie et des Mines Chakib Khelil. On savait que l’Arabie saoudite avait décidé de convoquer une réunion entre les pays producteurs et consommateurs ainsi que les groupes pétroliers pour définir les causes de la hausse des cours du pétrole. Une rencontre qui se veut surtout une réponse par l’argumentation et le dialogue avec les consommateurs qui ne cessent de faire pression et d’accuser le cartel d’être la cause première de la hausse continue des cours. Selon Chakib Khelil, dans de récentes déclarations, la réunion permettra de «clarifier les positions concernant les raisons de cette hausse». A propos de la réunion de Djeddah, l’Algérie se dira toujours «pour le dialogue et l’échange d’idées sur une base rationnelle et logique», a affirmé M. Khelil, ajoutant qu’»il faut focaliser les débats de cette réunion sur le problème de la spéculation pour approfondir encore plus notre compréhension du marché pétrolier».
En ce qui concerne les principaux facteurs haussiers, M. Khelil a rejeté catégoriquement l’idée soutenue par les pays consommateurs selon laquelle cette augmentation des prix est due à une baisse de la production.
Le marché n’en est pas plus rassuré et, pour accentuer leur pression à la veille de cette rencontre, la spéculation ne relâche pas son emprise sur les circuits. Les prix du pétrole ont nettement regagné du terrain vendredi, retournant à proximité de leurs niveaux records, avant une réunion sensible des acteurs du marché en Arabie saoudite et face à des tensions accrues en Iran et au Nigeria.
A New York, le light sweet crude était monté à 136,80 dollars. A Londres, le baril de la mer du Nord était coté à 135,49 dollars. Ce n’est pas pour rien que le président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Chakib Khelil, s’est inscrit dans une tout autre position, en affirmant vendredi qu’il était «illogique et irrationnel» de demander au cartel d’augmenter sa production pour juguler la flambée des prix.
En amont de cette réunion délicate, les craintes de nouvelles entailles dans l’offre mondiale se ravivaient, alors que les tensions entre l’Iran, quatrième producteur mondial de pétrole, et Israël montaient encore d’un cran. Le New York Times a rapporté les propos de responsables américains affirmant que des manœuvres militaires israéliennes semblaient destinées à préparer l’armée à une éventuelle attaque contre les installations nucléaires iraniennes. Enfin, ce jeudi, l’annonce par la Chine d’une hausse de ses prix de pétrole et de gasoil avait replacé les inquiétudes sur la demande au premier plan, poussant les cours à lâcher près de 5 dollars. C’est dire l’urgence du dialogue entre producteurs et consommateurs. Encore faut-il qu’ils puissent trouver les voies possibles...
Amine B.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com